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	<title>Kostas Mavrakis &#187; Société</title>
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	<description>Chronique (et critique) de l&#039;art et du non-art</description>
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		<title>La mauvaise foi du snobisme</title>
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		<pubDate>Mon, 27 Jul 2009 08:59:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mavrakis</dc:creator>
				<category><![CDATA[Société]]></category>

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		<description><![CDATA[Des gens intelligents, dont certains sont même sensibles à la peinture, prennent fait et cause pour le prétendu  « art contemporain » et confondent ainsi l’art et le non-art, le beau et le nul, ce qui revient en fait à intervertir le bien et le mal, le vrai et le faux. J’ai toujours été frappé par ce [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%"><font face="Times New Roman"><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%">Des gens intelligents, dont certains sont même sensibles à la peinture, prennent fait et cause pour le prétendu<span>  </span>« art contemporain » et confondent ainsi l’art et le non-art, le beau et le nul, ce qui revient en fait à intervertir le bien et le mal, le vrai et le faux. J’ai toujours été frappé par ce mystère d’iniquité. Serions-nous entrés dans un âge de ténèbres? J’incline à penser pourtant que la situation n’est pas désespérée car notre nature résiste aux effets déshumanisants du capitalisme. Face à cette aliénation, il y a, certes, ceux qui l’accueillent avec faveur et s’emploient à la justifier sous prétexte de l’expliquer mais ils ont affaire à ceux, dont je suis, qui la déplorent et voudraient rétablir un<span>  </span>rapport sain (non corrompu par le relativisme) au bien, au vrai, au beau. Pour obtenir ce résultat face à un ennemi qui n’est jamais là où on le vise, les arguments ne suffisent pas. Comment rendre évident le genre particulier de mauvaise foi qui lui permet de faire illusion dans ce jeu de bonneteau? J’en demanderai la preuve à ceux-là mêmes qui se font les avocats du diable poussés par l’ambition, le snobisme, l’appât du gain et d’autres motifs aussi troubles. Ils savent de quoi il retourne.</span></font></span></p>
<p><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%"><font face="Times New Roman"><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%"></span><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%">Invitée à une émission télévisuelle, Judith Benhamou fait son métier de défenseur attitré de l’art contemporain en ayant recours aux lieux communs habituels. Puisque la société a connu un changement radical par suite de l’apparition de divers gadgets technologiques, puisque les êtres humains ne sont plus des êtres humains, l’art se devait de changer lui aussi du tout au tout. Quand, cependant, le meneur du jeu lui demande quelle œuvre elle choisirait si on lui donnait les moyens de l’acquérir elle ne parla ni d’un veau dans le formol de Damien Hirst, ni de quelque rayure de Buren mais d’un Corot! Le richissime Pinault, dont la collection d’abord exposée au <em>Palazzo Grassi</em> et qui occupera bientôt la <em>Dogana</em><em>, </em>n’est pas assez masochiste pour vivre entouré de ses dix-huit Koons. Les visiteurs qu’il reçoit <span> </span>admirent sur les murs de ses appartements des marines hollandaises. Alain Badiou apologiste prolixe de l’avant-garde, goûtait assez ma très classique <em>Léda</em> (voir mon site) pour s’en dire dans une lettre le « propriétaire transcendant ». Mais l’anecdote la plus significative à cet égard, je l’ai trouvée dans le dernier livre de Marc Fumaroli. S’étant rendu à une conférence d’Arthur Danto, il l’entendit expliquer « sa théorie à grand renfort de Hegel et de Wittgenstein. Au moment des questions, un jeune homme se lève et déclare innocemment (nous sommes dans le <em>Middle West</em>) que tout cela est bel et bon, mais que pour lui, poète, le critère de l’œuvre d’art est le plaisir que d’emblée elle fait naître. Un instant décontenancé, le conférencier répond en grommelant : ‘‘ La question n’est pas là. Mon métier est d’expliquer ‘‘l‘Art contemporain’’, non d’exprimer mes goûts personnels. Si vous voulez savoir le mien, sachez qu’en peinture je mets Chardin au-dessus de tout’’ » (<em>Cf. Paris-New York</em>, Fayard 2009, pp 117-118).</span></font></span></p>
<p><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%"><font face="Times New Roman"><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%"></span><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%">Voilà qui est clair et réconfortant. Oui,  même les méchants qui assimilent, comme un ex-ministre de la culture, l’urinoir de Duchamp à la <em>Pietà</em> de Michel-Ange, savent faire la différence quand il s’agit de leur goût personnel. A l’abri de l’adage « <em>de gustibus et coloribus</em> … », ils peuvent se permettre un instant de sincérité hors la tyrannie de leur surmoi snob. On ne leur en demande pas plus. <span>  </span><span> </span></span></font></span></p>
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		<title>En matière d&#8217;art Alain Badiou est du côté du grand capital</title>
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		<pubDate>Fri, 19 Jun 2009 12:47:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mavrakis</dc:creator>
				<category><![CDATA[Société]]></category>

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		<description><![CDATA[Badiou se plaint « d’une propagande qui dénonce le caractère « dépassé » des avant-gardes » (Cf.L’Ethique Nous, Caen 2003 p 79). Comme toujours il aime bien (et trouve habile) de se placer, contre l’évidence,  du côté des victimes. Qui peut le prendre au sérieux quand il suggère que les médias hostiles aux avant-gardes exercent une pression massive sur [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%"><font face="Times New Roman">Badiou se plaint « d’une propagande qui dénonce le caractère « dépassé » des avant-gardes » (<em>Cf.L’Ethique</em> Nous, Caen 2003 p 79). Comme toujours il aime bien (et trouve habile) de se placer, contre l’évidence,<span>  </span>du côté des victimes. Qui peut le prendre au sérieux quand il suggère que les médias hostiles aux avant-gardes exercent une pression massive sur les artistes et les intellectuels alors que chacun<span>  </span>constate que la pression s’exerce en sens contraire. Badiou ne s’est pas rendu compte de ce que ce sont les tenants de l’avant-gardisme lui-même qui ont renoncé vers 1975 à l’expression « avant-garde parce qu’elle les rendait ridicules pour lui substituer « art contemporain » dont la fonction d’exclusion de l’art est exactement la même.</font></span><span style="font-size: 11pt; font-family: 'Times New Roman'">Le mécénat du grand capital en France finance exclusivement le non-art et contribue ainsi, parallèlement à l’action de l’Etat, au verrouillage du dispositif qui interdit la création artistique. Il le faut pour rendre possibles les jeux spéculatifs auxquels le non-art est seul à se prêter et aussi parce que le non-art ne peut coexister avec l’art. Cette action est menée notamment par l’intermédiaire de fondations comme celles mises sur pied par Pinault et des entreprises appartenant au secteur du luxe telles que Cartier, Hermès, LVMH, Bernard Arnault, Bernardaud, Rolex, Guerlain. Le budget publicité de ces maisons est colossal et permet de s’assurer une couverture favorable par les médias. On ne s’explique pas autrement le monopole de la propagande qui promeut l’académisme anti-artistique dans notre pays prétendument démocratique. Face à ces réalités il est clair que les attitudes révolutionnaires de Badiou ne sont rien d’autre que des poses pour la galerie.</span></p>
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		<title>Identité et universalité</title>
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		<pubDate>Wed, 17 Jun 2009 11:27:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mavrakis</dc:creator>
				<category><![CDATA[Société]]></category>

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		<description><![CDATA[&#171;&#160;L&#8217;identité est chose précieuse pour laquelle on peut tuer et mourir&#160;&#187; dit l&#8217;historien Paul Veyne. Je partage cette conviction c&#8217;est pourquoi je m’inscris résolument contre l’affirmation de Badiou selon laquelle « le Même est ce qui porte l’universalisme » (Cf. L&#8217;Ethique, Nous 2003 p 24) bien qu’elle semble aller de soi. En effet la création dans tous les domaines [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%"><font face="Times New Roman">&laquo;&nbsp;L&#8217;identité est chose précieuse pour laquelle on peut tuer et mourir&nbsp;&raquo; dit l&#8217;historien Paul Veyne. Je partage cette conviction c&#8217;est pourquoi je m’inscris résolument contre l’affirmation de Badiou selon laquelle « le Même est ce qui porte l’universalisme » (<em>Cf. L&#8217;Ethique</em>, Nous 2003 p 24) bien qu’elle semble aller de soi. En effet la création dans tous les domaines de l’esprit surgit sur fond d’affirmation identitaire et je le montrerai dans un instant.<span>  </span>Mais auparavant je voudrais attirer l’attention sur le fait que cette évidence triviale (le Même c’est le même que le Même) conduit à des absurdités. Pour Badiou au lieu d’attacher de l’importance à « la prédication éthique sur ‘‘l’autre’’ et sa ‘‘reconnaissance’’», on doit plutôt s’interroger sur « la reconnaissance du Même » (p 43) car les différences religieuses et nationales « n’ont aucun intérêt pour la pensée ». « L’évidente multiplicité infinie de l’espèce humaine est tout aussi flagrante entre moi et mon cousin de Lyon qu’entre la « communauté » chiite d’Irak et les gras cow-boys du Texas » (p 44). Ainsi la langue, la religion, les traditions, les coutumes, la culture (au sens français du mot), le type physique sur lequel insiste notre philosophe, tout cela qui constitue l’identité d’un groupe social à laquelle ce groupe tient plus que tout au monde est pour Badiou comme nul et non-avenu. Il devrait pourtant se souvenir de ce <em>dictum</em> de Mao Tsé-toung : « la différence (sous entendu : serait-elle minimale) est déjà une contradiction ». Doit-on renoncer à penser les contradictions et les conflits ?</font></span><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%"><font face="Times New Roman">Considérons l’expérience réalisée à l’université de Cardiff par Henri Tajfel et son équipe. On a fait passer à des garçons de quinze ans des tests psychologiques sommaires et complètement fictifs au sens où ils n’enregistraient et ne mesuraient rien. Après quoi chaque garçon se vit annoncer au hasard qu’il était soit un « Julius », soit un « Augustus ». On ne donnait aucune définition de ces termes et les intéressés ne savaient même pas qui étaient les autres camarades de leur catégorie. Néanmoins ils eurent vite fait de s’identifier à celle-ci, tous très fier de lui appartenir au point d’être prêts à faire des sacrifices financiers au profit de leurs frères anonymes et à nuire à ceux de l’autre camp</font><a name="_ftnref1" href="http://null/#_ftn1" title="_ftnref1"><span class="MsoFootnoteReference"><span><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size: 11pt; font-family: 'Times New Roman'">[1]</span></span></span></span></a><font face="Times New Roman">. </font></span><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%"><font face="Times New Roman">Les résultats de cette expérience répondent en un sens à la question « <em>what’s in a name ?</em> » du fameux monologue de Juliette. Au regard de la vérité amoureuse produite par sa rencontre<span>  </span>avec Roméo, cette différence de nom est en effet insignifiante et pourtant on ne peut la négliger puisqu’elle est à l’origine du drame. Tajfel a démontré qu’un nom dépourvu de<span>  </span>signification attribué arbitrairement suffit à créer un sentiment d’identité qui détermine les comportements, suscite des conflits et produit petit à petit une histoire. Ce faisant, il n’a pas confirmé la thèse de Lacan (et de Badiou) selon laquelle les identités (par exemple celle du Moi) sont imaginaires, mais seulement qu’elles peuvent l’être. C’est à Mao Tsé-toung qu’il a donné raison en mettant en évidence comment un signifiant sans signifié (une différence minimale) enclenche à lui seul le processus qui engendre une identité. Il est évident que l’emprise d’un nom sur les individus, leur sentiment d’appartenir au groupe qu’il désigne, seront infiniment plus forts si ce nom s’applique à une réalité « substantielle » (<em>horresco referens</em>) caractérisée par une langue, une religion etc.</font><a name="_ftnref2" href="http://null/#_ftn2" title="_ftnref2"><span class="MsoFootnoteReference"><span><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size: 11pt; font-family: 'Times New Roman'">[2]</span></span></span></span></a><font face="Times New Roman"> Contrairement à ce que dit Badiou, cela n’est pas sans intérêt pour la pensée.</font></span><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%"><font face="Times New Roman">Prenons la langue, justement. Peut-on concevoir la vérité du poème autrement que comme un travail sur la langue, dans le corps à corps charnel du poète à l’idiome maternel ? Pourtant, en droit, le poème, comme toute œuvre d’art, s’adresse à tous. Mais l’étranger ne pourra y avoir accès qu’au cours d’un processus d’assimilation de la langue du poème, de la culture qu’elle véhicule avec l’ensemble des connotations qui donne de l’épaisseur et de la vie aux mots, aux métaphores aux métonymies. N’est-il pas évident que cet universel est inconcevable sans cet enracinement dans une particularité irréductible ? Ce n’est pas le Même qui porte ici l’universel mais ce par quoi une langue et une culture diffèrent des autres. </font></span><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%"><font face="Times New Roman">A l’échelon supérieur en termes d’extension, celui de la civilisation, c’est absolument la même chose car les autres arts : la musique, l’architecture, la peinture, la sculpture, les arts mineurs et décoratifs ont eux aussi une langue propre à chaque tradition. C’est pourquoi la différence entre la communauté chiite d’Irak et les <em>cow-boys</em> du Texas est<span>  </span>infiniment plus grande que celle qui sépare le parisien xyz de son cousin de Lyon.<span>   </span></font></span><br clear="all" /><font face="Times New Roman"></p>
<hr SIZE="1" width="33%" align="left" /></font></p>
<p id="ftn1"><a name="_ftn1" href="http://null/#_ftnref1" title="_ftn1"><span class="MsoFootnoteReference"><span><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size: 10pt; font-family: 'Times New Roman'">[1]</span></span></span></span></a><span><font size="2"><font face="Times New Roman"> <em><span lang="DE">Cf.</span></em><span lang="DE"> Arthur Koestler : <em>Janus</em>, Calmann-Lévy 1979, pp 99-100.</span></font></font></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify" class="MsoFootnoteText"><a name="_ftn2" href="http://null/#_ftnref2" title="_ftn2"><span class="MsoFootnoteReference"><span><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size: 10pt; font-family: 'Times New Roman'">[2]</span></span></span></span></a><font size="2" face="Times New Roman"> J’ai ajouté entre parenthèses « <em>horresco referens</em> », formule tirée de Virgile, (je frémis en en parlant) de peur que Badiou qui n’a pas le sens de l’humour ne se rende pas compte que je le taquine. </font></p>
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		<title>Faiblesse du non-art, force de l&#8217;art véritable</title>
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		<pubDate>Sun, 07 Jun 2009 14:11:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mavrakis</dc:creator>
				<category><![CDATA[Société]]></category>

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		<description><![CDATA[ Selon le Monde 7-8 juin, le succès de la deuxième édition de la Force de l’Art aurait été « mitigé pour le Grand Palais ». Soyons sérieux, parler d’un résultat désastreux aurait été plus juste. Il y eut cette fois-ci moins de 18.000 visiteurs contre 65.000 en 2006. Encore ce dernier chiffre doit-il être relativisé en le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size: 11pt; color: black; line-height: 150%;"><span style="font-family: Times New Roman;"><span> </span></span></span><span style="font-size: 11pt; color: black; line-height: 150%;"><span style="font-family: Times New Roman;"><span><span style="font-size: 11pt; color: black; line-height: 150%;">Selon <em>le Monde</em> 7-8 juin, le succès de la deuxième édition de la Force de l’Art aurait été « mitigé pour le Grand Palais ». Soyons sérieux, parler d’un résultat désastreux aurait été plus juste. Il y eut cette fois-ci moins de 18.000 visiteurs contre 65.000 en 2006. Encore ce dernier chiffre doit-il être relativisé en le comparant avec ceux atteints par le Salon au XIX<sup>e</sup> siècle. Les cohues qui s’y pressaient atteignaient les 630.000 pour 1874<a name="_ftnref1"></a>, par exemple, à une époque où la région parisienne comptait quatre fois moins d’habitants et quinze fois moins de bacheliers. Faut-il s’en étonner ? Le public de l’art est forcément beaucoup plus nombreux que celui du non-art.<span> </span></span></span></span></span><span style="font-size: 11pt; color: black; line-height: 150%;"><span style="font-family: Times New Roman;"><span></p>
<p></span></span></span><span style="font-size: 11pt; color: black; line-height: 150%;"><span style="font-family: Times New Roman;"><span> </span></span></span></p>
<hr size="1" />
<p class="MsoFootnoteText" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><a name="_ftn1"></a><span style="font-size: x-small;"> <em>Cf. </em>Gérard-Georges Lemaire : <em>Histoire du salon de peinture</em>, Klincksieck 2004 p 212.</span></p>
<p><span style="font-family: 'Times New Roman'; font-size: medium;"><span style="line-height: 22px;"><br />
</span></span></p>
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		<title>UBS et le snobisme du non-art</title>
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		<pubDate>Sat, 07 Mar 2009 17:18:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mavrakis</dc:creator>
				<category><![CDATA[Société]]></category>

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		<description><![CDATA[Le snobisme qui motive l’attitude de certains petits et même grands intellectuels à l’égard du prétendu « art contemporain », intervient aussi, sous une forme cette fois collective, dans la constitution de collections par des entreprises soucieuses de se donner une image avantageuse. Nous vivons à une époque sans idéal parce que l’argent est devenu la valeur [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: black;"><span style="font-family: 'Times New Roman';">Le snobisme qui motive l’attitude de certains petits et même grands intellectuels à l’égard du prétendu « art contemporain », intervient aussi, sous une forme cette fois collective, dans la constitution de collections par des entreprises soucieuses de se donner une image avantageuse. Nous vivons à une époque sans idéal parce que l’argent est devenu la valeur suprême. Or tout se passe comme si le refus de l’héritage et de la tradition au profit d’une modernité qui serait synonyme de progrès servait d’idéal de substitution. Certaines institutions financières s’imaginent ainsi qu’elles doivent soutenir l’art contemporain. N’est-il pas à la pointe de la modernité ? C’était le cas d’UBS (Union des banques suisses) dont la collection, déjà importante, s’était encore enrichie depuis sa fusion en 2004 avec <em>Paine Webber</em> dont le<em> </em>directeur Donald B. Marron siégeait au Conseil du M.O.M.A (Musée d’art moderne de New York)<em>.</em> Rien d’étonnant à ce qu’UBS ait conclu un étroit partenariat avec la foire internationale d’art contemporain de Bâle. Les responsables de cette banque d’affaires espéraient de cet engagement ce qu’on appelle un « retour sur image ». L’un d’eux déclarait par exemple : « Ces œuvres symbolisent la créativité et l’inspiration, deux éléments fondateurs dans la réussite de notre société »</span><a name="_ftnref1"></a><span style="font-family: 'Times New Roman';">. Imaginez qu’un de leurs employés estime avec bon sens que les choses diverses et variées rassemblées par l’UBS ne sont pas de l’art et le dise publiquement. Ses supérieurs le tiendraient pour un ennemi « de la créativité et de l’inspiration » ou tout au moins pour un sujet déloyal. </span></span><span style="color: black;"><span style="font-family: 'Times New Roman';">En raisonnant comme les dirigeants d’UBS, que penser aujourd’hui alors que la crise a déchiré le voile et montré ce qui se passait derrière ce théâtre d’ombres ? N’a-t-on pas appris qu’UBS a perdu 5,4 milliards d’euros au dernier trimestre 2008 et qu’en même temps ses clients lui ont retiré la gestion de 40 milliards d’euros ? Qu’elle refusait, malgré les sommations des instances officielles, de dédommager ses clients victimes (à cause de ses « manquements ») de la pyramide Madoff ? Qu’elle aidait ses clients américains à frauder le fisc ? Nous devrions en conclure que les œuvres anartistiques de sa collection symbolisent des procédés d’escrocs et de margoulins qui ont été la source de ses profits d’hier comme de sa déconfiture d’aujourd’hui. L’effondrement du marché de l’art intervenu en novembre 2008 met encore mieux en exergue ce parallélisme. A présent la collection d’UBS ne vaut pas plus que la réputation de créativité et d’inspiration de ses dirigeants.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Times New Roman';"> </span></p>
<p><span style="font-family: 'Times New Roman';"> </span></p>
<hr size="1" /><a name="_ftn1"></a><span style="font-family: 'Times New Roman'; font-size: x-small;"> Cité par Karine Lisbonne et Bernard Zürcher : <em>L’art avec pertes ou profit ?</em>,<span> </span>Flammarion 2007, p 99.</span></p>
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		<title>Le snobisme des philistins (une maxime)</title>
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		<pubDate>Mon, 08 Dec 2008 13:38:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mavrakis</dc:creator>
				<category><![CDATA[Société]]></category>

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		<description><![CDATA[Comme, par définition, le philistin ne peut distinguer en art le grand du petit et insignifiant, il est plus sûr pour lui d’adresser son hommage au non-art ce qui lui vaut les bénéfices symboliques les plus gratifiants.
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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><font color="#000000" face="Verdana" style="font-size: 8.5pt">Comme, par définition, le philistin ne peut distinguer en art le grand du petit et insignifiant, il est plus sûr pour lui d’adresser son hommage au non-art ce qui lui vaut les bénéfices symboliques les plus gratifiants.</font></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Vive la décroissance!</title>
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		<pubDate>Mon, 24 Nov 2008 12:02:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mavrakis</dc:creator>
				<category><![CDATA[Société]]></category>

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Les responsables de la crise ne sont pas seulement les spéculateurs qui prétendaient faire fortune à crédit mais aussi nos grands experts en économie. Le Monde du 23-4 nov. 2008 nous offre un exemple des sottises qu’ils nous vendent sous forme d’évidences. Monsieur Pierre-Antoine Delhommais y écrit ceci : « Avec une croissance négative […] la planète [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size: 14pt; line-height: 150%"><font face="Times New Roman"><span style="font-size: 14pt; line-height: 150%"></span></font></span><span style="font-size: 14pt; line-height: 150%"><font face="Times New Roman"><span style="font-size: 14pt; line-height: 150%"></span></font></span><span style="font-size: 14pt; line-height: 150%"><font face="Times New Roman"><span style="font-size: 14pt; line-height: 150%"></span></font></span><span style="font-size: 14pt; line-height: 150%"><font face="Times New Roman"><span style="font-size: 14pt; line-height: 150%"></span></font></span><span style="font-size: 14pt; line-height: 150%"><font face="Times New Roman"><span style="font-size: 14pt; line-height: 150%"></span></font></span><span style="font-size: 14pt; line-height: 150%"><font face="Times New Roman"><span style="font-size: 14pt; line-height: 150%"></span></font></span><span style="font-size: 14pt; line-height: 150%"><font face="Times New Roman"><span style="font-size: 14pt; line-height: 150%"></span></font></span><span style="font-size: 14pt; line-height: 150%"><font face="Times New Roman"><span style="font-size: 14pt; line-height: 150%"></p>
<p align="center" style="margin: 0cm 0cm 0pt 14.2pt; text-indent: 35.45pt; line-height: 150%; text-align: center" class="MsoNormal"><span style="font-size: 14pt; line-height: 150%"></span></p>
<p><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%"></span><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%"><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%">Les responsables de la crise ne sont pas seulement les spéculateurs qui prétendaient faire fortune à crédit mais aussi nos grands experts en économie. <em>Le Monde</em> du 23-4 nov. 2008 nous offre un exemple des sottises qu’ils nous vendent sous forme d’évidences. Monsieur Pierre-Antoine Delhommais y écrit ceci : « Avec une croissance négative […] la planète va certes émettre moins de CO<sub>2</sub> mais » il y aura plus de chômage et de misère. « Les riches détruisent peut-être la planète, mais celle-ci semble quand même un peu mieux se porter – et encore plus ses habitants- quand l’économie crée des richesses ». </span></span></p>
<p><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%"><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%"></span><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%">L’économie dont M. Delhommais fait l’éloge crée surtout du superflu en détruisant le nécessaire. Le niveau actuel de la production suffit pour couvrir tous les besoins à condition qu’elle soit équitablement répartie. <span style="font-size: 10pt; color: black; font-family: Verdana">Dans certains pays on pourra obtenir un accroissement de la production <em>par tête</em> (si on le juge nécessaire) en réduisant la natalité sans diminuer la production étant donnée l’augmentation de la productivité grâce à la poursuite du progrès technique. <span> </span></span>La crise actuelle est due à l’aggravation depuis trente ans des inégalités qui prive les salariés des moyens d’acheter ce qu’ils fabriquent. Elle corrige la surproduction par rapport à la demande solvable. Une économie est plus équilibrée, donc en meilleure santé, quand elle est moins injuste. Il faudrait aussi que la population à l’échelle mondiale reste stable en nombre et ne soit pas encouragée à exploser dans les régions les moins aptes à nourrir les bouches supplémentaires.</span></span></p>
<p><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%"><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%"></span><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%">La crise devrait être une occasion de voir les choses en face, de ne pas se laisser duper par les tours de passe-passe illusionnistes que permet la <em>doxa</em> économique. L’un d’eux exploite le mode de calcul du PNB pour donner une image mirifique de la croissance qui est en réalité simplement comptable. Le gonflement du PNB intègre toute sorte de dépenses et les fait apparaître comme des gains ! Dans les pays africains ce gonflement signifie simplement une pénétration accrue des rapports marchands et monétaires dans la production sans amélioration du niveau de vie ; bien au contraire. Un autre est le lancement de nouveaux produits dont la publicité nous persuade que nous ne pouvons nous en passer alors que personne n’en avait éprouvé le besoin auparavant. Cette course perpétuelle après un superflu facteur de standing et non de bien-être, observable sous des formes caricaturales chez les « jeunes », par exemple, fut longtemps un des moteurs de la croissance. Celle-ci ne crée pas des biens, mais des maux. Loin de produire des vraies richesses, elle gaspille des ressources irremplaçables. On commence à peine à s’apercevoir de son coût masqué colossal. Quand une grande ville comme New Orleans est détruite, quand la mer envahit les terres des paysans bangladais, quand des maladies respiratoires handicapent ou tuent des millions d’hommes on devrait présenter la facture aux industries polluantes et aux politiciens qui les autorisent.</span><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%">La « croissance durable est un non-sens car « durable » signifie à long terme or à long terme une croissance quelle qu’elle soit est mathématiquement impossible. Toute médication<span>  </span>portant ce nom conduirait non pas à sauver le malade mais à prolonger son agonie.<span>  </span>On produira toujours plus (quel intérêt ?) dans une nature de plus en plus déréglée entraînant des convulsions sociales et internationales de plus en plus violentes jusqu’au spasme atomique final.</span></span></p>
<p><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%"><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%"></span><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%">En revanche la décroissance sera tout le contraire de ce que dit M. Delhommais si elle est le résultat de mesures rationnelles mettant la techno-science au service de la biosphère et de l’homme au lieu de la laisser soumise aux lois sacrosaintes du marché qui à court terme nous ont précipité dans la crise et à long terme nous conduiront à la catastrophe. La mise en œuvre d’une telle politique exigera un changement dans l’allocation de ressources ; non pas moins mais plus d’investissements, plus de travail, plus d’inventivité. Son résulta atténuera les effets environnementaux du laisser faire antérieur, écartera les calamités dont nous sommes menacés si nous poursuivons dans la voie ancienne et nous conduira vers un model économique et social différent dans lequel nous consommerons moins mais mieux, nous posséderons de vrais biens quantitativement moindres mais qualitativement meilleurs que les vanités que nous sommes assez stupides pour rechercher aujourd’hui. <span>  </span><span>  </span><span>  </span><span> </span><span> </span></span><span style="font-size: 14pt"><strong> </strong></span></span><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%"><strong><span style="font-size: 14pt"><strong><span style="font-size: 14pt"></span></strong></span></strong></span></p>
<p></span></font></span></p>
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