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	<title>Kostas Mavrakis &#187; esthétique</title>
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	<description>Chronique (et critique) de l&#039;art et du non-art</description>
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		<title>Picasso et les origines du non-art</title>
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		<pubDate>Tue, 15 Jun 2010 14:08:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mavrakis</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Comme le suggère mon titre, je me propose de situer Picasso dans la transition qui conduit au non-art. L’art authentique a continué à être pratiqué clandestinement, mais la transition dont je parle passe aux yeux des profanes pour appartenir au courant  principal  (<em>mainstream </em>) de l’histoire. Il s’agira d’expliquer un phénomène remarquable et assez mystérieux. Les bouffonneries facétieuses ou provocatrices du début de ce processus se présentent avec beaucoup de sérieux comme l’art le plus sublimes à sa fin. C’est la même chose, avec la foi du charbonnier en plus. Dans cette affaire, Picasso a joué un rôle décisif. Sans lui je ne crois pas qu’on aurait pu passer de Duchamp à Buren ou Boltanski.</p>
<p style="text-align: justify;">Examinons donc les points saillants de ce devenir. Les gestes inauguraux du non-art remontent aux deux premières décennies du XXe siècle. Les plus radicaux ont été la roue de bicyclette de Duchamp (1913) et le carré de Malévitch (1915). L’aquarelle abstraite de Kandinsky est datée (ou antidatée) de 1911 mais elle fut précédée par l’huile de Strindberg intitulée <em>Inferno</em> (1901). Le manifeste futuriste de Marinetti a été publié en 1909. Ces initiatives en apparence chaotiques obéissaient en fait à une logique : celle des stratégies poursuivies par les artistes en vue de surpasser leurs concurrents non par leur talent, ni même par leur audace mais par ce qui en est la caricature : le culot.  </p>
<p style="text-align: justify;">Le coup d’envoi de cette course vers l’abîme a été donné involontairement par Cézanne. Celui-ci aspirait à faire « du Poussin sur nature » sans en avoir les moyens. L’impuissance de ses efforts (il travaillait avec acharnement) ont fait que ses dernières ébauches (toutes ses toiles sont des ébauches) anticipaient Braque co-inventeur avec Picasso du cubisme. Les deux compères étaient donc en droit de se revendiquer de Cézanne. A son tour celui-ci avait commencé dans le sillage des Impressionnistes qui affaiblissaient la mimésis en érigeant en principe et en systématisant le style d’esquisse. Chez eux, ce qui subsiste d’illusionnisme est obtenu non par une représentation précise mais par un faire expéditif et abrégé comptant sur la suggestion quand le spectateur s’éloigne du tableau. Cézanne s’appuie sur cet « acquis », c’est-à-dire sur les libertés que prennent les Impressionnistes mais sa facture laborieuse (il n’a pas leur virtuosité en dessin) le conduit à durcir le rendu des volumes. Il apparaît ainsi à ses camarades comme un correctif à leur tendance au « flou artistique ». De là vient l’immense prestige dont il jouit auprès d’eux et dont témoigne le tableau <em>Hommage à Cézanne</em> de Maurice Denis (1901). D’admirables peintres, pour le malheur de la peinture, ont fait la réputation de celui qui est considéré aujourd’hui comme le maître de la Sainte Victoire. Or, sauf à jeter par-dessus bord des principes essentiels, les approximations qu’on peut se permettre à la rigueur dans un paysage ne sont pas acceptables dans la figure ; et Cézanne est aussi l’auteur des <em>Baigneuses</em>, sommet de hideur et d’incorrection mais pas de désinvolture car le malheureux faisait de son mieux. Il autorisait ainsi tous les écarts, volontaires ou non, qui sont venus après et qui nous ont conduit au point où nous en sommes.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est à cette époque où Cézanne connaît enfin la gloire que Picasso vient à Paris. Carriériste avisé, il sent tout de suite d’où souffle le vent. Il veut être célèbre comme peintre car, ayant abrégé sa scolarité, il ne sait rien faire d’autre. Or il se rend compte que la peinture touche à sa fin comme moyen de réussite. Il faut choisir l’une ou l’autre. Si l’on recherche la réussite, il faut tenir compte avant tout que s’éloigner de la figuration passe désormais pour une preuve de créativité. Picasso va donc accompagner la destruction de cet art selon le principe « puisque ces mystères nous dépassent, feignons d’en être l’organisateur ». Il  mènera, en effet, jusqu’au bout l’élimination de la figuration même s’il n’en fait pas la théorie comme Kandinsky. Le <em>Portrait de Kahnweiler </em>(1910) à New York, par exemple, est entièrement abstrait de même que le <em>Pigeon aux petits pois</em> qui vient d’être volé au Centre Pompidou. Dans les milieux de la peinture abstraite autour de 1920 – 1930, il était de mise de déclarer que le cubisme menait logiquement à l’abstraction mais que Picasso n’avait pas osé sauter le pas. Or s’il l’avait fait, il aurait rejoint ses concurrents. Mauvaise stratégie pour celui qui se veut « en avance » sur les autres. C’est pourquoi voyant que l’abstraction est associée aux yeux du public à Kandinsky et à Delaunay à cause de leurs écrits théorique, Picasso abandonne précipitamment le cubisme pour revenir à un art presque classique. Pas question de passer pour un suiviste.  </p>
<p>(à suivre)</p>
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		<title>Le moderne vieillit mal</title>
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		<pubDate>Fri, 05 Mar 2010 09:37:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mavrakis</dc:creator>
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		<category><![CDATA[architecture]]></category>
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		<description><![CDATA[Le 21 avril Brasilia, inscrite au « Patrimoine mondial de l’UNESCO », fêtera son 50e anniversaire, mais ses bâtiments « futuristes » n’ont pas beaucoup d’avenir étant donné leur décrépitude avancée. Ils ne laisseront même pas de belles ruines. Cette invention urbaine sortie du cerveau enfiévré d’un ingénieur fou comme le créateur de Métropolis, obéit [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le 21 avril Brasilia, inscrite au « Patrimoine mondial de l’UNESCO », fêtera son 50e anniversaire, mais ses bâtiments « futuristes » n’ont pas beaucoup d’avenir étant donné leur décrépitude avancée. Ils ne laisseront même pas de belles ruines. Cette invention urbaine sortie du cerveau enfiévré d’un ingénieur fou comme le créateur de Métropolis, obéit à l’esthétique avant-gardiste qui a inspiré à Badiou une analyse enthousiaste dans son livre Logique des mondes. Elle prouve à chaque jour qui passe combien elle est indigne de sa renommée. La solidité n’est-elle pas la première qualité d’un édifice et celui-ci, en tant qu’œuvre d’art, n’est-il pas censé affronter victorieusement les outrages du temps ? Le président Lula s’est plaint de travailler dans un palais qui est « une vraie favéla ». Est-ce ainsi que cette architecture fonctionaliste remplit sa fonction ? Le « Panthéon de la patrie », un des monuments les plus récents puisqu’il date de 1986, perd déjà son revêtement de marbre blanc. Les vitraux de la cathédrale, pourtant rénovée il y a dix ans, doivent maintenant être remplacés. Certaines zones sont interdites au public parce que dangereuses. Enfin toute cette capitale offre un aspect triste et fatigué à cause du vieillissement accéléré des matériaux modernes utilisés pour construire cet emblème du jeune Brésil. Cela ne doit par relever le moral des ses habitants qui avaient, même quand leur ville était neuve, le taux de suicide le plus élevé du monde.</p>
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		<title>Badiou et la folie du nouveau</title>
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		<pubDate>Sun, 21 Feb 2010 10:41:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mavrakis</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans Du Sublime, l’auteur anonyme qui vivait au Ier siècle de notre ère, début de la décadence du monde antique, écrivait ceci : « Tous ces défauts si malséants proviennent d’une cause unique : la recherche du nouveau, cette folie des hommes d’aujourd’hui ». De cette folie qui frappe encore une fois deux mille ans [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans <em>Du Sublime</em>, l’auteur anonyme qui vivait au Ier siècle de notre ère, début de la décadence du monde antique, écrivait ceci : « Tous ces défauts si malséants proviennent d’une cause unique : la recherche du nouveau, cette folie des hommes d’aujourd’hui ». De cette folie qui frappe encore une fois deux mille ans plus tard, Alain Badiou s’est fait l’apologiste et le théoricien. En art, le nouveau apparaîtrait quand « ce qui n’avait nulle valeur formelle [est] transfiguré par un déplacement imprévisible de la frontière entre ce qu’on reconnaît comme forme […] et ce qui gît dans l’informe » (<em>Second manifeste pour la philosophie</em> pp 97-98). Rien de tel n’est observable au cours de l’histoire multimillénaire de l’art, seulement des changements de goût ou des progrès dans la mimesis. Le passage de Cimabue à Giotto est-il un déplacement de la frontière entre la forme et l’informe ? Ou encore la mutation que représente le style pictural (malerisch) par rapport au style linéaire (zeichnerisch) pour employer les concepts de Wölfflin ? En revanche, la description de Badiou s’applique parfaitement à l’apparition au début du XXe siècle du « modernisme » et au triomphe vers 1960 du non-art pur et simple qui en est le légitime héritier. Mais justement ce ne sont pas des vérités. Si c’était le cas, elles permettraient d’éclairer toute l’histoire de l’art au lieu de la tenir pour nulle et non avenue du fait qu’elle ignore ce type de changement désastreux. L’erreur de Badiou vient de son identification du vrai (du valable) au nouveau et inversement, que j’ai réfuté dans ma précédente note.</p>
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		<title>Dialectique du nouveau et de l&#8217;ancien</title>
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		<pubDate>Tue, 16 Feb 2010 15:31:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mavrakis</dc:creator>
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		<description><![CDATA[L’innovation est une catégorie de l’histoire de l’art non de l’esthétique. Elle décide de la place dans une séquence temporelle non sur une échelle de valeurs. Même quand elle est authentique (contrairement à celles qu’on nous offre aujourd’hui) l’effet de surprise qu’elle produit s’use rapidement. « Les paradoxes d’aujourd’hui sont les préjugés de demain » [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L’innovation est une catégorie de l’histoire de l’art non de l’esthétique. Elle décide de la place dans une séquence temporelle non sur une échelle de valeurs. Même quand elle est authentique (contrairement à celles qu’on nous offre aujourd’hui) l’effet de surprise qu’elle produit s’use rapidement. « Les paradoxes d’aujourd’hui sont les préjugés de demain » disait Marcel Proust. L’inverse n’est pas faux : les poncifs d’hier ouvrent parfois la voie d’un renouvellement. C’est pourquoi Verdi appelait à revenir à l’ancien y voyant un progrès. Le seul moyen à notre époque d’être à la fois solide et original n&#8217;est pas de trouver autre chose que de vieux vêtements à exposer mais de rivaliser avec les classiques.</p>
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		<title>A propos du livre de Marc Fumaroli</title>
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		<pubDate>Wed, 08 Jul 2009 10:28:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mavrakis</dc:creator>
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		<description><![CDATA[
Ayant terminé la lecture du livre de Marc Fumaroli Paris-New York et retour, je voudrais vous proposer quelques réflexions et commentaires qu&#8217;il m&#8217;a inspirés.
Son orientation générale est très critique vis-à-vis du prétendu &#171;&#160;art contemporain&#160;&#187; qu&#8217;il lui arrive de qualifier de non-art. En revanche il est favorable au modernisme jusque et y compris l&#8217;abstraction et cela malgré la continuité [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="line-height: normal; font-family: 'Times New Roman'" class="Apple-style-span"></span></p>
<p style="font-size: 11px; margin: 8px; color: #000000; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; background-color: #ffffff; -webkit-background-clip: initial; -webkit-background-origin: initial"><span style="font-size: 16px; font-family: Georgia" class="Apple-style-span">Ayant terminé la lecture du livre de Marc Fumaroli <em>Paris-New York et retour,</em> je voudrais vous proposer quelques réflexions et commentaires qu&#8217;il m&#8217;a inspirés.</span></p>
<p style="text-align: justify">Son orientation générale est très critique vis-à-vis du prétendu &laquo;&nbsp;art contemporain&nbsp;&raquo; qu&#8217;il lui arrive de qualifier de non-art. En revanche il est favorable au modernisme jusque et y compris l&#8217;abstraction et cela malgré la continuité entre l&#8217;un à l&#8217;autre. J&#8217;y reviendrai.</p>
<p style="text-align: justify">On se souvient des critiques que j&#8217;ai adressé au livre de Louis Harouel et à son explication de la dissolution de l&#8217;art par l&#8217;invention de la photographie. Or le procédé de reproduction mécanique des images perçues ne doit pas être pour autant disculpé. A la page 492, Fumaroli observe que l&#8217;image photographique s&#8217;est imposée chez les peintres &laquo;&nbsp;comme substitut du dessin d&#8217;étude&nbsp;&raquo;. Telle est en effet la cause de l&#8217;influence néfaste exercée par la photographie. L&#8217;étude d&#8217;après le motif incitait l&#8217;artiste à une première interprétation et stylisation de la forme alors que face au document photographique le dessinateur n&#8217;a pas la possibilité d&#8217;en tirer une version plus expressive et lisible faute de pouvoir se déplacer par rapport à elle de façon à en faire apparaître toutes les potentialités. Il en résulta un net appauvrissement de la créativité.</p>
<p style="text-align: justify">Fumaroli déplore que la France soit reléguée à la 5e ou 6e place sur la scène de &laquo;&nbsp;l&#8217;art contemporain&nbsp;&raquo;. Or cette place reflète le rang de notre pays parmi les puissances industrielles. Pour qu&#8217;il en fût autrement, il eût fallu avoir affaire à de l&#8217;<em>art</em>, acheté pour sa valeur esthétique et pour le plaisir qu&#8217;il nous procure. Dans <em>ce</em> cas, un milliardaire américain <u>aurait pu</u> préférer un tableau français à l&#8217;oeuvre d&#8217;un compatriote. En l&#8217;absence de tout critère, dont le principal est la délectation, d&#8217;autres motivations sont déterminantes tels que les calculs spéculatifs, le tapage fait par les médias anglophones, le &laquo;&nbsp;retour sur image&nbsp;&raquo; etc. Voilà pourquoi la France a fait un marché de dupe en se mettant à la remorque de New York et en vendant son âme au génie qui toujours nie.</p>
<p style="text-align: justify">&nbsp;</p>
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		<title>Marc Fumaroli: la citation du jour</title>
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		<pubDate>Thu, 02 Jul 2009 20:49:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mavrakis</dc:creator>
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		<description><![CDATA[J&#8217;extrait du livre de Marc Fumaroli, Paris-New York et retour, un passage dans lequel il est question du livre de Paul Valéry Degas, danse, dessin. Valéry &#171;&#160;ose regretter, après Baudelaire, que la hiérarchie des genres, l&#8217;étude de l&#8217;anatomie, celle de la perspective et les longues recherches préparatoires à la peinture d&#8217;histoire académique aient disparu, comme ont [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>J&#8217;extrait du livre de Marc Fumaroli, <em>Paris-New York et retour,</em> un passage dans lequel il est question du livre de Paul Valéry <em>Degas, danse, dessin</em>. Valéry &laquo;&nbsp;ose regretter, après Baudelaire, que la hiérarchie des genres, l&#8217;étude de l&#8217;anatomie, celle de la perspective et les longues recherches préparatoires à la peinture d&#8217;histoire académique aient disparu, comme ont disparu en poésie les formes fixes du sonnet ou du chant royal. [...] La modernité dans les arts, que [Valéry] entend comme Baudelaire au sens d&#8217;une réaction voulue à la moderne décadence du métier artisanal [...] ce serait le retour à l&#8217;académie, à son enseignement, à ses conventions dans toute leur rigueur et leur ambition originelles&nbsp;&raquo; (p 378)</p>
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		<title>Ne soyez plus snobs</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Jun 2009 16:33:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mavrakis</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je voudrais porter à votre connaissance quelques opinions formulées par des personnalités d&#8217;avant-garde ou dont la place dans l&#8217;histoire de l&#8217;art est incontestable. Elles peuvent servir à libérer son jugement critique des idées reçues. Les vrais connaisseurs sont francs et tranchants dans l&#8217;expression de leurs préférences. Ce qui compte c&#8217;est la sincérité. La vérité en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je voudrais porter à votre connaissance quelques opinions formulées par des personnalités d&#8217;avant-garde ou dont la place dans l&#8217;histoire de l&#8217;art est incontestable. Elles peuvent servir à libérer son jugement critique des idées reçues. Les vrais connaisseurs sont francs et tranchants dans l&#8217;expression de leurs préférences. Ce qui compte c&#8217;est la sincérité. La vérité en est une conséquence. C&#8217;est pourquoi le snobisme est le pire ennemi de l&#8217;art. Je citerai donc un passage emprunté à Nicolas Grimaldi : &laquo;&nbsp;Que Mondrian n&#8217;ait jamais pu faire qu&#8217;&nbsp;&raquo;une pseudo-peinture&nbsp;&raquo;, que Hartung ne se soit livré qu&#8217;à des &laquo;&nbsp;exercices de pinceau&nbsp;&raquo;, qu&#8217;on puisse reconnaître à Bazaine et Manessier &laquo;&nbsp;un métier, mais pas celui de peintre&nbsp;&raquo;, c&#8217;est ce que disait Kahnweiler, le marchand de Picasso et de Juan Gris. Mais ni Pissaro ni Cézannes ne jugeaient moins sévérement Gauguin. &laquo;&nbsp;Le fond de son caractère est anti-artistique&nbsp;&raquo;, estimait le premier; tandis qu&#8217;au second il paraissait tout bonhement &laquo;&nbsp;n&#8217;être pas un peintre&nbsp;&raquo;. Il est vrai que de son côté, Chirico s&#8217;exprimait sans plus d&#8217;indulgence sur &laquo;&nbsp;les croûtes de Cézannes&nbsp;&raquo;(1).J&#8217;ai à votre service une autre citation iconoclaste extraite d&#8217;une interview accordée par Balthus ç <em>Connaissance des Arts, </em>n° 477, nov. 1991.Balthus : &laquo;&nbsp;Mondrian est intéressant. Au début il peignait d&#8217;après nature. Pour aboutir finalement à des petits carrés. Je n&#8217;ai jamais compris pourquoi.Question : Qu&#8217;avez-vous contre l&#8217;abstraction?Réponse : Je pense qu&#8217;elle renferme quelque chose de faux. Les peintres abstraits ont rassemblé toute une panoplie d&#8217;éléments pour faire croire qu&#8217;ils voyaient quelque chose que les autres ne voyaient pas.[...] L&#8217;abstraction est la fin de l&#8217;art. Gustave Moreau avait dit à Matisse : &nbsp;&raquo;Vous allez simplifier la peinture&nbsp;&raquo; &#8211; La peinture a été simplifiée de la façon la plus cruelle qui soit. Ca été la fin de l&#8217;art. [...] A Londres nous avons vu un tableau peint par un singe. Cette oeuvre est aussi valable que de nombreuses peintures qui sont exposées dans les galeries&nbsp;&raquo;.(1) <em>Cf. Préjugés et paradoxes</em>, PUF 2007, pp 153-154.</p>
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		<title>Les qualités esthétiques sont objectives</title>
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		<pubDate>Wed, 24 Jun 2009 19:54:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mavrakis</dc:creator>
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		<description><![CDATA[,La vie posthume de certains grands artistes a connu de longues éclipses. J.-S. Bach fut oublié jusqu&#8217;à ce que Mendelssohn l&#8217;exhume; Vermeer, dont les tableaux ont toujours eu la cote en vente publique, n&#8217;est entré dans l&#8217;histoire qu&#8217;au XIXe sècle grâce au critique Thoré-Burger; au XXe siècle les toiles de Guido Reni ont longtemps été [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>,La vie posthume de certains grands artistes a connu de longues éclipses. J.-S. Bach fut oublié jusqu&#8217;à ce que Mendelssohn l&#8217;exhume; Vermeer, dont les tableaux ont toujours eu la cote en vente publique, n&#8217;est entré dans l&#8217;histoire qu&#8217;au XIXe sècle grâce au critique Thoré-Burger; au XXe siècle les toiles de Guido Reni ont longtemps été reléguées dans les réserves du Louvre avant de retrouver les honneurs des cimaises par la volonté d&#8217;un nouveau directeur, Rosenberg. On aurait tort, cependant, de conclure de cette existence intermittente que les qualités esthétiques qui font la valeur des oeuvres d&#8217;art ne leur sont pas intrinsèques. Ce qui est objectif n&#8217;est pas toujours perçu par les spectateurs. S&#8217;il arrive qu&#8217;à une période ces qualités semblent s&#8217;estomper pour s&#8217;intensifier à la suivante comme ce fut le cas pour les peintres pompiers cela tient aux fluctuations de la mode et aux changements dans la sensibilité du public induits par les transformations de la société. C&#8217;est que les propriétés esthétiques d&#8217;une oeuvre ne sont pas les seules à déterminer le jugement la concernant, quoiqu&#8217;elles finissent par l&#8217;emporter. Les préjugés idéologiques y sont pour beaucoup. Cependant sur le long terme un consensus prend forme qui ne peut s&#8217;expliquer si l&#8217;on ne le rapporte à des traits objectifs. En voici la preuve. On peut évaluer à environ 25.000 les peintres ayant exposé régulièrement dans les Salons des pays européens au XIXe siècle. Consultons l&#8217;index des histoires de l&#8217;art publiées depuis une centaine d&#8217;années par des auteurs dont les préférences artistiques étaient sûrement fort dissemblables. Pourtant une cinquantaine de noms sont présents dans tous les livres. D&#8217;autres figurent dans les uns et pas dans les autres. En revanche 98% des peintres sont ignorés par tous les ouvrages de synthèse. Certains incluent Charles Tournemine, d&#8217;autres pas. Mais si la question se pose pour cet artiste, elle ne se pose pas pour Eugène Pavy ou Hortense Richard qui pourtant ont eu leur instant de gloire. La seule explication est que les auteurs partagent les mêmes critères d &#8216;exclusion et que certaines caractéristiques inclinant à écarter une oeuvre ne dépendent pas du seul goût idiosyncrasique variable selon les individus. Sans un tel concensus fondé sur des critères objectifs l&#8217;histoire de l&#8217;art n&#8217;aurait pas été possible car elle suppose qu&#8217;on distingue ce qui mérite d&#8217;être retenu.</p>
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		<title>Francis Bacon le dernier peintre</title>
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		<pubDate>Fri, 12 Jun 2009 14:57:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mavrakis</dc:creator>
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		<description><![CDATA[J’avoue humblement ne pas aimer Francis Bacon mais ce sentiment ne relève pas uniquement d’une réaction idiosyncrasique motivée par l’exclusion chez lui de la beauté naturelle, mais d’un jugement dont je peux donner les raisons. Selon moi le peintre, qui est presque entièrement libre en matière de couleur, doit respecter certaines limites quand il s’agit [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size: 11pt; color: black; line-height: 150%"><font face="Times New Roman">J’avoue humblement ne pas aimer Francis Bacon mais ce sentiment ne relève pas uniquement d’une réaction idiosyncrasique motivée par l’exclusion chez lui de la beauté naturelle, mais d’un jugement dont je peux donner les raisons. Selon moi le peintre, qui est presque entièrement libre en matière de couleur, doit respecter certaines limites quand il s’agit du dessin et ne pas renoncer à toute vraisemblance. Bacon s’était affranchi de ce précepte en vertu d’un choix qu’il avait fait dès le début et qu’il justifiait (sans esprit de système) par des arguments empruntés à l’idéologie moderniste. Les vrais motifs étaient autres. Désespérant de pouvoir rivaliser avec les grands peintres qu’il admirait comme Velasquez, il avait renoncé à les suivre sur la voie de la figuration stricte sans y renoncer entièrement. Il savait en effet qu’il y allait de l’art et que la peinture ne peut se passer de la mimésis. Ce qu’il ne savait pas, c’est qu’elle exige au minimum une figuration assez correcte pour être vraisemblable. Le résultat fut qu’il s’est toujours tenu sur le fil du rasoir entre art et non-art. Il préservait du premier un grand souci esthétique qui se manifestait dans les domaines de la couleur et de la composition et une figuration suffisante pour rendre ses formes expressives mais pas assez pour maintenir le lien avec l’essence de la peinture. Il se tient donc à la limite du pictural. Assez, en tout cas, pour être perçu comme allant à contre-courant et pour être qualifié par une personne que je connais bien de « dernier peintre ». C’est ainsi que s’explique son impatience vis-à-vis de l’art contemporain dont il ne voulait pas entendre parler. Il était conscient que l’art suppose des règles et des limites et qu’au point où il en était la moindre concession supplémentaire au discours avant-gardiste le ferait basculer dans le non-art pur et simple, dans la négation de tout ce qu’il avait fait jusque là et de tout ce qu’il admirait chez ses prédécesseurs. <span>  </span></font></span></p>
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		<title>Jean-Pierre Changeux récidive</title>
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		<pubDate>Wed, 03 Jun 2009 16:17:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mavrakis</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Jean-Pierre Changeux récidive J.-P. Changeux est incontestablement un neurobiologiste de haut niveau mais pourquoi doit-il usurper d’autres compétences que les siennes? On trouve dans Euripide cette réplique devenue proverbiale : « tekton on eprasses ou xylourgika », étant charpentier tu t’appliquais à autre chose qu’au travail du bois. On pourrait également citer Boileau : « Soyez plutôt maçon si c’est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: black;"><span style="font-family: 'Times New Roman';">Jean-Pierre Changeux récidive</span></span><span style="color: black;"><span style="font-family: 'Times New Roman';"> </span></span><span style="color: black;"><span style="font-size: 11pt; color: black; line-height: 150%;"><span style="font-family: 'Times New Roman';">J.-P. Changeux est incontestablement un neurobiologiste de haut niveau mais pourquoi doit-il usurper d’autres compétences que les siennes? On trouve dans Euripide cette réplique devenue proverbiale : « <em>tekton on eprasses ou xylourgika</em> », étant charpentier tu t’appliquais à autre chose qu’au travail du bois. On pourrait également citer Boileau : « Soyez plutôt maçon si c’est votre talent ». Dans le cas d’espèce notre savent se veut aussi philosophe. Le titre de son livre <em>Du vrai, du beau, du bien » </em>est démarqué de celui du livre le plus connu de Victor Cousin (1845) qui lui s’en tenait à son métier. Changeux prétend mettre en relation le fonctionnement des neurones cérébrales et les œuvres de l’esprit mais il ne fait que juxtaposer des considérations relevant de l’un ou de l’autre domaine. Les réductionnistes depuis Broca, voire depuis La Mettrie et son <em>Homme-machine</em> (1748), ont partagé cette même ambition  qui n’est pas plus près de se réaliser malgré les progrès de la science. D’ailleurs ont-ils besoin de démontrer cette relation entre, disons, création artistique et processus psychophisiologiques ? Pour eux elle va de soi et découle de leur postulat matérialiste. Changeux a reconnu lui-même qu’il n’a pas fait beaucoup de chemin en regrettant devant un journaliste du <em>Monde </em>(30 mai 2009) que « notre cerveau sur ce terrain, reste une ‘‘boîte noire’’ ». On mesure l’ampleur de son échec en lisant sous sa plume des phrases d’une banalité affligeante comme celles-ci : « Lorsque vous regardez le <em>Guernica</em> de Picasso, vous ne percevez pas seulement les figures qui s’y trouvent, mais tout l’investissement émotionnel qu’il contient. Vous recevez ainsi le message que l’artiste souhaite communiquer ». </span></span></span></p>
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