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	<title>Kostas Mavrakis &#187; Gober</title>
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	<description>Chronique (et critique) de l&#039;art et du non-art</description>
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		<title>Badiou entre avant-garde et pompiérisme</title>
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		<pubDate>Tue, 25 May 2010 11:32:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mavrakis</dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[Alain Badiou]]></category>
		<category><![CDATA[during]]></category>
		<category><![CDATA[Gober]]></category>
		<category><![CDATA[mallarmé]]></category>
		<category><![CDATA[modernisme]]></category>
		<category><![CDATA[non-art]]></category>

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		<description><![CDATA[Je terminerai mon examen critique des opinions de Badiou sur ce qu’il appelle « art » en commentant trois derniers passages de l’entretien accordé à During.
1) « Tendanciellement l’art du XXe siècle se centre sur l’acte plutôt que sur l’œuvre ».
2) « Le XXe  siècle […] a voulu inventer un matérialisme romantique. Soit une dissolution du geste créateur dans le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Je terminerai mon examen critique des opinions de Badiou sur ce qu’il appelle « art » en commentant trois derniers passages de l’entretien accordé à During.</p>
<p style="text-align: justify;">1) « Tendanciellement l’art du XX<sup>e </sup>siècle se centre sur l’acte plutôt que sur l’œuvre ».</p>
<p style="text-align: justify;">2) « Le XX<sup>e </sup> siècle […] a voulu inventer un matérialisme romantique. Soit une dissolution du geste créateur dans le Retour éternel de sa propre disparition. Mais les objets ne reviennent pas, seuls peuvent le faire les actes. D’où l’effacement de l’œuvre derrière son procès d’engendrement ». </p>
<p style="text-align: justify;">3) « Nous oscillons entre l’abjection de l’excrément rendu visible, et le sacré d’une trace qu’infinitise sa visible invisibilité » </p>
<p style="text-align: justify;">Mes observations :</p>
<p style="text-align: justify;">- On pourrait aussi bien affirmer que les objets seuls reviennent, par exemple les urinoirs de Gober après celui de Duchamp. Les actes, eux, sont très différents. D’abord ses urinoirs Gober les a fabriqués de ses blanches mains ; ensuite le précédent de Duchamp confère une autre signification (et enlève tout intérêt) au geste de son imitateur.</p>
<p style="text-align: justify;">- Effacement de l’œuvre derrière son procès d’engendrement ? Mais de quoi puisqu’il n’y a pas d’œuvre ? Qu’est-ce un engendrement qui n’engendre rien ? En tant qu’il se prétend œuvre d’art, l’urinoir est un pur néant. Rien n’y disparaît ; surtout pas une sirène (comme dans le sonnet de Mallarmé <em>A la nue accablante tu</em>).</p>
<p style="text-align: justify;">- La troisième citation prouve que Badiou n’a même pas l’excuse d’ignorer ce qu’est l’art contemporain comme la plupart des intellectuels. Doués d’un instinct très sûr, ceux-ci évitent de s’exposer à des expériences pénibles. Lui, au contraire, est assez snob ou assez masochiste pour en courir le risque.</p>
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		<title>De Duchamp à Gober. L&#8217;historicisme anhistorique du non-art</title>
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		<pubDate>Sun, 10 Jan 2010 12:44:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mavrakis</dc:creator>
				<category><![CDATA[Art / Non-art]]></category>
		<category><![CDATA[Duchamp]]></category>
		<category><![CDATA[Gober]]></category>
		<category><![CDATA[historicisme]]></category>
		<category><![CDATA[non-art]]></category>

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		<description><![CDATA[L&#8217;expression &#171;&#160;art contemporain&#160;&#187; désigne une réalité intemporelle congruente avec le néant qui l&#8217;habite. L&#8217;objet quelconque admis dans une exposition était &#171;&#160;contemporain&#160;&#187; en 1914 et l&#8217;est resté un siècle après. La seule différence est qu&#8217;on le prend de plus en plus au sérieux. Les monochromes d&#8217;Alphonse Allais étaient des facéties en 1880 (1), ceux de Rodtchenko [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L&#8217;expression &laquo;&nbsp;art contemporain&nbsp;&raquo; désigne une réalité intemporelle congruente avec le néant qui l&#8217;habite. L&#8217;objet quelconque admis dans une exposition était &laquo;&nbsp;contemporain&nbsp;&raquo; en 1914 et l&#8217;est resté un siècle après. La seule différence est qu&#8217;on le prend de plus en plus au sérieux. Les monochromes d&#8217;Alphonse Allais étaient des facéties en 1880 (1), ceux de Rodtchenko en 1922 proclamaient la mort de l&#8217;art mais quand dans les années 50 ou 60 du siècle passé Klein ou Rhyman refirent le même geste, celui-ci fut salué comme un chef-d&#8217;oeuvre. Ainsi futaccomplie la prophétie d&#8217;Alphonse Allais qui se disait précurseur des grands peintres du XXe siècle. La logique du non-art contemporain obéit à une compulsion de répétition. En 1916, Duchamp désireux de se moquer des faux amateurs d&#8217;art et vrais snobs, prétend exposer un urinoir. En 1991, sérieux comme un pape, Gober expose au Musée du Jeu de Paume sous les applaudissements unanimes trois urinoirs. On pourrait multiplier les exemples. Aujourd&#8217;hui le minimalisme des rayures de Buren surechérit sur le minimalisme des carrés de Malévitch. Rauschenberg expose un effaçage longtemps après Picabia. Christo emprunte à Man Ray et à Kantor l&#8217;idée de l&#8217;emballage et ce plagiare devient célèbre. Le règne du non-art met, par définition fin à l&#8217;art et donc à son histoire alors que l&#8217;innovation historique était son seul titre de légitimité. C&#8217;est pourquoi être de son temps à notre époque c&#8217;est n&#8217;être d&#8217;aucun temps. Les soi-disant artistes qui se vouent à cette ambition sont tenus de rompre avec toutes les écoles d&#8217;autrefois et s&#8217;installer dans leur négation immuable qui, de ce fait, se situe hors du temps. Ceux, au contraire, qui se proposent d&#8217;abandonner cette posture stérile ne pourront faire autrement que renouer avec l&#8217;art, son histoire, ses traditions en assumant à nouveaux frais les exigences imposées par cette fidélité seule à même de produire d&#8217;authentiques nouveautés artistiques.</p>
<p>(1) L&#8217;un deux qui était blanc s&#8217;intitulait &laquo;&nbsp;Première communion de jeunes filles chlorotiques par temps de neige&nbsp;&raquo;.</p>
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