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	<title>Kostas Mavrakis &#187; Société</title>
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	<description>Chronique (et critique) de l&#039;art et du non-art</description>
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		<title>Avec Oskar Freysinger (suite II)</title>
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		<pubDate>Thu, 22 Dec 2011 11:15:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mavrakis</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Jean Robin :  Mozart et Léonard de Vinci ont  eu des mécènes. Aujourd’hui le financement par l’Etat est gratuit, sans souci de retour sur investissement. L’Etat peut se le permettre puisque ses largesses se font avec l’argent du contribuable.
K. M. : Vous supposez qu’il n’y a aucun lien entre le monde de l’argent, auquel appartiennent les mégacollectionneurs, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Jean Robin</strong> : <em> Mozart et Léonard de Vinci ont  eu des mécènes. Aujourd’hui le financement par l’Etat est gratuit, sans souci de retour sur investissement. L’Etat peut se le permettre puisque ses largesses se font avec l’argent du contribuable</em>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>K. M</strong>. : Vous supposez qu’il n’y a aucun lien entre le monde de l’argent, auquel appartiennent les mégacollectionneurs, et celui des politiciens. Or les  intérêts qui soutiennent le non-art sont les mêmes dont dépendent les hommes qui alternent au sommet de l’Etat  Celui qui se mettrait à dos de grands capitaines d’industrie comme Pinault et Arnault n’aurait aucun avenir. Qui financerait ses campagnes électorales ?</p>
<p style="text-align: justify;"> <strong>J. R.</strong> : <em> C’est nous qui les finançons depuis la loi de 1995</em>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>K. M</strong>. : En partie seulement. Quand on apprend que tout récemment encore Liliane Béttencourt distribuait des enveloppes bien garnies …</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>J. R.</strong> : <em>C’était illégal</em>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>K. M</strong>. : Certes, mais pas exceptionnel. Il y eut aussi l’affaire des rétrocommissions dont l’annulation fut payée par l’attentat de Karachi et les dons généreux (mais non désintéressés) des potentats africains tel Bongo. Tous les politiciens reçoivent légalement de l’argent sur les fonds publics mais ceux qui bénéficient de quelques extras en marge de la loi sont avantagés. Il y a cependant autre chose qui est plus fondamental. Les très riches ont barre sur les médias auxquels ils peuvent accorder ou refuser leurs campagnes publicitaires. A leur tour, les médias tiennent à leur botte les hommes politiques. En Angleterre, ces derniers rampaient devant Rupert Murdoch et fermaient les yeux sur ses méfaits parce que leur réélection dépendait de lui. Les responsables de la police, à qui on avait graissé la patte, s’abstenaient d’enquêter sur les délits commis par cette presse de caniveau. Un vaste réseau de complicités enserre la vie publique en France comme ailleurs. On pourrait se dire : quel mal à cela ? Après tout, depuis que le monde existe, c’est le petit nombre qui gouverne. Même l’illégalité, la corruption, le favoritisme ne sont pas une raison de se gendarmer car, à petite dose, ces abus mettent de l’huile dans les rouages comme le remarque Mère Courage dans la pièce éponyme de Brecht.</p>
<p style="text-align: justify;">Si cette façon de voir un peu cynique se justifie alors on comprend que les conflits d’intérêts apparaissent comme des peccadilles qui n’offusquent personne. On connaît le cas de cet ancien ministre nommé par Sarkozy à la tête de l’établissement public du château de Versailles qui en profita pour offrir un somptueux cadeau à son ancien employeur, Pinault, en exposant dans la galerie des glaces et les appartements royaux le non-art de  Koons. Ses objets kitsch  ont vu  leur cote grimper encore plus à la suite de ce coup de pub gratuit. Apprenez, si vous ne le savez déjà, que Pinault est une des principaux collectionneurs de Koons. Un renvoi d’ascenseur était sans doute escompté. Ce fut la nomination à la tête de la fondation Pinault à Venise (<em>Palazzo Grassi</em> et <em>Dogana</em>) de l’«ami » de Jacques ’Aillagon, Martin Béthenot ( On trouvera dans mon blog plus d’informations sur cette affaire Koons-Murakami).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>O. F.</strong> : <em> A l’époque de Mozart qu’était le retour sur investissement ?</em> </p>
<p style="text-align: justify;"><strong>J. R.</strong> : <em> Le prestige</em>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>O. F</strong>. : <em>Ce n’était pas un avantage financier. Il y avait des contraintes par rapport à l’œuvre qui conservait sa vertu éducative. Aujourd’hui l’art doit se vendre à la plus grande masse possible</em>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>K. M</strong>. : Il faut distinguer entre les disciplines artistiques. Certaines, qui nécessitent un public de masse, sont restées vivantes vaille que vaille. C’est le cas du cinéma, qui doit faire des entrées, ou du roman, qui doit vendre des exemplaires en nombre suffisant. Du coup, l’artiste ne peut mépriser son public pour faire le malin. Il doit l’émouvoir et lui plaire ce qui, selon Molière, est « la règle de toutes les règles ». Il n’en va pas de même pour les arts dits « plastiques » ou pour l’architecture, dont aucune œuvre ne se donne comme vraiment multiple même s’il peut y en avoir plusieurs versions. Les modalités de production, de diffusion et de consécration sont très différentes dans les arts en question qui n’ont pas besoin d’un public payant de masse et peuvent se contenter d’un public de snobs et de rares et richissimes acheteurs. Voilà pourquoi l’avant-gardisme et le non-art n’ont pas sévi partout, et que certains arts subsistent (quoiqu’à un niveau dégradé) en ayant conservé leurs critères d’excellence, alors que les autres sont quasiment morts. Non qu’il n’y ait pas toujours des peintres et des sculpteurs authentiques, simplement les médias les ignorent délibérément. Tout se passe comme s’ils n’existaient pas. Les intérêts qui sponsorisent le non-art directement ou par l’intermédiaire des institutions de l’Etat, ont les moyens de bannir radicalement l’art en commençant par l’interdiction d’en parler dans les médias</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>J. R.</strong> : <em>Est-ce que vous pensez que la perte de sens est liée à la déchristianisation ?</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>K. M</strong>. : Il n’y a jamais eu de civilisation sans religion. Donc si celle-ci recule ou dépérit, ce n’est pas bon pour l’art.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>J. R. </strong>:<em> L’imagination ne pourrait-elle suffire ? </em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>O. F.</strong> : L’imagination est aussi diverse et variée que les individus. Elle ne saurait fédérer une communauté.                 </p>
<p style="text-align: justify;"><strong>J. R.</strong> : <em>Quelle solution appelez-vous de vos vœux ?</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>K. M</strong>. : Une solution doit être réaliste, faute de quoi ce n’est pas une solution. Elle doit donc partir des faits objectifs. J’en vois deux en considérant les choses du point qui m’importe le plus. 1° le capitalisme, forme particulière de l’oligarchie de toujours, a détruit au vingtième siècle l’art et la civilisation ; 2° il s’acharne maintenant à détruire la planète. Il fait cela non pas en obéissant à de mauvaises intentions mais parce que dès le début telle était sa nature ou, si l’on veut, sa logique à savoir de fonctionner selon un cycle de « reproduction élargie » (Marx), contrairement aux sociétés antérieures dont l’économie suivait un cycle de reproduction simple. Il s’en suit que le capitalisme tend vers l’infini ce qui est incompatible avec le caractère limité de notre terre donc avec les conditions d’existence matérielle de l’humanité. On ne peut donner le coup d’arrêt indispensable à ce processus désastreux qu’en s’attaquant à sa cause, le capitalisme, qui est aussi celle du déclin de l’art et de la civilisation.     </p>
<p style="text-align: justify;">En disant cela je suis sûr de soulever des protestations. Ne suis-je pas un Don Quichotte chez qui le ridicule le disputerait à l’odieux ? Pourtant je continue à me tenir sur le terrain du réalisme le plus rigoureux. « Les civilisations sont mortelles », disait Paul Valery mais le capitalisme qui a tué la nôtre ne l’est pas moins. L’époque de l’énergie bon marché n’est plus. L’époque où les métaux et autres matières premières étaient abondants et faciles à extraire aussi.  La globalisation aura pour conséquence que la loi des rendements décroissants frappera tous les pays. Après le Japon, après l’Europe, c’est déjà le tour des Etats Unis. L’Inde et la Chine suivront. Notre avenir ne sera pas celui d’une évolution lente et graduelle. L’histoire de la terre et l’histoire de l’humanité nous apprennent que les changements ont lieu brusquement quand un seuil ou un point de basculement est atteint. Agir maintenant, quitte à ce que ce soit au détriment des intérêts immédiats du capital, est impossible. Cela coûterait trop cher, nous dit-on.  Ne rien faire  comme semblent l’avoir décidé tous les chefs d’Etat est possible mais coûtera (et coûte déjà) mille fois plus. Conclusion, le réalisme aujourd’hui  consiste à exiger l’impossible. Puisque déjà sont apparus sur le mur les signes (<em>Mané, Thékel, Pharès)</em> annonciateurs de la fin de notre système économique et social et que cette fin est indépendante de notre volonté ou de nos incantations (les Don Quichotte sont ceux qui pensent le contraire), il faudrait peut-être réfléchir à ce qui pourrait remplacer ce type de société. Je suis certain que ce monde différent, favorable à la vie, le serait aussi à l’art et à la civilisation …</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>J.  R</strong>. : <em>… et à la qualité</em>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>K. M</strong>. : Il faudra consommer moins et autrement, en mettant l’accent sur la qualité plutôt que sur la quantité. On ne peut tolérer que les fabricants s’entendent entre eux pour produire des appareils dont l’obsolescence est programmée.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>O. F.</strong> : <em>Il y aura une crise économique mondiale. Le système va s’effondrer. Malheureusement l’être humain n’est pas capable de renoncer à quoi que ce soit avant d’y être contraint par la réalité</em>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>J. R. </strong>: <em>C’est la technique</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>O. F.</strong> : <em>L’être humain ne s’arrête jamais à midi moins cinq. Il va jusqu’à midi cinq. Il faut que la catastrophe arrive comme lors de la deuxième guerre mondiale. Peut-être que cette crise sera pour lui  une chance de parvenir à une autre logique imposée par le mécanisme même qui a engendré la crise.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>K. M.</strong> Vous avez, Jean Robin, prononcé le mot « technique » et vous, Oskar Freisinger, le mot « mécanisme ». Cela me fait penser que les hommes, loin de commander à la technique, en sont de simples fonctionnaires. De la vient la difficulté pour les décideurs de décider et de maîtriser quoi que ce soit. Parmi les intellectuels de gauche, on suce et resuce le mot fétiche « émancipation ». Pour l’homme d’aujourd’hui, l’émancipation suprême serait celle qui le détacherait du joug de la technique dont il attend tout alors qu’elle lui réserve le pire. Cela pourrait être le thème  d’une autre discussion. </p>
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		<title>Avec Oskar Freysinger (suite)</title>
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		<pubDate>Sat, 17 Dec 2011 22:48:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mavrakis</dc:creator>
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		<description><![CDATA[ &#171;&#160;Serf ce peuple bâtissait des cathédrales, émancipé il ne construit que des horreurs&#160;&#187;
Cioran
Je remercie Jean Robin pour cette citation.
 
Freysinger défend la conception romantico-anarchiste selon laquelle l’art est antinomique au pouvoir sauf l’art baroque qui serait à l’origine de tous les maux. Si je m’étais permis de l’interrompre j’aurais pris la défense du baroque et notamment [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> <em>&laquo;&nbsp;Serf ce peuple bâtissait des cathédrales, émancipé il ne construit que des horreurs&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: right;"><strong><em>Ci</em>oran</strong></p>
<p style="text-align: right;"><em>Je remercie Jean Robin pour cette citation.</em></p>
<p> </p>
<p>Freysinger défend la conception romantico-anarchiste selon laquelle l’art est antinomique au pouvoir sauf l’art baroque qui serait à l’origine de tous les maux. Si je m’étais permis de l’interrompre j’aurais pris la défense du baroque et notamment du Caravage, du Bernin, de Borromini et, en ce qui concerne sa thèse générale, j’aurais attiré son attention sur la multitude de contre-exemples prouvant que l’art est généralement au service des puissants même si l&#8217;on peut y reconnaître parfois une secrète connivence avec les courants souterrains, expression latente des aspirations populaires.</p>
<p>Freysinger : Certaines œuvres d’art ont une vocation universelle.</p>
<p>K. M. C’est vrai car le pouvoir de toucher universellement est une caractéristique des grandes œuvres d’art. Elles ont ce pouvoir dans la mesure où elles expriment avec une intensité maximale les particularités individuelles, ethniques, civilisationnelles. En parlant de lui-même, le grand artiste parle de tous et s’adresse à tous car il partage avec ses congénères une même nature humaine. C’est ce qui explique que l’on puisse goûter les œuvres produites par des hommes appartenant à des cultures très éloignées de la nôtre. Encore faut-il qu’il s’agisse d’œuvres d’art susceptibles d’êtres distinguées comme telles. Nous avons donc une universalité chargée de sens à l’opposé de celle que revendiquent les objets appartenant au non-art contemporain, indiscernables d’un objet quelconque.</p>
<p>Jean Robin : Quelle solution ? Un retour en arrière ? Une prise en compte de ce qui s’est passé pour construire quelque chose de nouveau ?</p>
<p>K. M. Ce qui est en cause, c’est la vision qu’on a de l’histoire. Selon moi, celle-ci n’obéit pas à une tendance à se mouvoir vers je ne sais quel « avant ». Elle ne réalise pas inéluctablement le « progrès » comme le pensaient Kant, Hegel, Marx et, plus près de nous, Kojève-Fukuyama. Dans le devenir historique, il n’y a aucune fatalité. Quand l’URSS, créée par Lénine et Staline, s’est effondrée, nous n’avons eu ni un « retour en arrière » ni un progrès mais un vague mélange des deux, incompatible avec la conception progressiste et irréversible de l’histoire.   </p>
<p>Il s’agit donc de savoir non pas comment nous adapter à ce qui arrivera nécessairement (le fameux « sens de l’histoire ») mais comment trouver les voies et les moyens de changer le monde dans un sens souhaitable qui, selon moi, doit aller vers la civilisation et non vers la barbarie. Dans cette recherche, nous n’avons aucune garantie de succès. Même le matérialiste et déterministe Lénine savait que nous étions au début du XX<sup>e </sup>siècle à la croisée des chemins. Il disait contre Rosa Luxembourg que l’humanité était placée devant le choix : « Socialisme ou Barbarie ». Nous savons que c’est le deuxième terme de l’alternative qui l’a emporté. Ne parlons pas du <em>goulag</em>, des camps d’extermination allemands, des deux guerres mondiales. Considérons seulement ce dont nous discutons, l’art. Dans ce domaine, l’Occident, encore dominant, exporte depuis un siècle sa barbarie alors qu’au XIX<sup>e</sup> siècle il exportait sa civilisation comme l’atteste le palais du roi de Thaïlande. Aujourd’hui les tours, les barres et les blocs informes ou extravagants (penchés et tout de travers) se voient partout au mépris du climat et des traditions locales. Il s’agit avant tout de faire « moderne » sans craindre ni l’horreur ni le ridicule.</p>
<p>Bref la question qui se pose est : comment faire pour que la création artistique et le Beau  aient à nouveau droit de cité au lieu d’être <em>de facto</em> interdits ?</p>
<p>Jean Robin : …et soient financés …</p>
<p>K. M. Il faut qu’il le soient. Il y a toujours quelqu’un qui finance. Chez les Grecs, c’était la cité ce qui parfois soulevait des vagues. Il y eut ainsi des Athéniens qui trouvaient que le programme de Périclès coûtait trop cher. Alors ce grand homme répondit : si vous ne voulez pas payer, je le ferai moi-même de mes propres deniers mais sur le Parthénon et sous la statue chriséléphantine  sera gravée l’inscription « <em>Ex Voto</em> de Périclès ». Les protestations furent alors unanimes et on n’en parla plus.</p>
<p>Jean Robin : c’est le grand capital qui paye pour la conservation du patrimoine alors que l’Etat ne finance que « l’art contemporain ».</p>
<p>K. M. Il est vrai que l’Etat ou les responsables politiques locaux (tel Estrosi à Nice) défigurent nos villes au nom du soutien à « l’art contemporain » en érigeant sur les places publiques des tas de ferraille. Mais globalement ce sont les méga-collectionneurs privés (comme Pinault ou Arnault) qui achètent l’art contemporain et en imposent la promotion. L’Etat n’a pas les moyens d’acheter les « œuvres » les plus cotées. Ce dont il fait l’acquisition (à New York plutôt qu’à Paris) c’est du second choix. Il n’empêche que les prix déboursés avec l’argent du contribuable sont tellement exorbitants qu’on les tient secrets.</p>
<p>Freysinger : On est passé du mécénat désintéressé au <em>sponsoring</em> pour lequel il y a un « retour sur investissement ».</p>
<p>A suivre</p>
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		<title>Avec Oskar Freysinger (réflexions sur l&#8217;art et la civilisation)</title>
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		<pubDate>Sun, 11 Dec 2011 20:55:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mavrakis</dc:creator>
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		<description><![CDATA[A l’invitation de Jean Robin qui dirige les éditions Tatamis et anime l’excellent site Enquête et débat, j’eus le 3 décembre 2011 une discussion philosophique passionnante sur des questions relatives à l’art, la société, l’histoire avec le dirigeant politique suisse bien connu Oskar Freysinger dont je venais de lire le petit livre débordant d&#8217;humour et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>A l’invitation de Jean Robin qui dirige les éditions <em>Tatamis</em> et anime l’excellent site <strong><em>Enquête et débat</em></strong>, j’eus le 3 décembre 2011 une discussion philosophique passionnante sur des questions relatives à l’art, la société, l’histoire avec le dirigeant politique suisse bien connu Oskar Freysinger dont je venais de lire le petit livre débordant d&#8217;humour et d&#8217;esprit en réponse à Stéphane Hessel <em>(Antifa</em> aus éditions Tatamis)<em>.</em> En me rendant au rendez-vous, je pensais rencontrer pour une conversation  amicale l’homme que j’admirais pour avoir mis en rage l’oligarchie européenne et notamment Cohn Bendit, en donnant l’occasion au peuple suisse de mettre un terme par une « votation » à la multiplication des minarets. Je ne savais pas que l’entretien serait filmé et enregistré ni quels seraient les sujets abordés. Sur ce dernier point d’ailleurs, mes interlocuteurs n’en savaient pas plus que moi. Nous avons même eu de la peine à cadrer le débat. Comme nous étions d’accord sur presque tout nous craignions qu&#8217;il se réduise à une causerie de bonne compagnie. Il s’avéra qu’il pouvait néanmoins être fort vif. Cependant improviser sur des problèmes aussi délicats et complexes est une entreprise semée d&#8217;embûches. Il m’a donc semblé utile de clarifier mes positions dans une version rédigée des propos que j’ai tenus. Pour avoir accès à la séance filmée cliquer sur google puis sur enquête &amp; débat.</p>
<p>Ma prise de parti dans les conflits qui opposent les hommes aujourd’hui s’explique par mon engagement en faveur de la civilisation et de l’art. Les deux sont étroitement liés car l’art de  chaque civilisation en définit l’essence. Ce que les archéologues nomment la « civilisation matérielle » (les objets, les outils, les techniques, éventuellement la science), est dissociable du monde qui l’a produite. L’Europe a emprunté à la Chine la boussole, le papier,  l’imprimerie, sans pour autant s’enchinoiser. Alors que si elle en avait adopté l’architecture, la peinture, la musique, elle serait devenue un appendice périphérique de l’Empire du Milieu comme l’étaient autrefois le Vietnam et la Corée. L’Europe ne l’a pas fait parce qu’elle avait sa propre civilisation qui ne le cédait à aucune autre. Aujourd’hui les civilisations sont toutes bien mal en point à cause de l’affaiblissement de leurs fondements spirituels. Leur épanouissement suppose une religion, une hiérarchie de valeurs, une tradition. Tout cela étant battu en brèche, elles ne peuvent que dépérir. La cause est à rechercher dans l’ordre économique et social qui conserve notre patrimoine mais démolit notre héritage. Cette structure qui n’impose pas une fatalité conditionne cependant une tendance, un penchant des individus à se diriger dans un certain sens. On le voit bien dans le domaine de l’écologie. Des sociétés brillantes ont disparu parce qu’elles n’ont pu se résoudre à préserver leur environnement. Cette fois-ci la catastrophe affectera le globe entier. Les décideurs le savent mais  ne veulent pas le savoir. Le souci du court terme empêche de faire ce qu’il faut pour éviter l’issue qui s’annonce et plus on tarde, plus les mesures salutaires deviennent onéreuses et moins on est disposé à payer ce prix. La super-classe mondiale (que regroupe en France « Le Siècle » et  dont les représentants à l’échelle globale se réunissent à Bilderberg) est incitée par la poursuite de ses intérêts immédiats à détruire 1°à long terme la nature dont la garde nous a été confiée, 2° à court terme, toutes les identités culturelles. Celles-ci sont en effet perçues par les intérêts dont je parle comme susceptibles (à travers le patriotisme) de faire obstacle à la circulation sans règles ni entraves des capitaux (délocalisables et transférables), des hommes (s’installant où ils veulent sans demander la permission), des marchandises (qui font disparaître par le <em>dumping</em>  les productions du pays). Ce qu’ils veulent, c’est une mode identique en tout lieu, un nomadisme et un mélange universel. Leur mot d’ordre est « des jeans et des macdo partout ». Encore une raison pour les représentants du très grand capital financier de promouvoir ce que j’appelle le non-art et eux l’art contemporain. Celui-ci présente pour ces messieurs plusieurs avantages. N’ayant aucun contenu, il dispense d’un bagage culturel pour s’y repérer, ne créant pas de formes, il n’exige pas un goût éduqué pour être apprécié. N’étant pas tributaire d’une civilisation particulière, il semble n’exclure personne. Bref, tous peuvent s’y reconnaître et s’en servir comme signe de reconnaissance (entre riches). L’universalisme du marché mondial appelle un art universel <em>a priori</em> (indépendamment de ses qualités). Rien n’étant plus universel que le rien, cet art prétendu reflète le néant de signification logé au cœur de notre monde. Il est la marchandise absolue qui, dépourvue de valeur d’usage (elle ne procure aucun plaisir esthétique) et réduite à sa valeur d’échange, ne vaut que par son prix. Le non-art est un des moyens dont se sert le capitalisme mondial financiarisé pour imposer son idéologie : le relativisme nihiliste. Ce relativisme se manifeste par l’absence de critères. Comme disait Beuys, tout homme est un artiste et donc tout est, ou pourrait être, de l’art. Récemment c’était des hardes que faisait tomber une grue dans le Grand Palais. Cela donnait un amoncellement de chiffons mais pourrait être n’importe quoi d’autre, par exemple un tas de charbon comme celui que propose à notre admiration le musée d’art contemporain de Bordeaux.</p>
<p>A ce point Freysinger évoque Duchamp. Je lui réponds que cette figure emblématique du dadaïsme était un ennemi déclaré de l’art, c’est pourquoi il a protesté contre la récupération dont il avait fait l’objet. Il écrivit à un ami : « Je leur ai lancé à la tête l’urinoir comme une provocation anartistique et voilà qu’ils en louent la beauté ».</p>
<p>(A suivre)</p>
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		<title>Le plaidoyer pro domo suo de Takashi Murakami</title>
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		<pubDate>Sat, 16 Oct 2010 09:49:26 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[J’ai dit ma jubilation à la lecture de Jimenez car je n’ai pas tous les jours un sparring partner (devrai-je dire un punching ball ?) aussi commode à me mettre sous la dent. Si les défenseurs de « l’art contemporain » sont tombés à ce niveau, tous les espoirs sont permis. Un moment viendra où [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">J’ai dit ma jubilation à la lecture de Jimenez car je n’ai pas tous les jours un sparring partner (devrai-je dire un punching ball ?) aussi commode à me mettre sous la dent. Si les défenseurs de « l’art contemporain » sont tombés à ce niveau, tous les espoirs sont permis. Un moment viendra où plus personne ne prendra au sérieux des arguments aussi débiles, même pas ceux qui se servent encore de cette langue de bois dans les médias. La forteresse du non-art n’est pas plus solide que l’enceinte de Jéricho ou le mur de Berlin.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais si l’article de Jiménez a été pour moi source de grandes satisfactions, que dire de la tentative pathétique de Murakami lui-même pour plaider sa propre cause ! [1] Le premier use de procédés dignes de Goebbels pour discréditer ceux qui osent penser contre la doxa contemporaine. Il les accuse d’être, ne serait-ce qu’en apparence, pour « la tradition » contre « le progrès » (sic !), puis les avertit qu’ils sont à jamais exclus des médias et notamment des pages du Monde vu qu’ils refusent de célébrer le « métissage généralisé ». Il les traite enfin de xénophobes et de racistes, stigmatisation suprême destinée à leur fermer définitivement la bouche. Ainsi, sous la plume de Jimenez, le ridicule le dispute à l’odieux. Chez le Japonais, il ne reste que le ridicule. On le voit venir de loin avec ses gros sabots. L’art contemporain, dont il se considère avec raison comme un éminent représentant, serait « difficile à décrypter pour le visiteur qui n’a pas les connaissances et repères nécessaires ». Il faut croire que les aigrefins d’Andersen ont eu des disciples à Tokyo. Murakami a bien appris à faire la leçon à quiconque se montre réticent devant ses œuvres : « Ne vous inquiétez pas cher ami. Ca se soigne. Pour le moment, vous êtes décidément trop bête et ignorant mais en fréquentant des personnes raffinées comme MM. Pinault, Arnault, Aillagon, Jimenez (surtout pas Harry Bellet), vous comprendrez qu’une attitude réceptive vis-à-vis de l’art contemporain permet de distinguer les gens intelligents des autres. Les premiers sont compétents partout. Ils sont les arbitri elegantiarum modernes et peuvent en tant que ministres couper les vivres aux intermittents du spectacle et réduire drastiquement le budget de la culture. Comme hommes d’affaires, ils sont aptes à gérer un empire financier, mais aussi à décider ce qui est de l’art et ce qui ne l’est pas. Les intellectuels enfin qui gravitent autour de ces puissants personnages obéissent au doigt et à l’œil à toute sollicitation, ce qui leur permet, le cas échéant, de diriger une revue d’esthétique tout en affirmant que le beau et le laid sont indiscernables. Surtout, gardez-vous d’exprimer publiquement votre désapprobation à l’égard de ma présence à Versailles. Je me suis laissé dire par mon ami Aillagon que cette hostilité serait le symptôme d’une maladie considérée chez vous comme pernicieuse et contagieuse : « l’idéologie nationaliste ». Si vous semblez en être infecté, vous seriez mis en quarantaine. Les arguments d’Aillagon doivent être forts car ils ont persuadé Jimenez qui dit exactement la même chose ».</p>
<p style="text-align: justify;">Murakami est roublard. Il joint sa voix à une campagne de diabolisation de ceux qui trouvent mauvais que le non-art supplante l’art et, comme on le lui a soufflé, leur reproche leur nationalisme (imaginaire) mais par prétérition. «N’étant pas Français, je ne me prononcerai pas sur les mérites de cette idéologie », dit-il. Il faudrait donc pour cela être Français. Murakami le pense car il sait bien que dans son pays le nationalisme est une vertu comme on s’en aperçoit chaque fois qu’il y a une tension avec la Chine. Mensonge dans l’Hexagone, vérité à l’autre bout de la terre mondialisée.</p>
<p style="text-align: justify;">La dernière ficelle dont se sert la rhétorique de Murakami se rattache à la première. « Mon public, dit-il, n’est pas ici et maintenant, mais dans les années qui suivront ma mort ». Il s’apercevra, j’en suis sûr, que j’ai capté « quelque chose de l’essence du XXe siècle ». On a reconnu l’argument romantique : le grand artiste est toujours en avance sur son temps, ce qui fait de lui un incompris. Ne vous pressez pourtant pas de verser une larme sur le sort de ce « poète maudit ». MM. Pinault et Arnault et d’autres spéculateurs prennent bien soin de lui. Les Japonais, eux, le tiennent pour un clown (Harry Bellet<em> dixit</em>).</p>
<p style="text-align: justify;">[1] <em>Cf. Le Monde </em>du 2 octobre 2010.</p>
<p>Le Mardi 19 octobre à 20h30 je prononcerai une conférence à la Maison de la Culture de Nogent-sur-Marne sur le thème : &laquo;&nbsp;Avons-nous encore besoin d&#8217;art?&nbsp;&raquo;</p>
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		<title>Aillagon le Capo màfia du &#171;&#160;complot de l&#8217;art&#160;&#187;[1]</title>
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		<pubDate>Wed, 06 Oct 2010 18:39:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mavrakis</dc:creator>
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		<description><![CDATA[En exposant dans les appartements royaux et la galerie des glaces les sieurs Koons, Veilhan et Murakami, Jean-Jacques Aillagon a poussé jusqu’au zénith la cote de ces prétendu artistes  collectionnés par son  patron et ami, le milliardaire François Pinault. Ce parvenu s’est constitué une immense fortune grâce uniquement à des coups spéculatifs. En tant que [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">En exposant dans les appartements royaux et la galerie des glaces les sieurs Koons, Veilhan et Murakami, Jean-Jacques Aillagon a poussé jusqu’au zénith la cote de ces prétendu artistes  collectionnés par son  patron et ami, le milliardaire François Pinault. Ce parvenu s’est constitué une immense fortune grâce uniquement à des coups spéculatifs. En tant que méga-collectionneur d’art contemporain, il se considère comme membre d’une élite d’initiés. La réalité correspond bien peu à cette image flatteuse. Né dans une famille aisée, le jeune Pinault quitta l’école à 16 ans sans le moindre diplôme. Il est d’une ignorance crasse en histoire de l’art. Cela explique beaucoup de choses. Aillagon, conseiller culturel du groupe Artémis dont la maison mère est la Financière Pinault,  fut directeur du Palazzo Grassi à Venise, également propriété de Pinault. Le directeur actuel de ce Palazzo est Martin Béthenod ex-chef de cabinet d’Aillagon quand celui-ci était directeur du Centre Pompidou, puis délégué aux arts plastiques du ministère de la culture et commissaire de la FIAC. Ce n’est là qu’un tout petit échantillon de la république des copains et des coquins dans laquelle nous vivons. Aillagon et Béthenod sont des salariés de Pinault : comment peut-on supposer que leurs décisions en matière d’art contemporain ne sont pas influencées par les intérêts de leur employeur ?</p>
<p style="text-align: justify;">Interpellé sur la faveur dont bénéficia Pinault de par la présence de ses poulains entre les cimaises royales, Aillagon fit l’idiot et posa la question rhétorique : «Faudrait-il ne plus organiser d’expositions pour ne plus valoriser aucun artiste et aucune œuvre ? Non évidemment !&#8230; ». Ignore-t-il que la République a construit à grands frais de nombreux lieux dédiés aux artistes contemporains tels que le Centre Pompidou, le palais de Tokyo, etc. ? Personne n’aurait protesté si on y avait montré des objets fabriqués dans les manufactures de Koons et Murakami. C’est précisément parce que la valeur artistique de ces choses est nulle qu’elles ont besoin d’un coup de pub offert sur un plateau par Aillagon. Inde ira. Pourquoi faut-il que l’art de toujours soit vampirisé par le non-art d’aujourd’hui ?</p>
<p style="text-align: justify;">Pour le dire en termes doux MM. Aillagon et tutti quanti pratiquent un fâcheux mélange des genres entre leurs responsabilités à la tête d’une institution publique comme le château de Versailles et le service d’intérêts financiers. Ils se permettent de petits arrangements à la frontière de l’intérêt général qu’ils se doivent de servir et des intérêts privés de spéculateurs en art contemporain dont ils sont les obligés. Que cela ne tombe pas sous le coup de la loi française, moins précise que celle des pays anglo-saxons sur la définition pénale du conflit d’intérêts, ne les empêche pas de frôler, du moins moralement, la forfaiture et la prévarication.</p>
<p style="text-align: justify;">Marc Fumaroli a exposé le problème très clairement. « La clef du malaise actuel, c’est le conflit d’intérêts voilé qui affaiblit, voire efface la distinction classique entre Etat et marché, entre politique et affaires, entre service public et intérêts privés, entre serviteurs de l’Etat et collaborateurs de gens d’affaires »[2].</p>
<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8211;</p>
<p>[1] « Le complot de l’art » est le titre d’un texte célèbre de Jean Baudrillard sur le prétendu « art contemporain ».</p>
<p>[2] Cf. Le Monde du 2 octobre 2010</p>
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		<title>Arnaqueurs et arnaqués du non-art</title>
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		<pubDate>Sun, 19 Sep 2010 10:34:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mavrakis</dc:creator>
				<category><![CDATA[Art / Non-art]]></category>
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		<description><![CDATA[Un prix de l’art chinois contemporain a été fondé en 1998 par l’ancien ambassadeur de Suisse à Pékin Uli Sigg. On peut s’en étonner (n’y a-t-il pas plus près des Alpes des talents à encourager ?) mais l’explication est simple. La Chine était alors un terrain vierge pour les spéculateurs en non-art, la concurrence moindre, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Un prix de l’art chinois contemporain a été fondé en 1998 par l’ancien ambassadeur de Suisse à Pékin Uli Sigg. On peut s’en étonner (n’y a-t-il pas plus près des Alpes des talents à encourager ?) mais l’explication est simple. La Chine était alors un terrain vierge pour les spéculateurs en non-art, la concurrence moindre, les rendements espérés meilleurs. On pouvait gagner beaucoup d’argent et la réputation de généreux mécène en suivant une recette simple comme bonjour : d’abord dénicher un jeune chinois taquinant le pinceau choisi aussi nul, aussi peu artiste que possible. Ensuite lui acheter son stock pour une bouchée de pain, le quidam étant inconnu et la Chine encore pauvre. Enfin lui décerner le prix. Aussitôt, sa cote s’envole et son ascension se poursuit atteignant des hauteurs stratosphériques quand le prétendu artiste est exposé à la foire de Bâle, au Centre Pompidou, au Whitney museum de New York grâce au réseau et à l’entregent de son protecteur intéressé (il n’a pas été diplomate pour rien). Le nom de son poulain : Zhou Tiehai ; sa spécialité : des bonshommes à tête de chameau sur de vieux journaux. Il est désormais répertorié dans le palmarès des cinq cent premiers anartistes mondiaux. Selon quels critères? Eh bien, selon le critère contemporain, le seul, celui qui s’exprime en termes financiers, vous savez bien … la cote. Qu’il y ait là un cercle vicieux (très vicieux !) ne vous a pas échappé. Pourquoi les gribouillis de Zhou Tiehai se vendent-t-ils cher ? Parce qu’il est un grand artiste. Pourquoi est-il un grand artiste ? Parce qu’il vend cher. A l’origine de cette montée sur l’Olympe, il y eut un coup spéculatif. Puis la spéculation s’emballa en s’autoalimentant. Tous ceux qui voulaient une part de l’aubaine se pressaient au portillon. Comme cela faisait monter les prix, ceux qui n’avaient pas encore acheté avaient le sentiment d’avoir manqué une bonne affaire et se précipitaient sans hésiter davantage. Mais les arbres ne montant jamais jusqu’au ciel, les plus riches et les mieux informés des spéculateurs sauront à quel moment se débarrasser de leurs Zhou Tiehai (avant la baisse) en les vendant aux collectionneurs qui font partie de ce que Harry Bellet nomme la liste B. Ceux-ci à leur tour les revendront, sans y laisser trop de plumes s’ils sont malins, aux bonnes poires de la liste C. Les acheteurs de cette dernière liste « sont souvent des entreprises, des banques et parfois même des musées. Ils se rendent rarement compte qu’ils ont été dupés ». Ces objets sont après tout « un élément de bilan qui n’apparaît pas en négatif dans les comptes tant qu’il n’est pas liquidé à perte. Voilà vous savez tout sur l’art ! » conclut Bellet . De toute façon, dans le jeu spéculatif, il y a des gagnants et des perdants. Mais il n’y a pas lieu de s’inquiéter pour ces derniers. Comme ceux qui fréquentent les casinos, ils sont cocus et contents.</p>
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		<title>La mauvaise foi du snobisme</title>
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		<pubDate>Mon, 27 Jul 2009 08:59:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mavrakis</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Des gens intelligents, dont certains sont même sensibles à la peinture, prennent fait et cause pour le prétendu  « art contemporain » et confondent ainsi l’art et le non-art, le beau et le nul, ce qui revient en fait à intervertir le bien et le mal, le vrai et le faux. J’ai toujours été frappé par ce [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%"><font face="Times New Roman"><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%">Des gens intelligents, dont certains sont même sensibles à la peinture, prennent fait et cause pour le prétendu<span>  </span>« art contemporain » et confondent ainsi l’art et le non-art, le beau et le nul, ce qui revient en fait à intervertir le bien et le mal, le vrai et le faux. J’ai toujours été frappé par ce mystère d’iniquité. Serions-nous entrés dans un âge de ténèbres? J’incline à penser pourtant que la situation n’est pas désespérée car notre nature résiste aux effets déshumanisants du capitalisme. Face à cette aliénation, il y a, certes, ceux qui l’accueillent avec faveur et s’emploient à la justifier sous prétexte de l’expliquer mais ils ont affaire à ceux, dont je suis, qui la déplorent et voudraient rétablir un<span>  </span>rapport sain (non corrompu par le relativisme) au bien, au vrai, au beau. Pour obtenir ce résultat face à un ennemi qui n’est jamais là où on le vise, les arguments ne suffisent pas. Comment rendre évident le genre particulier de mauvaise foi qui lui permet de faire illusion dans ce jeu de bonneteau? J’en demanderai la preuve à ceux-là mêmes qui se font les avocats du diable poussés par l’ambition, le snobisme, l’appât du gain et d’autres motifs aussi troubles. Ils savent de quoi il retourne.</span></font></span></p>
<p><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%"><font face="Times New Roman"><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%"></span><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%">Invitée à une émission télévisuelle, Judith Benhamou fait son métier de défenseur attitré de l’art contemporain en ayant recours aux lieux communs habituels. Puisque la société a connu un changement radical par suite de l’apparition de divers gadgets technologiques, puisque les êtres humains ne sont plus des êtres humains, l’art se devait de changer lui aussi du tout au tout. Quand, cependant, le meneur du jeu lui demande quelle œuvre elle choisirait si on lui donnait les moyens de l’acquérir elle ne parla ni d’un veau dans le formol de Damien Hirst, ni de quelque rayure de Buren mais d’un Corot! Le richissime Pinault, dont la collection d’abord exposée au <em>Palazzo Grassi</em> et qui occupera bientôt la <em>Dogana</em><em>, </em>n’est pas assez masochiste pour vivre entouré de ses dix-huit Koons. Les visiteurs qu’il reçoit <span> </span>admirent sur les murs de ses appartements des marines hollandaises. Alain Badiou apologiste prolixe de l’avant-garde, goûtait assez ma très classique <em>Léda</em> (voir mon site) pour s’en dire dans une lettre le « propriétaire transcendant ». Mais l’anecdote la plus significative à cet égard, je l’ai trouvée dans le dernier livre de Marc Fumaroli. S’étant rendu à une conférence d’Arthur Danto, il l’entendit expliquer « sa théorie à grand renfort de Hegel et de Wittgenstein. Au moment des questions, un jeune homme se lève et déclare innocemment (nous sommes dans le <em>Middle West</em>) que tout cela est bel et bon, mais que pour lui, poète, le critère de l’œuvre d’art est le plaisir que d’emblée elle fait naître. Un instant décontenancé, le conférencier répond en grommelant : ‘‘ La question n’est pas là. Mon métier est d’expliquer ‘‘l‘Art contemporain’’, non d’exprimer mes goûts personnels. Si vous voulez savoir le mien, sachez qu’en peinture je mets Chardin au-dessus de tout’’ » (<em>Cf. Paris-New York</em>, Fayard 2009, pp 117-118).</span></font></span></p>
<p><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%"><font face="Times New Roman"><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%"></span><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%">Voilà qui est clair et réconfortant. Oui,  même les méchants qui assimilent, comme un ex-ministre de la culture, l’urinoir de Duchamp à la <em>Pietà</em> de Michel-Ange, savent faire la différence quand il s’agit de leur goût personnel. A l’abri de l’adage « <em>de gustibus et coloribus</em> … », ils peuvent se permettre un instant de sincérité hors la tyrannie de leur surmoi snob. On ne leur en demande pas plus. <span>  </span><span> </span></span></font></span></p>
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		<title>En matière d&#8217;art Alain Badiou est du côté du grand capital</title>
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		<pubDate>Fri, 19 Jun 2009 12:47:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mavrakis</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Badiou se plaint « d’une propagande qui dénonce le caractère « dépassé » des avant-gardes » (Cf.L’Ethique Nous, Caen 2003 p 79). Comme toujours il aime bien (et trouve habile) de se placer, contre l’évidence,  du côté des victimes. Qui peut le prendre au sérieux quand il suggère que les médias hostiles aux avant-gardes exercent une pression massive sur [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%"><font face="Times New Roman">Badiou se plaint « d’une propagande qui dénonce le caractère « dépassé » des avant-gardes » (<em>Cf.L’Ethique</em> Nous, Caen 2003 p 79). Comme toujours il aime bien (et trouve habile) de se placer, contre l’évidence,<span>  </span>du côté des victimes. Qui peut le prendre au sérieux quand il suggère que les médias hostiles aux avant-gardes exercent une pression massive sur les artistes et les intellectuels alors que chacun<span>  </span>constate que la pression s’exerce en sens contraire. Badiou ne s’est pas rendu compte de ce que ce sont les tenants de l’avant-gardisme lui-même qui ont renoncé vers 1975 à l’expression « avant-garde parce qu’elle les rendait ridicules pour lui substituer « art contemporain » dont la fonction d’exclusion de l’art est exactement la même.</font></span><span style="font-size: 11pt; font-family: 'Times New Roman'">Le mécénat du grand capital en France finance exclusivement le non-art et contribue ainsi, parallèlement à l’action de l’Etat, au verrouillage du dispositif qui interdit la création artistique. Il le faut pour rendre possibles les jeux spéculatifs auxquels le non-art est seul à se prêter et aussi parce que le non-art ne peut coexister avec l’art. Cette action est menée notamment par l’intermédiaire de fondations comme celles mises sur pied par Pinault et des entreprises appartenant au secteur du luxe telles que Cartier, Hermès, LVMH, Bernard Arnault, Bernardaud, Rolex, Guerlain. Le budget publicité de ces maisons est colossal et permet de s’assurer une couverture favorable par les médias. On ne s’explique pas autrement le monopole de la propagande qui promeut l’académisme anti-artistique dans notre pays prétendument démocratique. Face à ces réalités il est clair que les attitudes révolutionnaires de Badiou ne sont rien d’autre que des poses pour la galerie.</span></p>
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		<title>Identité et universalité</title>
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		<pubDate>Wed, 17 Jun 2009 11:27:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mavrakis</dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#171;&#160;L&#8217;identité est chose précieuse pour laquelle on peut tuer et mourir&#160;&#187; dit l&#8217;historien Paul Veyne. Je partage cette conviction c&#8217;est pourquoi je m’inscris résolument contre l’affirmation de Badiou selon laquelle « le Même est ce qui porte l’universalisme » (Cf. L&#8217;Ethique, Nous 2003 p 24) bien qu’elle semble aller de soi. En effet la création dans tous les domaines [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%"><font face="Times New Roman">&laquo;&nbsp;L&#8217;identité est chose précieuse pour laquelle on peut tuer et mourir&nbsp;&raquo; dit l&#8217;historien Paul Veyne. Je partage cette conviction c&#8217;est pourquoi je m’inscris résolument contre l’affirmation de Badiou selon laquelle « le Même est ce qui porte l’universalisme » (<em>Cf. L&#8217;Ethique</em>, Nous 2003 p 24) bien qu’elle semble aller de soi. En effet la création dans tous les domaines de l’esprit surgit sur fond d’affirmation identitaire et je le montrerai dans un instant.<span>  </span>Mais auparavant je voudrais attirer l’attention sur le fait que cette évidence triviale (le Même c’est le même que le Même) conduit à des absurdités. Pour Badiou au lieu d’attacher de l’importance à « la prédication éthique sur ‘‘l’autre’’ et sa ‘‘reconnaissance’’», on doit plutôt s’interroger sur « la reconnaissance du Même » (p 43) car les différences religieuses et nationales « n’ont aucun intérêt pour la pensée ». « L’évidente multiplicité infinie de l’espèce humaine est tout aussi flagrante entre moi et mon cousin de Lyon qu’entre la « communauté » chiite d’Irak et les gras cow-boys du Texas » (p 44). Ainsi la langue, la religion, les traditions, les coutumes, la culture (au sens français du mot), le type physique sur lequel insiste notre philosophe, tout cela qui constitue l’identité d’un groupe social à laquelle ce groupe tient plus que tout au monde est pour Badiou comme nul et non-avenu. Il devrait pourtant se souvenir de ce <em>dictum</em> de Mao Tsé-toung : « la différence (sous entendu : serait-elle minimale) est déjà une contradiction ». Doit-on renoncer à penser les contradictions et les conflits ?</font></span><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%"><font face="Times New Roman">Considérons l’expérience réalisée à l’université de Cardiff par Henri Tajfel et son équipe. On a fait passer à des garçons de quinze ans des tests psychologiques sommaires et complètement fictifs au sens où ils n’enregistraient et ne mesuraient rien. Après quoi chaque garçon se vit annoncer au hasard qu’il était soit un « Julius », soit un « Augustus ». On ne donnait aucune définition de ces termes et les intéressés ne savaient même pas qui étaient les autres camarades de leur catégorie. Néanmoins ils eurent vite fait de s’identifier à celle-ci, tous très fier de lui appartenir au point d’être prêts à faire des sacrifices financiers au profit de leurs frères anonymes et à nuire à ceux de l’autre camp</font><a name="_ftnref1" href="http://null/#_ftn1" title="_ftnref1"><span class="MsoFootnoteReference"><span><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size: 11pt; font-family: 'Times New Roman'">[1]</span></span></span></span></a><font face="Times New Roman">. </font></span><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%"><font face="Times New Roman">Les résultats de cette expérience répondent en un sens à la question « <em>what’s in a name ?</em> » du fameux monologue de Juliette. Au regard de la vérité amoureuse produite par sa rencontre<span>  </span>avec Roméo, cette différence de nom est en effet insignifiante et pourtant on ne peut la négliger puisqu’elle est à l’origine du drame. Tajfel a démontré qu’un nom dépourvu de<span>  </span>signification attribué arbitrairement suffit à créer un sentiment d’identité qui détermine les comportements, suscite des conflits et produit petit à petit une histoire. Ce faisant, il n’a pas confirmé la thèse de Lacan (et de Badiou) selon laquelle les identités (par exemple celle du Moi) sont imaginaires, mais seulement qu’elles peuvent l’être. C’est à Mao Tsé-toung qu’il a donné raison en mettant en évidence comment un signifiant sans signifié (une différence minimale) enclenche à lui seul le processus qui engendre une identité. Il est évident que l’emprise d’un nom sur les individus, leur sentiment d’appartenir au groupe qu’il désigne, seront infiniment plus forts si ce nom s’applique à une réalité « substantielle » (<em>horresco referens</em>) caractérisée par une langue, une religion etc.</font><a name="_ftnref2" href="http://null/#_ftn2" title="_ftnref2"><span class="MsoFootnoteReference"><span><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size: 11pt; font-family: 'Times New Roman'">[2]</span></span></span></span></a><font face="Times New Roman"> Contrairement à ce que dit Badiou, cela n’est pas sans intérêt pour la pensée.</font></span><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%"><font face="Times New Roman">Prenons la langue, justement. Peut-on concevoir la vérité du poème autrement que comme un travail sur la langue, dans le corps à corps charnel du poète à l’idiome maternel ? Pourtant, en droit, le poème, comme toute œuvre d’art, s’adresse à tous. Mais l’étranger ne pourra y avoir accès qu’au cours d’un processus d’assimilation de la langue du poème, de la culture qu’elle véhicule avec l’ensemble des connotations qui donne de l’épaisseur et de la vie aux mots, aux métaphores aux métonymies. N’est-il pas évident que cet universel est inconcevable sans cet enracinement dans une particularité irréductible ? Ce n’est pas le Même qui porte ici l’universel mais ce par quoi une langue et une culture diffèrent des autres. </font></span><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%"><font face="Times New Roman">A l’échelon supérieur en termes d’extension, celui de la civilisation, c’est absolument la même chose car les autres arts : la musique, l’architecture, la peinture, la sculpture, les arts mineurs et décoratifs ont eux aussi une langue propre à chaque tradition. C’est pourquoi la différence entre la communauté chiite d’Irak et les <em>cow-boys</em> du Texas est<span>  </span>infiniment plus grande que celle qui sépare le parisien xyz de son cousin de Lyon.<span>   </span></font></span><br clear="all" /><font face="Times New Roman"></p>
<hr SIZE="1" width="33%" align="left" /></font></p>
<p id="ftn1"><a name="_ftn1" href="http://null/#_ftnref1" title="_ftn1"><span class="MsoFootnoteReference"><span><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size: 10pt; font-family: 'Times New Roman'">[1]</span></span></span></span></a><span><font size="2"><font face="Times New Roman"> <em><span lang="DE">Cf.</span></em><span lang="DE"> Arthur Koestler : <em>Janus</em>, Calmann-Lévy 1979, pp 99-100.</span></font></font></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify" class="MsoFootnoteText"><a name="_ftn2" href="http://null/#_ftnref2" title="_ftn2"><span class="MsoFootnoteReference"><span><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size: 10pt; font-family: 'Times New Roman'">[2]</span></span></span></span></a><font size="2" face="Times New Roman"> J’ai ajouté entre parenthèses « <em>horresco referens</em> », formule tirée de Virgile, (je frémis en en parlant) de peur que Badiou qui n’a pas le sens de l’humour ne se rende pas compte que je le taquine. </font></p>
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		<title>Faiblesse du non-art, force de l&#8217;art véritable</title>
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		<pubDate>Sun, 07 Jun 2009 14:11:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mavrakis</dc:creator>
				<category><![CDATA[Société]]></category>

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		<description><![CDATA[ Selon le Monde 7-8 juin, le succès de la deuxième édition de la Force de l’Art aurait été « mitigé pour le Grand Palais ». Soyons sérieux, parler d’un résultat désastreux aurait été plus juste. Il y eut cette fois-ci moins de 18.000 visiteurs contre 65.000 en 2006. Encore ce dernier chiffre doit-il être relativisé en le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size: 11pt; color: black; line-height: 150%;"><span style="font-family: Times New Roman;"><span> </span></span></span><span style="font-size: 11pt; color: black; line-height: 150%;"><span style="font-family: Times New Roman;"><span><span style="font-size: 11pt; color: black; line-height: 150%;">Selon <em>le Monde</em> 7-8 juin, le succès de la deuxième édition de la Force de l’Art aurait été « mitigé pour le Grand Palais ». Soyons sérieux, parler d’un résultat désastreux aurait été plus juste. Il y eut cette fois-ci moins de 18.000 visiteurs contre 65.000 en 2006. Encore ce dernier chiffre doit-il être relativisé en le comparant avec ceux atteints par le Salon au XIX<sup>e</sup> siècle. Les cohues qui s’y pressaient atteignaient les 630.000 pour 1874<a name="_ftnref1"></a>, par exemple, à une époque où la région parisienne comptait quatre fois moins d’habitants et quinze fois moins de bacheliers. Faut-il s’en étonner ? Le public de l’art est forcément beaucoup plus nombreux que celui du non-art.<span> </span></span></span></span></span><span style="font-size: 11pt; color: black; line-height: 150%;"><span style="font-family: Times New Roman;"><span></p>
<p></span></span></span><span style="font-size: 11pt; color: black; line-height: 150%;"><span style="font-family: Times New Roman;"><span> </span></span></span></p>
<hr size="1" />
<p class="MsoFootnoteText" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><a name="_ftn1"></a><span style="font-size: x-small;"> <em>Cf. </em>Gérard-Georges Lemaire : <em>Histoire du salon de peinture</em>, Klincksieck 2004 p 212.</span></p>
<p><span style="font-family: 'Times New Roman'; font-size: medium;"><span style="line-height: 22px;"><br />
</span></span></p>
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