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	<title>Kostas Mavrakis &#187; culture</title>
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	<description>Chronique (et critique) de l&#039;art et du non-art</description>
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		<title>Picasso et les origines du non-art</title>
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		<pubDate>Tue, 15 Jun 2010 14:08:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mavrakis</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Comme le suggère mon titre, je me propose de situer Picasso dans la transition qui conduit au non-art. L’art authentique a continué à être pratiqué clandestinement, mais la transition dont je parle passe aux yeux des profanes pour appartenir au courant  principal  (<em>mainstream </em>) de l’histoire. Il s’agira d’expliquer un phénomène remarquable et assez mystérieux. Les bouffonneries facétieuses ou provocatrices du début de ce processus se présentent avec beaucoup de sérieux comme l’art le plus sublimes à sa fin. C’est la même chose, avec la foi du charbonnier en plus. Dans cette affaire, Picasso a joué un rôle décisif. Sans lui je ne crois pas qu’on aurait pu passer de Duchamp à Buren ou Boltanski.</p>
<p style="text-align: justify;">Examinons donc les points saillants de ce devenir. Les gestes inauguraux du non-art remontent aux deux premières décennies du XXe siècle. Les plus radicaux ont été la roue de bicyclette de Duchamp (1913) et le carré de Malévitch (1915). L’aquarelle abstraite de Kandinsky est datée (ou antidatée) de 1911 mais elle fut précédée par l’huile de Strindberg intitulée <em>Inferno</em> (1901). Le manifeste futuriste de Marinetti a été publié en 1909. Ces initiatives en apparence chaotiques obéissaient en fait à une logique : celle des stratégies poursuivies par les artistes en vue de surpasser leurs concurrents non par leur talent, ni même par leur audace mais par ce qui en est la caricature : le culot.  </p>
<p style="text-align: justify;">Le coup d’envoi de cette course vers l’abîme a été donné involontairement par Cézanne. Celui-ci aspirait à faire « du Poussin sur nature » sans en avoir les moyens. L’impuissance de ses efforts (il travaillait avec acharnement) ont fait que ses dernières ébauches (toutes ses toiles sont des ébauches) anticipaient Braque co-inventeur avec Picasso du cubisme. Les deux compères étaient donc en droit de se revendiquer de Cézanne. A son tour celui-ci avait commencé dans le sillage des Impressionnistes qui affaiblissaient la mimésis en érigeant en principe et en systématisant le style d’esquisse. Chez eux, ce qui subsiste d’illusionnisme est obtenu non par une représentation précise mais par un faire expéditif et abrégé comptant sur la suggestion quand le spectateur s’éloigne du tableau. Cézanne s’appuie sur cet « acquis », c’est-à-dire sur les libertés que prennent les Impressionnistes mais sa facture laborieuse (il n’a pas leur virtuosité en dessin) le conduit à durcir le rendu des volumes. Il apparaît ainsi à ses camarades comme un correctif à leur tendance au « flou artistique ». De là vient l’immense prestige dont il jouit auprès d’eux et dont témoigne le tableau <em>Hommage à Cézanne</em> de Maurice Denis (1901). D’admirables peintres, pour le malheur de la peinture, ont fait la réputation de celui qui est considéré aujourd’hui comme le maître de la Sainte Victoire. Or, sauf à jeter par-dessus bord des principes essentiels, les approximations qu’on peut se permettre à la rigueur dans un paysage ne sont pas acceptables dans la figure ; et Cézanne est aussi l’auteur des <em>Baigneuses</em>, sommet de hideur et d’incorrection mais pas de désinvolture car le malheureux faisait de son mieux. Il autorisait ainsi tous les écarts, volontaires ou non, qui sont venus après et qui nous ont conduit au point où nous en sommes.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est à cette époque où Cézanne connaît enfin la gloire que Picasso vient à Paris. Carriériste avisé, il sent tout de suite d’où souffle le vent. Il veut être célèbre comme peintre car, ayant abrégé sa scolarité, il ne sait rien faire d’autre. Or il se rend compte que la peinture touche à sa fin comme moyen de réussite. Il faut choisir l’une ou l’autre. Si l’on recherche la réussite, il faut tenir compte avant tout que s’éloigner de la figuration passe désormais pour une preuve de créativité. Picasso va donc accompagner la destruction de cet art selon le principe « puisque ces mystères nous dépassent, feignons d’en être l’organisateur ». Il  mènera, en effet, jusqu’au bout l’élimination de la figuration même s’il n’en fait pas la théorie comme Kandinsky. Le <em>Portrait de Kahnweiler </em>(1910) à New York, par exemple, est entièrement abstrait de même que le <em>Pigeon aux petits pois</em> qui vient d’être volé au Centre Pompidou. Dans les milieux de la peinture abstraite autour de 1920 – 1930, il était de mise de déclarer que le cubisme menait logiquement à l’abstraction mais que Picasso n’avait pas osé sauter le pas. Or s’il l’avait fait, il aurait rejoint ses concurrents. Mauvaise stratégie pour celui qui se veut « en avance » sur les autres. C’est pourquoi voyant que l’abstraction est associée aux yeux du public à Kandinsky et à Delaunay à cause de leurs écrits théorique, Picasso abandonne précipitamment le cubisme pour revenir à un art presque classique. Pas question de passer pour un suiviste.  </p>
<p>(à suivre)</p>
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		<title>Dialogue avec Alain de Benoist</title>
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		<pubDate>Fri, 15 Jan 2010 15:29:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mavrakis</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Alain de Benoist]]></category>
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		<description><![CDATA[Dans le numéro 134 de son excellente revue Eléments, Alain de Benoist recense mon dernier livre avec le sérieux et la franchise qu’on se plait généralement à lui reconnaître. Cette recension, reproduite ici à l’attention des lecteurs de ce blog, comportant, cependant, une inexactitude elle appelle de ma part la mise au point qu’on lira [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans le numéro 134 de son excellente revue Eléments, Alain de Benoist recense mon dernier livre avec le sérieux et la franchise qu’on se plait généralement à lui reconnaître. Cette recension, reproduite ici à l’attention des lecteurs de ce blog, comportant, cependant, une inexactitude elle appelle de ma part la mise au point qu’on lira plus loin.</p>
<p>Badiou mis à nu</p>
<p>C’est d’abord l’histoire d’une amitié rompue. Dans les années 1970, Kostas Mavrakis et Alain Badiou travaillaient ensemble à la revue maoïste Théorie et Politique. Le premier était alors le disciple et l’ami du second. Après quoi leurs itinéraires ont divergé. Mavrakis est aujourd’hui devenu un traditionaliste chrétien. Badiou a développé une œuvre philosophique fondée sur l’idée d’une vérité universelle abstraite, en même temps que, côté praxis, il s’engageait dans un « sans-papiérisme » échevelé (« tous les ouvriers qui travaillent ici sont d’ici et doivent être honorés comme tels, singulièrement les ouvriers de provenance étrangères » !). En 2005, il prononçait dans son livre intitulé Le siècle un panégyrique de l’art contemporain, que Mavrakis dénonçait au même moment, avec force, comme un « non-art ». La rupture devenait inévitable. Mavrakis considère aujourd’hui toujours Badiou comme « le plus grand philosophe vivant » (ce qui est un peu excessif), mais il ne le regarde pas moins comme un « adversaire » (ce qui est un peu faible). Dans ce livre remarquablement bien écrit, il cerne ce qui les sépare, ou plus exactement ce qu’il refuse dans le « système » Badiou. Ce dernier, bien entendu, est longuement critiqué pour ses vues en matière artistique. Son athéisme est par ailleurs dénoncé avec des arguments qui plairont aux croyants. Abordant le terrain politique, Mavrakis n’a pas de mal à montrer que les positions de Badiou rejoignent paradoxalement celles du libéralisme qu’il prétend combattre : « Sur la question des immigrés clandestins, il ne remarque pas qu’il est dans le même camp que les patrons et les médias ». D’où cette conclusion : « [son] progressisme est celui du grand capital mondialisé ». L’ouvrage s’achève sur un aperçu des lettres que les deux frères ennemis ont récemment échangées. A noter que Mavrakis aborde aussi les violentes critiques opposées à Badiou par certains « intellectuels judaïsants » (Eric Marty, Jean-Claude Milner). On a du mal à le suivre quand il assure qu’Israël est aujourd’hui « aux avant-postes de toutes les nations qui résistent au rouleau compresseur et niveleur de la mondialisation ».</p>
<p>Kostas Mavrakis, De quoi Badiou est-il le nom ? Pour en finir avec le (XXe) siècle, L’Harmattan 127 p, 13 euros.</p>
<p>Réponse à Alain de Benoist</p>
<p>La brève note consacrée à mon dernier livre par Alain de Benoist est un chef-d’œuvre de concision. Elle donne une idée assez juste et complète des principaux points de ma critique d’Alain Badiou et contient des appréciations flatteuses pour lesquelles je remercie l’auteur. J’aurais mauvaise grâce à lui reprocher certaines approximations car elles sont la loi du genre. Il m’est impossible en revanche de laisser passer une allégation qui n’est pas diffamatoire dans son intention mais donne lieu à un fâcheux malentendu. Je suis devenu, dit-il, « un traditionaliste chrétien ». Chrétien, certes, (et fier de l’être), mais ni traditionaliste ni partisan du dernier concile. Ma qualité d’orthodoxe fait que ces oppositions ne me concernent pas et qu’il est superflu pour moi et pour tous ceux qui appartiennent à ma confession de se prononcer sur elles.<br />
La tentation fut sans doute forte de se débarrasser de mon christianisme en me rejetant du côté d’une aile minoritaire et décriée du catholicisme. Mutatis mutandis, c’est le type d’opération dont Alain de Benoist fut la victime quand ses détracteurs l’ont d’abord classé (par association) à droite, puis à l’extrême droite et enfin du côté de Le Pen. Ayant été longtemps l’objet d’un injuste ostracisme, il devrait faire attention en distribuant des étiquettes stigmatisantes.<br />
La seule critique à la fois nette et allusive que m’adresse Alain de Benoist figure dans sa conclusion où je lis : « On a du mal à le suivre [Mavrakis] quand il assure qu’Israël est aujourd’hui ‘‘ aux avant-postes de toutes les nations qui résistent au rouleau compresseur et niveleur de la mondialisation’’». Pour quelle raison a-t-il du mal à me suivre ? Se pourrait-il qu’Israël ne défende pas son indépendance comme Etat national ? Ou bien dois-je comprendre qu’Alain de Benoist interprète mon approbation d’Israël sur un point très particulier, à savoir sa résistance à certains effets de la mondialisation, comme cautionnant en bloc l’oppression des Palestiniens ? Dans ce cas je précise que l’hubris dont se rend coupable le gouvernement de Jérusalem en comptant uniquement sur la force pour régler son conflit avec les Arabes (y compris la Syrie et le Liban) est à la fois moralement injuste et politiquement fatale si l’on considère les choses dans le long terme. Qu’arrivera-t-il quand l’Etat juif ne pourra plus compter sur l’Amérique et qu’il n’y aura ni cargaison d’armes ni zouaves pontificaux pour le sauver ? Il sera noyé dans l’océan arabo-musulman comme la Rome du Pape dans l’Italie unifiée. Conformément à un principe universel de la diplomatie, c’est maintenant, quand ils sont les plus forts, que les Israéliens devraient faire des concessions en vue d’une paix durable.</p>
<p style="text-align: center;"><strong>L&#8217;échange de répliques prend fin</strong></p>
<p style="text-align: left;">J&#8217;ai reçu de la part d&#8217;Alain de Benoist une réponse qui m&#8217;a entièrement satisfait. Ma mise au point amputée de quelques propos désobligants sera insérée dans le prochain numéro d&#8217;<em>Eléments </em></p>
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		<title>Rossellini filme la négation de l&#8217;architecture</title>
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		<pubDate>Mon, 04 Jan 2010 13:59:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mavrakis</dc:creator>
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		<description><![CDATA[En 1977 Roberto Rossellini a réalisé un documentaire sur l’ouverture au public du Centre Pompidou nouvellement construit. Son assistant d’alors, Jacques Grandclaude, nous propose aujourd’hui un triptyque dont le premier volet montre Rossellini sur le chantier. On le voit se pencher sur les problèmes techniques de son métier : l’artiste comme artisan. Dans le deuxième [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">En 1977 Roberto Rossellini a réalisé un documentaire sur l’ouverture au public du Centre Pompidou nouvellement construit. Son assistant d’alors, Jacques Grandclaude, nous propose aujourd’hui un triptyque dont le premier volet montre Rossellini sur le chantier. On le voit se pencher sur les problèmes techniques de son métier : l’artiste comme artisan. Dans le deuxième volet central, nous voyons le résultat fluide et lisse de ce labeur, l’œuvre de Rossellini lui-même. Dans le troisième volet, le cinéaste, filmé cette fois-ci comme penseur, redevient le sujet. Il y défend dans un colloque ses conceptions face à ceux qui l’attaquent. Sa mort intervint peu de temps après.<br />
Depuis trente ans, ce chant du cygne du grand réalisateur italien a été mis sous le boisseau pour plusieurs raisons dont les trois suivantes : 1° il montre les antécédents modernes de l’art contemporain, qui apparaît ainsi comme l’aboutissement d’une histoire ; 2° il rend évidente la trahison de l’art français par ceux qui étaient censés le servir et qui, par snobisme ou intérêt, ont préféré se plier aux prescriptions de New York ; 3° il fait entendre les réactions du public qui à l’époque n’avait pas encore été dressé à se taire respectueusement devant l’art dégradé ou le non-art qu’on lui impose.<br />
Que pensait Rossellini du Centre Pompidou ? Tout indique qu’il aurait esquivé la question si on la lui avait posée. En tant que cinéaste, il se voulait regard objectif. Sa caméra enseigne à voir mais lui-même s’abstient de tout commentaire, attitude qui parut suspecte à un journaliste venu l’interroger. Elle lui faisait subodorer un modernisme tiède, peut-être même des réserves muettes. Or pour le progressisme « contemporain » du grand capital et pour son représentant Pompidou dont l’œil narquois surveillait la scène, il était d’autant plus impératif d’exprimer son enthousiasme que celui-ci était improbable. Talia demonstrare destruere est, « montrer ces choses c’est les détruire » disait Tertullien. Devant une œuvre comme celle de Rogers et Piano, il faut s’extasier avant de regarder. Après, il est trop tard. Le silence sonne désapprobateur comme si les mots manquaient pour dire sa consternation ! Une raison de plus pour que les bureaucrates n’aient pas voulu du documentaire de Rossellini et que les journalistes se soient senti tenus de le prendre à parti.<br />
« L’objectivité n’existe pas lui, lança l’un d’eux. Vous exprimez votre point de vue ». « Je suis objectif en me servant de mes yeux sans avoir besoin des vôtres », lui rétorqua le néo-réaliste qui aurait pu citer Goethe disant « je peux promettre d’être objectif non d’être impartial ». Son film en apparence froid et compassé véhicule une prise de parti au moins implicite. Il commence par une vue d’ensemble de Paris. Au loin se profilent, Notre Dame, le Panthéon, le Sacré-Cœur. On entend les cloches, la caméra s’attarde sur les maisons décrépies du quartier et leurs toits; bref la ville traditionnelle de vieille civilisation. Puis à un moment donné, une grande verticale sombre se découpe à droite qui envahit progressivement le champ et oblitère la variété, la richesse, le pittoresque évocateur d’on ne sait quel tableau de Spitzweg. C’est le Centre Pompidou. On ne peut nier que ce contraste fasse sens et soit voulu.<br />
Il y eut d’autres échanges significatifs entre Rossellini et les journalistes. Fishing for compliments, un de ces plumitifs lui posa des questions visant à lui faire reconnaître « le succès populaire » de Beaubourg. Loin de se laisser manipuler en saisissant la perche, Rossellini mit le phénomène sur le compte d’un trait du caractère parisien. Il cita un artiste qui avait attiré des foules pour avoir su piquer leur curiosité. Le centre Pompidou produit le même effet, insinua-t-il, parce qu’il n’y avait rien qui lui ressemblât dans le monde. En tout cas, au cours de ses nombreux voyages, il n’avait rien vu d’équivalent. Certains penseront que c’est le signe du génie des architectes, d’autres y verront la preuve de ce que le sommeil du souci esthétique engendre des monstres.<br />
Avec plus de trente ans de recul, j’opterai pour le second terme de cette alternative car le Centre Pompidou contrevient aux principes les plus fondamentaux de l’architecture et de l’urbanisme. Comme tout art, la première crée des formes signifiantes et prégnantes, source de satisfaction esthétique. Comme tout art, elle nous parle au moyen d’un langage spécifique dont le vocabulaire est constitué d’un ensemble de motifs transmis durant des siècles, voire de millénaires. Se déployant dans les trois dimensions de l’espace, elle diffère de la sculpture en ce qu’elle abrite un espace intérieur clairement et manifestement séparé de l’extérieur. Beaubourg inflige un démenti emphatique à chacun des ces traits dont l’ensemble définit l’essence de l’architecture. On peut en dire autant de sa fonction en matière d’urbanisme, de ses devoirs envers la ville. Un bâtiment doit s’intégrer à l’ensemble constitué par les édifices voisins ; affaire en quelque sorte de politesse, d’urbanité. Au lieu de quoi Rogers et Piano ont infligé à Paris une incongruité. Ils ont posé sur son visage une verrue.<br />
Pour légitimer le Centre Pompidou, on a comparé les protestations qui l’accueillirent à celles suscitées par le projet de la Tour Eiffel. Or cette dernière structure métallique n’est pas un bâtiment. La distinction entre l’intérieur et l’extérieur, que Rogers et Piano ont seulement affaiblie, n’existe pas du tout dans le cas de la Tour. N’étant pas de même nature que les immeubles qui sont à ses pieds, n’étant pas non plus à la même échelle (elle est dix fois plus haute), elle ne saurait jurer avec eux. Absolument hétérogène à son voisinage, la question de son intégration à celui-ci ne se pose même pas. Ajoutons que son dessin, basé sur deux courbes paraboliques qui tendent à se rejoindre asymptotiquement, est d’une grande élégance. Pour toutes ces raisons, la tour Eifel aussitôt achevée fut acceptée et même appréciée. Il en est allé différemment pour le Centre Pompidou dans lequel aucune considération esthétique n’est discernable. C’est surtout pour cette raison qu’il a été comparé à une raffinerie et pas seulement à cause des tubes et tuyaux dont il est fait. Ce rapprochement et sa réciproque se sont si bien ancrés dans les esprits que récemment le commentateur d’une émission de télévision sur l’industrie pétrolière en Irak qualifiait un ensemble de conduits vivement colorés de « Centre Pompidou du désert ».</p>
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		<title>Controverse sur Rancière</title>
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		<pubDate>Thu, 17 Dec 2009 12:46:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mavrakis</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Alain Badiou]]></category>
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		<category><![CDATA[Roland Barthes]]></category>

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		<description><![CDATA[L&#8217;auteur d&#8217;un blog intitulé Random thoughts m&#8217;attaque violemment pour avoir critiqué un texte de Jacques Rancière où l&#8217;on pouvait lire ceci:
&#171;&#160;pourquoi donc considérer que l&#8217;art en général est en crise si celui qui venait dans un musée voir de la peinture trouve à sa place des tas de vieux habits, des empilements de postes de télévision ou [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">L&#8217;auteur d&#8217;un blog intitulé <em>Random thoughts</em> m&#8217;attaque violemment pour avoir critiqué un texte de Jacques Rancière où l&#8217;on pouvait lire ceci:</p>
<p style="text-align: justify;">&laquo;&nbsp;pourquoi donc considérer que l&#8217;art en général est en crise si celui qui venait dans un musée voir de la peinture trouve à sa place des tas de vieux habits, des empilements de postes de télévision ou des porcs coupés en deux? Et si même on pouvait taxer [tout cela] de nullité [Rancière n'en est pas sür] pourquoi l&#8217;éclipse momentanée d&#8217;un art parmi d&#8217;autres serait-elle la catastrophe de l&#8217;art?&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: justify;">A cela je répondais en ces termes. Ce qui s&#8217;exprime ainsi [...] c&#8217;est le mépris de la peinture [...] Puisque leur art et un parmi d&#8217;autres, qu&#8217;importe le génocide des peintres? De même puisque les Juifs étaient un peuple parmi d&#8217;autres en quoi le reste de l&#8217;humanité est-il atteint par leur disparition? Au dmeurant si tout le monde trouvait normal de voir dans un musée le genre d&#8217;objets qui ne dérangent pas Rancière l&#8217;éclipse de la peinture ne serait pas mompentanée mais définitive. Ce symptôme de barbarie a déjà eu des répercussions sur toute la gamme des créations artistiques. Certains &#8211; mais ce sont des poètes &#8211; l&#8217;ont pressenti : Yves Bonnefoy, par exemple, ou Peter Handke, pour qui &laquo;&nbsp;la perte de l&#8217;image est la plus douloureuse de pertes&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">Mon allusion à la Shoah suscita l&#8217;indignation de l&#8217;auteur du blog cité. Je fus ainsi amené à lui adresser la réponse suivante.</p>
<p style="text-align: justify;">Cher ami,</p>
<p style="text-align: justify;">Eliminer la race des peintres en tant que tels n&#8217;est pas la même chose que les tuer. C&#8217;est entendu. Mais qui dit le contraire? Comparaison, parallélisme, analogie ne signifient pas identification. Les hyperboles ne sont pas à prendre au pied de la lettre. Dois-je préciser que j&#8217;utilise le mot &laquo;&nbsp;race&nbsp;&raquo; à l&#8217;un des sens qu&#8217;il a toujours eu comme vous l&#8217;apprendra un bon dictionnaire? Mon but en recourant à la figure de rhétorique qui vous a tant choqué (à tort) était de secouer le lecteur. Apparemment j&#8217;y suis parvenu. On peut alors passer aux chose sérieuses comme de porter un jugement correct sur le non-art et les thèses de Rancière le concernant. Thèses contre lesquelles je mobilise bien d&#8217;autres arguments et ce, non pas dans un article, comme vous le dites mais dans mon dernier livre: <em>De quoi Badiou est-il le nom? Pour en finir avec le (XXe) Siècle</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">Mon contradicteur ayant à nouveau tenté de me refuter dans une très longue note intitulée &laquo;&nbsp;Duplique&nbsp;&raquo; à laquelle on se reportera sur le blog cité, je lui ai laissé l&#8217;ultime commentaire suivant.</p>
<p><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%;"><span style="font-family: Times New Roman;">Cher Monsieur,</span></span><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%;"><span style="font-family: Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%;"> </span><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%;"><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%;"><span style="font-family: Times New Roman;">Nous partageons des valeurs qui devraient rendre notre controverse inutile. Ne rendons pas principale une contradiction secondaire, comme disait Mao et ne perdons pas de vue les problèmes de fond sur lesquels il semble que nous soyons proches. En vous répondant une dernière fois je ne vise qu’à dissiper des malentendus. </span></span><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%;"><span style="font-family: Times New Roman;">Passons rapidement sur trois premiers points : </span></span></span></p>
<p><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%;"><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%;"><span style="font-family: Times New Roman;">1. Le<span>  </span>syntagme « de même » introduit dans mon texte un simple parallélisme. </span></span></span></p>
<p><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%;"><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%;"><span style="font-family: Times New Roman;">2. Vous assimilez l’hyperbole à l’exagération. Or la première peut être justifiée, jamais la seconde. </span></span></span></p>
<p><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%;"><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%;"><span style="font-family: Times New Roman;">3. Le philosophe ne doit pas dédaigner les fleurs de la rhétorique. Elles assurent la bonne transmission des idées tout comme en art la forme contribue à communiquer le contenu.</span></span></span></p>
<p><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%;"><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%;"><span style="font-family: Times New Roman;">4. Vous imaginez un contradicteur qui retournerait contre moi une argumentation homologue à la mienne. Il aurait tort, dites-vous. Certes, mais pour une raison de fond, nullement à cause du procédé rhétorique. Dans mon livre <em>Pour l’Art. Eclipse et renouveau</em> j’ai montré qu’on peut distinguer l’art du non-art qui en est non le contraire mais l’inverse au sens de Badiou (ce qui n’a rien de commun avec ce dont il est l’inverse). La substitution du non-art à l’art dans le domaine de la peinture et de la sculpture qui entraîna l’élimination des artistes dans ces deux disciplines est criminelle purement et simplement (sans hyperbole). Je sais de quoi je parle étant un survivant de ce forfait. Très naturellement je souhaite que cette usurpation d’identité prenne fin. Suis-je semblable à un génocidaire ? La réponse à cette question peut être oui ou non. Cela dépend. L’argumentation de mon contradicteur fictif n’est pas « ridicule ». Elle présuppose seulement que le non-art a une haute valeur artistique. A cette condition elle est irréprochable. En revanche on la rejettera si l’on tient son présupposé pour faux et même absurde. Ce qui est le cas.</span></span></span></p>
<p><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%;"><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%;"><span style="font-family: Times New Roman;">5. Dans &laquo;&nbsp;La préparation du roman&nbsp;&raquo; Roland Barthes, évoquant la menace de dépérissement ou d&#8217;extinction qui pèse sur la littérature, parle d&#8217;&nbsp;&raquo;une sorte de génocide spirituel&nbsp;&raquo;. A l&#8217;avenir vous adresserez vos reproches acerbes à Roland Barthes.</span></span></span></p>
<p><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%;"><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%;"><span style="font-family: Times New Roman;">Ai-je été trop sévère à l’égard de Rancière notamment au sujet de son mépris de la peinture ? Pour en juger, il faut lire les pages 66-72 de mon livre sur Badiou dans lesquelles je cite Rancière comparant les tableaux du Louvre à des alignements de portraits de famille. </span></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
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		<title>De quoi Badiou est-il le nom ?</title>
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		<pubDate>Mon, 09 Nov 2009 12:44:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mavrakis</dc:creator>
				<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[Alain Badiou]]></category>
		<category><![CDATA[Eric Marty]]></category>
		<category><![CDATA[inesthétique]]></category>
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		<description><![CDATA[    Le nouveau livre de Kostas Mavrakis
 
 
 De quoi Badiou est-il le nom ? 
     Pour en finir avec le (XXe)Siècle 
 
      COMMUNIQUE DE PRESSE 
Ce livre intervient dans une conjoncture éminemment favorable à sa réception. Le sous-titre fait allusion à un ouvrage intitulé Le Siècle publié en 2005 par Alain Badiou. Il s’agit d’un penseur d’envergure [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><span style="line-height: 150%; font-size: 14pt;"><span style="font-family: 'Times New Roman';"><a rel="attachment wp-att-61" href="http://www.kostasmavrakis.fr/2009/11/09/mon-nouveau-livre/badiou/"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-61" title="Badiou" src="http://www.kostasmavrakis.fr/wp-content/uploads/2009/11/Badiou-150x150.jpg" alt="De quoi Badiou est-il le nom ? Pour en finir avec le (XXe)Siècle." width="150" height="150" /></a>    Le nouveau livre de Kostas Mavrakis</span></span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: center; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt 14.2pt;"><span style="font-family: 'Times New Roman';"><strong><em><span style="line-height: 150%; font-size: 20pt;"> </span></em></strong></span></p>
<p><span style="font-family: 'Times New Roman';"><strong><em><span style="line-height: 150%; font-size: 20pt;"> </span></em></strong></span></p>
<p><span style="font-family: 'Times New Roman';"><strong><em><span style="line-height: 150%; font-size: 20pt;"> </span></em></strong></span><span style="font-family: 'Times New Roman';"><strong><em><span style="line-height: 150%; font-size: 20pt;">De quoi Badiou est-il le nom ? </span></em></strong></span></p>
<p><span style="font-family: 'Times New Roman';"><strong><em><span style="line-height: 150%; font-size: 20pt;"> </span></em></strong><em><span style="line-height: 150%; font-size: 20pt;"> </span></em></span><span style="font-family: 'Times New Roman';"><strong><em><span style="line-height: 150%; font-size: 16pt;">   Pour en finir avec le (XX<sup>e</sup>)Siècle</span></em></strong><strong><span style="line-height: 150%; font-size: 16pt;"> </span></strong></span></p>
<p><span style="font-family: 'Times New Roman';"><strong><span style="line-height: 150%; font-size: 16pt;"> </span></strong></span></p>
<p><span style="font-family: 'Times New Roman';"><strong><span style="line-height: 150%; font-size: 16pt;"> </span></strong></span><span style="font-family: 'Times New Roman';"><strong> </strong></span><span style="font-size: 11pt;"><span style="font-family: 'Times New Roman';"><strong> </strong></span></span><span style="font-size: 11pt;"><span style="font-family: 'Times New Roman';"><strong>   COMMUNIQUE DE PRESSE</strong> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><span style="font-size: 11pt;"><span style="font-family: 'Times New Roman';">Ce livre intervient dans une conjoncture éminemment favorable à sa réception. Le sous-titre fait allusion à un ouvrage intitulé <em>Le Siècle</em> publié en 2005 par Alain Badiou. Il s’agit d’un penseur d’envergure longtemps méconnu qu’un pamphlet contre Sarkozy a rendu récemment célèbre. Partisan d’une violence illimitée pour peu qu’elle se pare d’oripeaux « révolutionnaires », il excuse Staline, admire Mao Tsé-toung, fait l’apologie de la révolution culturelle et réserve ses traits aux « nouveaux philosophes » qui ont dénoncé le goulag. On peut sans être injuste le qualifier de<span> </span>maoïste fossile conservé dans la strate sédimentaire des années soixante.</span></span><span style="font-size: 11pt;"><span style="font-family: 'Times New Roman';">Les ouvrages proprement philosophiques de Badiou sont difficiles car il identifie l’ontologie aux mathématiques et mobilise celles-ci pour étayer indûment toutes sortes de thèses en matière de politique, de syndicalisme ou d’amour. Cela fait que personne ne se risque à les discuter. Kostas Mavrakis, longtemps disciple et camarade de Badiou, ne s’est pas laissé intimider. Armé d’une connaissance interne de sa pensée, il soumet celle-ci à une critique sévère mais courtoise qui rend clair ce qui semblait obscur. La motivation initiale de Mavrakis était la défense de l’art mais de fil en aiguille il a découvert les failles d’un discours dont l’ambition systématique est de couvrir tout le champ du savoir : métaphysique, éthique, esthétique, épistémologie, même si Badiou ne se sert le plus souvent de ces mots qu’en forme de dénégation. </span></span><span style="font-size: 11pt;"><span style="font-family: 'Times New Roman';">Le livre de Mavrakis sera le bienvenu pour ceux que les outrances des positions politiques de Badiou exaspèrent tout en fournissant à ses partisans inconditionnels un contrepoids et d’utiles éléments de réflexion. Chacun pourra vérifier la pertinence des critiques de l’auteur en prenant connaissance de l’annexe II, consacrée à un échange de lettres avec Badiou à propos d’un article paru il y a quelques mois qui le prenait à partie.</span></span><span style="font-variant: small-caps; font-family: Garamond; font-size: 11pt;"> </span></p>
<p><strong> </strong><strong><span style="font-variant: small-caps; font-family: Garamond; font-size: 10pt;"><strong> </strong></span></strong><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong><strong><span style="font-variant: small-caps; font-family: Garamond; font-size: 10pt;"><strong> </strong><strong><span style="font-variant: small-caps; font-family: Garamond; font-size: 10pt;"><strong><span style="font-variant: small-caps; font-family: Garamond; font-size: 14pt;">Table des matières</span></strong><span style="font-family: Garamond; font-size: 10pt;"> </span></span></strong></span></strong></p>
<table class="MsoNormalTable" style="margin: auto auto auto 67.2pt; border-collapse: collapse;" border="0" cellspacing="0" cellpadding="0">
<tbody>
<tr>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 275.1pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="367" valign="top"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">Préambule </span></td>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 26.3pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="35" valign="bottom"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">5 </span></td>
</tr>
<tr>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 275.1pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="367" valign="top"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">Avertissement</span></td>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 26.3pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="35" valign="bottom"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">9</span></td>
</tr>
<tr>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 275.1pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="367" valign="top"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">I.<span> </span><strong>Un rebelle autoritaire et conformiste</strong></span></span></td>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 26.3pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="35" valign="bottom"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">11</span></td>
</tr>
<tr>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 275.1pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="367" valign="top"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">II.<span> </span><strong>Israël contre l’universalisme extrémiste</strong></span></span></td>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 26.3pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="35" valign="bottom"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">21</span></td>
</tr>
<tr>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 275.1pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="367" valign="top"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">1. La polémique Éric Marty &#8211; Alain Badiou</span></td>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 26.3pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="35" valign="bottom"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">22</span></td>
</tr>
<tr>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 275.1pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="367" valign="top"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">2. Portées du mot « juif »</span></td>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 26.3pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="35" valign="bottom"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">24</span></td>
</tr>
<tr>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 275.1pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="367" valign="top"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">3. Le droit d’Israël à l’existence</span></td>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 26.3pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="35" valign="bottom"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">27</span></td>
</tr>
<tr>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 275.1pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="367" valign="top"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">III. <strong>Saint Paul et la « mort de Dieu »</strong></span></span></td>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 26.3pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="35" valign="bottom"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">33</span></td>
</tr>
<tr>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 275.1pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="367" valign="top"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">IV. <strong>Qu’est-ce que l’universalisme ?</strong></span></span></td>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 26.3pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="35" valign="bottom"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">41</span></td>
</tr>
<tr>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 275.1pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="367" valign="top"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">V. <strong>Badiou philosophe : quelques repères</strong></span></span></td>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 26.3pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="35" valign="bottom"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">47</span></td>
</tr>
<tr>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 275.1pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="367" valign="top">
<div><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">1. L’Être et </span><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">la Vérité</span></div>
</td>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 26.3pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="35" valign="bottom"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">47</span></td>
</tr>
<tr>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 275.1pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="367" valign="top"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">2. Un matérialisme dialectique cartésien ?</span></td>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 26.3pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="35" valign="bottom"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">51</span></td>
</tr>
<tr>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 275.1pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="367" valign="top"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">VI. <strong>De l’inesthétique à l’anti-esthétique</strong></span></span></td>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 26.3pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="35" valign="bottom"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">55</span></td>
</tr>
<tr>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 275.1pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="367" valign="top"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">VII.<span> </span><strong>Le non-art ou la nouvelle trahison des clercs</strong></span></span></td>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 26.3pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="35" valign="bottom"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">63</span></td>
</tr>
<tr>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 275.1pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="367" valign="top"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">1. Le snobisme théoricien</span></td>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 26.3pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="35" valign="bottom"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">63</span></td>
</tr>
<tr>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 275.1pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="367" valign="top"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">2. Jacques Rancière : à la recherche de l’art subversif</span></td>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 26.3pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="35" valign="bottom"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">66</span></td>
</tr>
<tr>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 275.1pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="367" valign="top"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">3. <em>Le Siècle</em> d’Alain Badiou</span></td>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 26.3pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="35" valign="bottom"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">72</span></td>
</tr>
<tr>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 275.1pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="367" valign="top"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">VIII. <strong>Vous serez comme des dieux</strong></span></span></td>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 26.3pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="35" valign="bottom"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">87</span></td>
</tr>
<tr>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 275.1pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="367" valign="top"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">Annexe I. <strong>Bévues mineures d’un philosophe majeur</strong></span></span></td>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 26.3pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="35" valign="bottom"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">101</span></td>
</tr>
<tr>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 275.1pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="367" valign="top"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">Annexe II. <strong>Un échange de lettres avec Alain Badiou</strong></span></td>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 26.3pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="35" valign="bottom"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">105</span></td>
</tr>
<tr>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 275.1pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="367" valign="top"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">Bibliographie sommaire</span></span></td>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 26.3pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="35" valign="bottom"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">117</span></td>
</tr>
<tr>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 275.1pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="367" valign="top"><em><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">Index Nominum</span></em></td>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 26.3pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="35" valign="bottom"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">121</span></td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p><strong> </strong></p>
<h2><span style="font-family: Garamond;">Q</span><span style="font-family: Garamond;">uatrième de couverture</span></h2>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">Badiou est le nom oxymorique d’un libéralisme autoritaire, maoïste et moderniste. Il est aussi le nom d’un philosophe non négligeable sur lequel on peut s’appuyer pour combattre les mauvaises causes dans lesquelles il s’est fourvoyé. C’est ce qu’entreprend Kostas Mavrakis en poursuivant son frère ennemi dans les domaines de la politique, de l’esthétique et de la religion. Il étudie ce faisant les grands problèmes étroitement liés entre eux qui se posent à la pensée contemporaine. Comment définir l’art et le non-art qui en tient lieu aujourd’hui ? Peut-on encore envisager une politique volontariste de civilisation permettant au peuple de prendre en main son destin ? Quel serait le rapport d’une telle politique au fondement ultime des valeurs ? En quel sens notre survie en dépend-elle ? Sur tous ces points Kostas Mavrakis ne se contente pas de réfuter méthodiquement les thèses d’Alain Badiou, il propose des voies susceptibles de nous aider à surmonter les contradictions et les apories d’une pensée emblématique du nihilisme (post)moderne.</span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;"><em><span style="font-family: 'Arial Narrow'; font-size: 10pt;">Docteur en philosophie et en arts plastiques, peintre, ancien maître de conférences au département de philosophie de l’université de Paris VIII, Kostas Mavrakis fut l’animateur dans les années 70 de la revue maoïste </span></em><span style="font-family: 'Arial Narrow'; font-size: 10pt;">Théorie et Politique<em>. Il a publié des livres sur le trotskysme, la politique étrangère dela Chine, l’art et le non-art ainsi qu’une soixantaine d’articles. </em></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;"><span style="font-family: 'Arial Narrow'; font-size: 10pt;"><em> </em></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
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		<title>Daphné Du Barry à Monte-Carlo</title>
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		<pubDate>Tue, 28 Apr 2009 12:13:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mavrakis</dc:creator>
				<category><![CDATA[culture]]></category>

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		<description><![CDATA[Je me dois de vous signaler une manifestation qui mérite le détour et même le voyage. Le mardi 5 mai sera inauguré sous le patronage du Prince Albert de Monaco une exposition des bronzes monumentaux de Daphné Du Barry dans l’Atrium du Casino de Monte-Carlo. Ces sculptures magnifiques seront également disposées sur la place et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="margin: 0cm 0cm 0pt 14.2pt; text-align: justify"><span style="font-size: 15px" class="Apple-style-span">Je me dois de vous signaler une manifestation qui mérite le détour et même le voyage. Le mardi 5 mai sera inauguré sous le patronage du Prince Albert de Monaco une exposition des bronzes monumentaux de Daphné Du Barry dans l’Atrium du Casino de Monte-Carlo. Ces sculptures magnifiques seront également disposées sur la place et les jardins du Casino. Déjà les foules se pressent autour des engins de levage et manifestent leur jubilation à la vue des œuvres qui sont mises progressivement en place. Celles-ci surprennent tant elles diffèrent du non-art contemporain par leur proximité au grand art de toujours. C’est une occasion rare de constater que la sculpture de notre temps peut créer une beauté nouvelle en respectant les préceptes de notre tradition millénaire. On pourra tourner autour de <em>L’aguicheuse</em>, ce nu à la fraîcheur épanouie qui figure en couverture de la monographie de Daphné Du Barry intitulée <em>Le Bronze et la Beauté, </em>on y découvrira le sublime <em>saint Jean- Baptiste</em> de Malte et l’héroïque <em>Montluc</em> de Sienne ainsi que des créations nouvelles comme <em>La Vierge « del Pollino » </em>pour le sanctuaire de Matera en Italie du sud ainsi qu’un ange qui sera érigé sur le campanile d’une église baptiste près de Boston. <em><span> </span></em><span>  </span><span> </span></span></p>
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		<title>Le Salon avait du bon</title>
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		<pubDate>Sat, 07 Feb 2009 13:00:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mavrakis</dc:creator>
				<category><![CDATA[culture]]></category>

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Pour le peintre mieux vaut travailler à une époque où le « Déjeuner sur l’herbe » est injustement écarté du Salon par un jury appliquant ses critères esthétiques avec étroitesse d’esprit que d’endurer des temps où il n’y a pas de critères du tout.
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			<content:encoded><![CDATA[<p style="margin: 0cm 0cm 0pt 14.2pt; text-align: justify"><strong><span style="color: black"></span></strong></p>
<p><span style="font-size: 11pt; color: black"></span><span style="font-size: 11pt; color: black"><font face="Times New Roman">Pour le peintre mieux vaut travailler à une époque où le « Déjeuner sur l’herbe » est injustement écarté du Salon par un jury appliquant ses critères esthétiques avec étroitesse d’esprit que d’endurer des temps où il n’y a pas de critères du tout.</font></span></p>
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		<title>Les Koons à Versailles</title>
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		<pubDate>Fri, 10 Oct 2008 20:34:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mavrakis</dc:creator>
				<category><![CDATA[culture]]></category>

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		<description><![CDATA[L&#8217;article qui suit a été publié dans Monde et Vie, n° 799 (30 sept. 2008). J&#8217;y ai ajouté quelques informations significatives qui amuseront (ou attriste-ront) le lecteur.
Ce qu’on devrait nommer non-art s’étale au Louvre, au musée Rodin, au château de Fontainebleau et au palais de Versailles sans compter des expositions plus anciennes à Saint-Etienne-du-Mont et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_122" class="wp-caption alignleft" style="width: 160px"><a rel="attachment wp-att-122" href="http://www.kostasmavrakis.fr/2008/10/10/les-koons-a-versailles/koonsversailles/"><img class="size-thumbnail wp-image-122" title="KoonsVersailles" src="http://www.kostasmavrakis.fr/wp-content/uploads/2009/12/KoonsVersailles-150x112.jpg" alt="Hanging Heart de Jeff Koons au château de Versailles" width="150" height="112" /></a><p class="wp-caption-text">Jeff Koons au château de Versailles</p></div>
<p><em>L&#8217;article qui suit a été publié dans Monde et Vie, n° 799 (30 sept. 2008). J&#8217;y ai ajouté quelques informations significatives qui amuseront (ou attriste-ront) le lecteur.</em></p>
<p>Ce qu’on devrait nommer non-art s’étale au Louvre, au musée Rodin, au château de Fontainebleau et au palais de Versailles sans compter des expositions plus anciennes à Saint-Etienne-du-Mont et Saint-Eustache. Il y est invité par les autorités de l’Etat et de l’Eglise qui se gardent bien d’accorder ce privilège aux artistes véritables, condamnés à une sorte de clandestinité. Comment expliquer un phénomène aussi étrange et qui sans doute, un jour, paraîtra monstrueux ?</p>
<p>Après avoir consacré des milliards en France et dans le monde à la construction de musées du prétendu « art contemporain », les tenants de cette supercherie ont dû se rendre à l’évidence : le public cultivé déserte ces espaces. La solution qu’ils ont trouvée à leur problème de fréquentation a été de coloniser et de parasiter les hauts lieux du grand art traditionnel. De la sorte, ils peuvent aussi insinuer l’idée que le non-art est de l’art au même titre que celui d’autrefois avec l’avantage d’être contemporain. Cette propagande est bien éloignée de la vérité car l’art contemporain est centenaire et prend le contre-pied de l&#8217;art.</p>
<p>L’identification du non-art à l’art est une usurpation d’identité grâce à laquelle le premier se substitue au second afin de l’éliminer car il ne peut en supporter la concurrence pas plus que les ténèbres ne peuvent subsister en présence de la lumière.Le monde du non-art s’est hissé à sa position dominante en s’appuyant sur des caractéristiques d’une époque où plus que jamais règne l’argent. Jadis une œuvre d’art était recherchée parce qu’elle était source de délectation esthétique. Aujourd’hui on lui attribue de la valeur parce qu’elle coûte cher. Il y a confusion de la valeur d’échange avec la valeur d’usage. C’est bien commode pour les béotiens fortunés car pour apprécier les objets « art contemporain », il suffit de savoir compter, alors que discerner le remarquable du médiocre dans l’art proprement dit exige du goût et de la culture.</p>
<p>La cote du non-art est maintenue grâce à la conjonction de trois tendances prédominantes chez ses acquéreurs. Ce sont avant tout de nouveaux riches collectionneurs, joueurs et snob. Se fixer sur n’importe quel objet indépendamment de sa valeur réelle est typique de la manie du collectionneur. Le joueur, quant à lui, veut gagner beaucoup et vite. S’il peut influencer la chance parce qu’il détient certaines informations ou parce qu’il peut créer certains événements c’est mieux que de jouer à la roulette. Il devient alors spéculateur. La spéculation sur l’art contemporain est celle qui, pour quelques-uns, présente le moins de risques tout en étant la plus gratifiante parce qu’elle flatte leur snobisme. Daniel Buren l’a reconnu candidement dans une interview au <em>Monde</em> du 25 juillet : « La seule façon pour un nouveau riche de passer la barrière infranchissable de l’<em>establishment</em>, c’est d’y entrer par le biais du monde de l’art. Celui qui donnait dix œuvres au Musée d’art moderne de New York pouvait dîner à côté de Rockfeller » (fondateur du musée). Pour faire fonctionner les réflexes du snobisme; pour faire saliver au bon moment les chiens de Pavlov, il fallait cependant un conditionnement préalable. Il fut assuré par le discours habile des avant-gardistes qui commencèrent par persuader les philistins bourgeois que plus une œuvre s’éloignait de la conception canonique de l’art plus elle était géniale. Dans un second temps, ils ont exploité la peur panique des politiciens de ne pas être assez modernes, assez avancés. En effet, chez le snob, rien ne rend bête comme la peur de le paraître.</p>
<p>Cette situation ne durera pas toujours. L’idole de la modernité est vouée à la faillite comme les précédentes, par exemple le communisme lui aussi fondée sur la croyance au productivisme et au progrès qu’il apporterait. Un progrès dont on voit qu’il détruit la planète. En attendant, l’Etat, loin de mener une « politique de civilisation », propage la barbarie en prenant en otage les visiteurs de Versailles. Les princes qui nous gouvernent se sentent apparemment obligés de promouvoir des charlatans à cause des intérêts colossaux en jeu : qu’on songe aux milliards qui partiraient en fumée si l’on reconnaissait que le roi est nu et que le non-art est du non-art au grand dam de MM Pinault, Arnault, Saatchi, Ludwig et compagnie.</p>
<p><strong> Kostas Mavrakis</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>non-art, anti-art, avant-garde, modernisme, figuration, mimésis, Philippe Dagen</p>
<p>Je ne suis pas lecteur du <em>Canard </em>enchaîné mais peut-être ai-je tort. L’amie, Christine Sourgins, m’a envoyé une coupure de ce journal en date du 24 septembre 2008 dans laquelle un article intitulé : « Arrête de faire le Koons ! » nous apprend que Monsieur Denis Verdier-Magneau directeur du « développement culturel » du château de Versailles a mis en garde les guides et interprètes professionnels contre toute critique de l’exposition Jeff Koons. Dans sa missive comminatoire le bureaucrate précise que « si nous venions à constater que les propos des personnes habilitées à exercer un droit de parole […] étaient irrespectueux à l’égard des choix culturels de l’EPV (Etablissement public de Versailles) nous nous verrions dans l’obligation de leur restreindre l’accès au  musée et au domaine national de Versailles ». Ce qui priverait automatiquement lesdites personnes de leur gagne pain.</p>
<p>Le <em>Canard</em> conclut par ces mots « Et ceux qui persistent à se gausser du nouvel art officiel, au goulag ! » Croire que nous vivons en démocratie est une erreur en effet puisque dans un domaine public certains sont habilités à exercer un droit de parole et d&#8217;autres non. Pour que nul ne s’y trompe l’administration de l’EPV a supprimé le livre d’or sur lequel il aurait été loisible aux visiteurs d’exprimer leur avis sur  l’exposition Koons. Eux aussi sont fermement invités à se taire. Surtout ne pas contrarier le milliardaire Pinault grand collectionneur de Koons devant l’éternel dont la commissaire de l&#8217;exposition a été la salariée. Ah! si tous les journalistes faisaient preuve de la même liberté que Peter Plagens. Se référant au <em>Coeur suspendu</em> dans le <em>Time</em> du 22 décembre 2008 il ironisait <em>sur</em> &laquo;&nbsp;les clichés fades&nbsp;&raquo; et la &laquo;&nbsp;babiole pour la saint Valentin&nbsp;&raquo; en acier fabriquée dans l&#8217;usine de Jeff Koons où s&#8217;affairent 80 ouvriers.</p>
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