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	<title>Kostas Mavrakis &#187; culture</title>
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	<description>Chronique (et critique) de l&#039;art et du non-art</description>
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		<title>Avec Oskar Freysinger (suite II)</title>
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		<pubDate>Thu, 22 Dec 2011 11:15:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mavrakis</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Jean Robin :  Mozart et Léonard de Vinci ont  eu des mécènes. Aujourd’hui le financement par l’Etat est gratuit, sans souci de retour sur investissement. L’Etat peut se le permettre puisque ses largesses se font avec l’argent du contribuable.
K. M. : Vous supposez qu’il n’y a aucun lien entre le monde de l’argent, auquel appartiennent les mégacollectionneurs, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Jean Robin</strong> : <em> Mozart et Léonard de Vinci ont  eu des mécènes. Aujourd’hui le financement par l’Etat est gratuit, sans souci de retour sur investissement. L’Etat peut se le permettre puisque ses largesses se font avec l’argent du contribuable</em>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>K. M</strong>. : Vous supposez qu’il n’y a aucun lien entre le monde de l’argent, auquel appartiennent les mégacollectionneurs, et celui des politiciens. Or les  intérêts qui soutiennent le non-art sont les mêmes dont dépendent les hommes qui alternent au sommet de l’Etat  Celui qui se mettrait à dos de grands capitaines d’industrie comme Pinault et Arnault n’aurait aucun avenir. Qui financerait ses campagnes électorales ?</p>
<p style="text-align: justify;"> <strong>J. R.</strong> : <em> C’est nous qui les finançons depuis la loi de 1995</em>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>K. M</strong>. : En partie seulement. Quand on apprend que tout récemment encore Liliane Béttencourt distribuait des enveloppes bien garnies …</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>J. R.</strong> : <em>C’était illégal</em>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>K. M</strong>. : Certes, mais pas exceptionnel. Il y eut aussi l’affaire des rétrocommissions dont l’annulation fut payée par l’attentat de Karachi et les dons généreux (mais non désintéressés) des potentats africains tel Bongo. Tous les politiciens reçoivent légalement de l’argent sur les fonds publics mais ceux qui bénéficient de quelques extras en marge de la loi sont avantagés. Il y a cependant autre chose qui est plus fondamental. Les très riches ont barre sur les médias auxquels ils peuvent accorder ou refuser leurs campagnes publicitaires. A leur tour, les médias tiennent à leur botte les hommes politiques. En Angleterre, ces derniers rampaient devant Rupert Murdoch et fermaient les yeux sur ses méfaits parce que leur réélection dépendait de lui. Les responsables de la police, à qui on avait graissé la patte, s’abstenaient d’enquêter sur les délits commis par cette presse de caniveau. Un vaste réseau de complicités enserre la vie publique en France comme ailleurs. On pourrait se dire : quel mal à cela ? Après tout, depuis que le monde existe, c’est le petit nombre qui gouverne. Même l’illégalité, la corruption, le favoritisme ne sont pas une raison de se gendarmer car, à petite dose, ces abus mettent de l’huile dans les rouages comme le remarque Mère Courage dans la pièce éponyme de Brecht.</p>
<p style="text-align: justify;">Si cette façon de voir un peu cynique se justifie alors on comprend que les conflits d’intérêts apparaissent comme des peccadilles qui n’offusquent personne. On connaît le cas de cet ancien ministre nommé par Sarkozy à la tête de l’établissement public du château de Versailles qui en profita pour offrir un somptueux cadeau à son ancien employeur, Pinault, en exposant dans la galerie des glaces et les appartements royaux le non-art de  Koons. Ses objets kitsch  ont vu  leur cote grimper encore plus à la suite de ce coup de pub gratuit. Apprenez, si vous ne le savez déjà, que Pinault est une des principaux collectionneurs de Koons. Un renvoi d’ascenseur était sans doute escompté. Ce fut la nomination à la tête de la fondation Pinault à Venise (<em>Palazzo Grassi</em> et <em>Dogana</em>) de l’«ami » de Jacques ’Aillagon, Martin Béthenot ( On trouvera dans mon blog plus d’informations sur cette affaire Koons-Murakami).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>O. F.</strong> : <em> A l’époque de Mozart qu’était le retour sur investissement ?</em> </p>
<p style="text-align: justify;"><strong>J. R.</strong> : <em> Le prestige</em>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>O. F</strong>. : <em>Ce n’était pas un avantage financier. Il y avait des contraintes par rapport à l’œuvre qui conservait sa vertu éducative. Aujourd’hui l’art doit se vendre à la plus grande masse possible</em>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>K. M</strong>. : Il faut distinguer entre les disciplines artistiques. Certaines, qui nécessitent un public de masse, sont restées vivantes vaille que vaille. C’est le cas du cinéma, qui doit faire des entrées, ou du roman, qui doit vendre des exemplaires en nombre suffisant. Du coup, l’artiste ne peut mépriser son public pour faire le malin. Il doit l’émouvoir et lui plaire ce qui, selon Molière, est « la règle de toutes les règles ». Il n’en va pas de même pour les arts dits « plastiques » ou pour l’architecture, dont aucune œuvre ne se donne comme vraiment multiple même s’il peut y en avoir plusieurs versions. Les modalités de production, de diffusion et de consécration sont très différentes dans les arts en question qui n’ont pas besoin d’un public payant de masse et peuvent se contenter d’un public de snobs et de rares et richissimes acheteurs. Voilà pourquoi l’avant-gardisme et le non-art n’ont pas sévi partout, et que certains arts subsistent (quoiqu’à un niveau dégradé) en ayant conservé leurs critères d’excellence, alors que les autres sont quasiment morts. Non qu’il n’y ait pas toujours des peintres et des sculpteurs authentiques, simplement les médias les ignorent délibérément. Tout se passe comme s’ils n’existaient pas. Les intérêts qui sponsorisent le non-art directement ou par l’intermédiaire des institutions de l’Etat, ont les moyens de bannir radicalement l’art en commençant par l’interdiction d’en parler dans les médias</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>J. R.</strong> : <em>Est-ce que vous pensez que la perte de sens est liée à la déchristianisation ?</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>K. M</strong>. : Il n’y a jamais eu de civilisation sans religion. Donc si celle-ci recule ou dépérit, ce n’est pas bon pour l’art.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>J. R. </strong>:<em> L’imagination ne pourrait-elle suffire ? </em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>O. F.</strong> : L’imagination est aussi diverse et variée que les individus. Elle ne saurait fédérer une communauté.                 </p>
<p style="text-align: justify;"><strong>J. R.</strong> : <em>Quelle solution appelez-vous de vos vœux ?</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>K. M</strong>. : Une solution doit être réaliste, faute de quoi ce n’est pas une solution. Elle doit donc partir des faits objectifs. J’en vois deux en considérant les choses du point qui m’importe le plus. 1° le capitalisme, forme particulière de l’oligarchie de toujours, a détruit au vingtième siècle l’art et la civilisation ; 2° il s’acharne maintenant à détruire la planète. Il fait cela non pas en obéissant à de mauvaises intentions mais parce que dès le début telle était sa nature ou, si l’on veut, sa logique à savoir de fonctionner selon un cycle de « reproduction élargie » (Marx), contrairement aux sociétés antérieures dont l’économie suivait un cycle de reproduction simple. Il s’en suit que le capitalisme tend vers l’infini ce qui est incompatible avec le caractère limité de notre terre donc avec les conditions d’existence matérielle de l’humanité. On ne peut donner le coup d’arrêt indispensable à ce processus désastreux qu’en s’attaquant à sa cause, le capitalisme, qui est aussi celle du déclin de l’art et de la civilisation.     </p>
<p style="text-align: justify;">En disant cela je suis sûr de soulever des protestations. Ne suis-je pas un Don Quichotte chez qui le ridicule le disputerait à l’odieux ? Pourtant je continue à me tenir sur le terrain du réalisme le plus rigoureux. « Les civilisations sont mortelles », disait Paul Valery mais le capitalisme qui a tué la nôtre ne l’est pas moins. L’époque de l’énergie bon marché n’est plus. L’époque où les métaux et autres matières premières étaient abondants et faciles à extraire aussi.  La globalisation aura pour conséquence que la loi des rendements décroissants frappera tous les pays. Après le Japon, après l’Europe, c’est déjà le tour des Etats Unis. L’Inde et la Chine suivront. Notre avenir ne sera pas celui d’une évolution lente et graduelle. L’histoire de la terre et l’histoire de l’humanité nous apprennent que les changements ont lieu brusquement quand un seuil ou un point de basculement est atteint. Agir maintenant, quitte à ce que ce soit au détriment des intérêts immédiats du capital, est impossible. Cela coûterait trop cher, nous dit-on.  Ne rien faire  comme semblent l’avoir décidé tous les chefs d’Etat est possible mais coûtera (et coûte déjà) mille fois plus. Conclusion, le réalisme aujourd’hui  consiste à exiger l’impossible. Puisque déjà sont apparus sur le mur les signes (<em>Mané, Thékel, Pharès)</em> annonciateurs de la fin de notre système économique et social et que cette fin est indépendante de notre volonté ou de nos incantations (les Don Quichotte sont ceux qui pensent le contraire), il faudrait peut-être réfléchir à ce qui pourrait remplacer ce type de société. Je suis certain que ce monde différent, favorable à la vie, le serait aussi à l’art et à la civilisation …</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>J.  R</strong>. : <em>… et à la qualité</em>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>K. M</strong>. : Il faudra consommer moins et autrement, en mettant l’accent sur la qualité plutôt que sur la quantité. On ne peut tolérer que les fabricants s’entendent entre eux pour produire des appareils dont l’obsolescence est programmée.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>O. F.</strong> : <em>Il y aura une crise économique mondiale. Le système va s’effondrer. Malheureusement l’être humain n’est pas capable de renoncer à quoi que ce soit avant d’y être contraint par la réalité</em>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>J. R. </strong>: <em>C’est la technique</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>O. F.</strong> : <em>L’être humain ne s’arrête jamais à midi moins cinq. Il va jusqu’à midi cinq. Il faut que la catastrophe arrive comme lors de la deuxième guerre mondiale. Peut-être que cette crise sera pour lui  une chance de parvenir à une autre logique imposée par le mécanisme même qui a engendré la crise.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>K. M.</strong> Vous avez, Jean Robin, prononcé le mot « technique » et vous, Oskar Freisinger, le mot « mécanisme ». Cela me fait penser que les hommes, loin de commander à la technique, en sont de simples fonctionnaires. De la vient la difficulté pour les décideurs de décider et de maîtriser quoi que ce soit. Parmi les intellectuels de gauche, on suce et resuce le mot fétiche « émancipation ». Pour l’homme d’aujourd’hui, l’émancipation suprême serait celle qui le détacherait du joug de la technique dont il attend tout alors qu’elle lui réserve le pire. Cela pourrait être le thème  d’une autre discussion. </p>
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		<title>Avec Oskar Freysinger (suite)</title>
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		<pubDate>Sat, 17 Dec 2011 22:48:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mavrakis</dc:creator>
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		<description><![CDATA[ &#171;&#160;Serf ce peuple bâtissait des cathédrales, émancipé il ne construit que des horreurs&#160;&#187;
Cioran
Je remercie Jean Robin pour cette citation.
 
Freysinger défend la conception romantico-anarchiste selon laquelle l’art est antinomique au pouvoir sauf l’art baroque qui serait à l’origine de tous les maux. Si je m’étais permis de l’interrompre j’aurais pris la défense du baroque et notamment [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> <em>&laquo;&nbsp;Serf ce peuple bâtissait des cathédrales, émancipé il ne construit que des horreurs&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: right;"><strong><em>Ci</em>oran</strong></p>
<p style="text-align: right;"><em>Je remercie Jean Robin pour cette citation.</em></p>
<p> </p>
<p>Freysinger défend la conception romantico-anarchiste selon laquelle l’art est antinomique au pouvoir sauf l’art baroque qui serait à l’origine de tous les maux. Si je m’étais permis de l’interrompre j’aurais pris la défense du baroque et notamment du Caravage, du Bernin, de Borromini et, en ce qui concerne sa thèse générale, j’aurais attiré son attention sur la multitude de contre-exemples prouvant que l’art est généralement au service des puissants même si l&#8217;on peut y reconnaître parfois une secrète connivence avec les courants souterrains, expression latente des aspirations populaires.</p>
<p>Freysinger : Certaines œuvres d’art ont une vocation universelle.</p>
<p>K. M. C’est vrai car le pouvoir de toucher universellement est une caractéristique des grandes œuvres d’art. Elles ont ce pouvoir dans la mesure où elles expriment avec une intensité maximale les particularités individuelles, ethniques, civilisationnelles. En parlant de lui-même, le grand artiste parle de tous et s’adresse à tous car il partage avec ses congénères une même nature humaine. C’est ce qui explique que l’on puisse goûter les œuvres produites par des hommes appartenant à des cultures très éloignées de la nôtre. Encore faut-il qu’il s’agisse d’œuvres d’art susceptibles d’êtres distinguées comme telles. Nous avons donc une universalité chargée de sens à l’opposé de celle que revendiquent les objets appartenant au non-art contemporain, indiscernables d’un objet quelconque.</p>
<p>Jean Robin : Quelle solution ? Un retour en arrière ? Une prise en compte de ce qui s’est passé pour construire quelque chose de nouveau ?</p>
<p>K. M. Ce qui est en cause, c’est la vision qu’on a de l’histoire. Selon moi, celle-ci n’obéit pas à une tendance à se mouvoir vers je ne sais quel « avant ». Elle ne réalise pas inéluctablement le « progrès » comme le pensaient Kant, Hegel, Marx et, plus près de nous, Kojève-Fukuyama. Dans le devenir historique, il n’y a aucune fatalité. Quand l’URSS, créée par Lénine et Staline, s’est effondrée, nous n’avons eu ni un « retour en arrière » ni un progrès mais un vague mélange des deux, incompatible avec la conception progressiste et irréversible de l’histoire.   </p>
<p>Il s’agit donc de savoir non pas comment nous adapter à ce qui arrivera nécessairement (le fameux « sens de l’histoire ») mais comment trouver les voies et les moyens de changer le monde dans un sens souhaitable qui, selon moi, doit aller vers la civilisation et non vers la barbarie. Dans cette recherche, nous n’avons aucune garantie de succès. Même le matérialiste et déterministe Lénine savait que nous étions au début du XX<sup>e </sup>siècle à la croisée des chemins. Il disait contre Rosa Luxembourg que l’humanité était placée devant le choix : « Socialisme ou Barbarie ». Nous savons que c’est le deuxième terme de l’alternative qui l’a emporté. Ne parlons pas du <em>goulag</em>, des camps d’extermination allemands, des deux guerres mondiales. Considérons seulement ce dont nous discutons, l’art. Dans ce domaine, l’Occident, encore dominant, exporte depuis un siècle sa barbarie alors qu’au XIX<sup>e</sup> siècle il exportait sa civilisation comme l’atteste le palais du roi de Thaïlande. Aujourd’hui les tours, les barres et les blocs informes ou extravagants (penchés et tout de travers) se voient partout au mépris du climat et des traditions locales. Il s’agit avant tout de faire « moderne » sans craindre ni l’horreur ni le ridicule.</p>
<p>Bref la question qui se pose est : comment faire pour que la création artistique et le Beau  aient à nouveau droit de cité au lieu d’être <em>de facto</em> interdits ?</p>
<p>Jean Robin : …et soient financés …</p>
<p>K. M. Il faut qu’il le soient. Il y a toujours quelqu’un qui finance. Chez les Grecs, c’était la cité ce qui parfois soulevait des vagues. Il y eut ainsi des Athéniens qui trouvaient que le programme de Périclès coûtait trop cher. Alors ce grand homme répondit : si vous ne voulez pas payer, je le ferai moi-même de mes propres deniers mais sur le Parthénon et sous la statue chriséléphantine  sera gravée l’inscription « <em>Ex Voto</em> de Périclès ». Les protestations furent alors unanimes et on n’en parla plus.</p>
<p>Jean Robin : c’est le grand capital qui paye pour la conservation du patrimoine alors que l’Etat ne finance que « l’art contemporain ».</p>
<p>K. M. Il est vrai que l’Etat ou les responsables politiques locaux (tel Estrosi à Nice) défigurent nos villes au nom du soutien à « l’art contemporain » en érigeant sur les places publiques des tas de ferraille. Mais globalement ce sont les méga-collectionneurs privés (comme Pinault ou Arnault) qui achètent l’art contemporain et en imposent la promotion. L’Etat n’a pas les moyens d’acheter les « œuvres » les plus cotées. Ce dont il fait l’acquisition (à New York plutôt qu’à Paris) c’est du second choix. Il n’empêche que les prix déboursés avec l’argent du contribuable sont tellement exorbitants qu’on les tient secrets.</p>
<p>Freysinger : On est passé du mécénat désintéressé au <em>sponsoring</em> pour lequel il y a un « retour sur investissement ».</p>
<p>A suivre</p>
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		<title>Avec Oskar Freysinger (réflexions sur l&#8217;art et la civilisation)</title>
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		<pubDate>Sun, 11 Dec 2011 20:55:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mavrakis</dc:creator>
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		<description><![CDATA[A l’invitation de Jean Robin qui dirige les éditions Tatamis et anime l’excellent site Enquête et débat, j’eus le 3 décembre 2011 une discussion philosophique passionnante sur des questions relatives à l’art, la société, l’histoire avec le dirigeant politique suisse bien connu Oskar Freysinger dont je venais de lire le petit livre débordant d&#8217;humour et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>A l’invitation de Jean Robin qui dirige les éditions <em>Tatamis</em> et anime l’excellent site <strong><em>Enquête et débat</em></strong>, j’eus le 3 décembre 2011 une discussion philosophique passionnante sur des questions relatives à l’art, la société, l’histoire avec le dirigeant politique suisse bien connu Oskar Freysinger dont je venais de lire le petit livre débordant d&#8217;humour et d&#8217;esprit en réponse à Stéphane Hessel <em>(Antifa</em> aus éditions Tatamis)<em>.</em> En me rendant au rendez-vous, je pensais rencontrer pour une conversation  amicale l’homme que j’admirais pour avoir mis en rage l’oligarchie européenne et notamment Cohn Bendit, en donnant l’occasion au peuple suisse de mettre un terme par une « votation » à la multiplication des minarets. Je ne savais pas que l’entretien serait filmé et enregistré ni quels seraient les sujets abordés. Sur ce dernier point d’ailleurs, mes interlocuteurs n’en savaient pas plus que moi. Nous avons même eu de la peine à cadrer le débat. Comme nous étions d’accord sur presque tout nous craignions qu&#8217;il se réduise à une causerie de bonne compagnie. Il s’avéra qu’il pouvait néanmoins être fort vif. Cependant improviser sur des problèmes aussi délicats et complexes est une entreprise semée d&#8217;embûches. Il m’a donc semblé utile de clarifier mes positions dans une version rédigée des propos que j’ai tenus. Pour avoir accès à la séance filmée cliquer sur google puis sur enquête &amp; débat.</p>
<p>Ma prise de parti dans les conflits qui opposent les hommes aujourd’hui s’explique par mon engagement en faveur de la civilisation et de l’art. Les deux sont étroitement liés car l’art de  chaque civilisation en définit l’essence. Ce que les archéologues nomment la « civilisation matérielle » (les objets, les outils, les techniques, éventuellement la science), est dissociable du monde qui l’a produite. L’Europe a emprunté à la Chine la boussole, le papier,  l’imprimerie, sans pour autant s’enchinoiser. Alors que si elle en avait adopté l’architecture, la peinture, la musique, elle serait devenue un appendice périphérique de l’Empire du Milieu comme l’étaient autrefois le Vietnam et la Corée. L’Europe ne l’a pas fait parce qu’elle avait sa propre civilisation qui ne le cédait à aucune autre. Aujourd’hui les civilisations sont toutes bien mal en point à cause de l’affaiblissement de leurs fondements spirituels. Leur épanouissement suppose une religion, une hiérarchie de valeurs, une tradition. Tout cela étant battu en brèche, elles ne peuvent que dépérir. La cause est à rechercher dans l’ordre économique et social qui conserve notre patrimoine mais démolit notre héritage. Cette structure qui n’impose pas une fatalité conditionne cependant une tendance, un penchant des individus à se diriger dans un certain sens. On le voit bien dans le domaine de l’écologie. Des sociétés brillantes ont disparu parce qu’elles n’ont pu se résoudre à préserver leur environnement. Cette fois-ci la catastrophe affectera le globe entier. Les décideurs le savent mais  ne veulent pas le savoir. Le souci du court terme empêche de faire ce qu’il faut pour éviter l’issue qui s’annonce et plus on tarde, plus les mesures salutaires deviennent onéreuses et moins on est disposé à payer ce prix. La super-classe mondiale (que regroupe en France « Le Siècle » et  dont les représentants à l’échelle globale se réunissent à Bilderberg) est incitée par la poursuite de ses intérêts immédiats à détruire 1°à long terme la nature dont la garde nous a été confiée, 2° à court terme, toutes les identités culturelles. Celles-ci sont en effet perçues par les intérêts dont je parle comme susceptibles (à travers le patriotisme) de faire obstacle à la circulation sans règles ni entraves des capitaux (délocalisables et transférables), des hommes (s’installant où ils veulent sans demander la permission), des marchandises (qui font disparaître par le <em>dumping</em>  les productions du pays). Ce qu’ils veulent, c’est une mode identique en tout lieu, un nomadisme et un mélange universel. Leur mot d’ordre est « des jeans et des macdo partout ». Encore une raison pour les représentants du très grand capital financier de promouvoir ce que j’appelle le non-art et eux l’art contemporain. Celui-ci présente pour ces messieurs plusieurs avantages. N’ayant aucun contenu, il dispense d’un bagage culturel pour s’y repérer, ne créant pas de formes, il n’exige pas un goût éduqué pour être apprécié. N’étant pas tributaire d’une civilisation particulière, il semble n’exclure personne. Bref, tous peuvent s’y reconnaître et s’en servir comme signe de reconnaissance (entre riches). L’universalisme du marché mondial appelle un art universel <em>a priori</em> (indépendamment de ses qualités). Rien n’étant plus universel que le rien, cet art prétendu reflète le néant de signification logé au cœur de notre monde. Il est la marchandise absolue qui, dépourvue de valeur d’usage (elle ne procure aucun plaisir esthétique) et réduite à sa valeur d’échange, ne vaut que par son prix. Le non-art est un des moyens dont se sert le capitalisme mondial financiarisé pour imposer son idéologie : le relativisme nihiliste. Ce relativisme se manifeste par l’absence de critères. Comme disait Beuys, tout homme est un artiste et donc tout est, ou pourrait être, de l’art. Récemment c’était des hardes que faisait tomber une grue dans le Grand Palais. Cela donnait un amoncellement de chiffons mais pourrait être n’importe quoi d’autre, par exemple un tas de charbon comme celui que propose à notre admiration le musée d’art contemporain de Bordeaux.</p>
<p>A ce point Freysinger évoque Duchamp. Je lui réponds que cette figure emblématique du dadaïsme était un ennemi déclaré de l’art, c’est pourquoi il a protesté contre la récupération dont il avait fait l’objet. Il écrivit à un ami : « Je leur ai lancé à la tête l’urinoir comme une provocation anartistique et voilà qu’ils en louent la beauté ».</p>
<p>(A suivre)</p>
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		<title>Le plaidoyer pro domo suo de Takashi Murakami</title>
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		<pubDate>Sat, 16 Oct 2010 09:49:26 +0000</pubDate>
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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">J’ai dit ma jubilation à la lecture de Jimenez car je n’ai pas tous les jours un sparring partner (devrai-je dire un punching ball ?) aussi commode à me mettre sous la dent. Si les défenseurs de « l’art contemporain » sont tombés à ce niveau, tous les espoirs sont permis. Un moment viendra où plus personne ne prendra au sérieux des arguments aussi débiles, même pas ceux qui se servent encore de cette langue de bois dans les médias. La forteresse du non-art n’est pas plus solide que l’enceinte de Jéricho ou le mur de Berlin.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais si l’article de Jiménez a été pour moi source de grandes satisfactions, que dire de la tentative pathétique de Murakami lui-même pour plaider sa propre cause ! [1] Le premier use de procédés dignes de Goebbels pour discréditer ceux qui osent penser contre la doxa contemporaine. Il les accuse d’être, ne serait-ce qu’en apparence, pour « la tradition » contre « le progrès » (sic !), puis les avertit qu’ils sont à jamais exclus des médias et notamment des pages du Monde vu qu’ils refusent de célébrer le « métissage généralisé ». Il les traite enfin de xénophobes et de racistes, stigmatisation suprême destinée à leur fermer définitivement la bouche. Ainsi, sous la plume de Jimenez, le ridicule le dispute à l’odieux. Chez le Japonais, il ne reste que le ridicule. On le voit venir de loin avec ses gros sabots. L’art contemporain, dont il se considère avec raison comme un éminent représentant, serait « difficile à décrypter pour le visiteur qui n’a pas les connaissances et repères nécessaires ». Il faut croire que les aigrefins d’Andersen ont eu des disciples à Tokyo. Murakami a bien appris à faire la leçon à quiconque se montre réticent devant ses œuvres : « Ne vous inquiétez pas cher ami. Ca se soigne. Pour le moment, vous êtes décidément trop bête et ignorant mais en fréquentant des personnes raffinées comme MM. Pinault, Arnault, Aillagon, Jimenez (surtout pas Harry Bellet), vous comprendrez qu’une attitude réceptive vis-à-vis de l’art contemporain permet de distinguer les gens intelligents des autres. Les premiers sont compétents partout. Ils sont les arbitri elegantiarum modernes et peuvent en tant que ministres couper les vivres aux intermittents du spectacle et réduire drastiquement le budget de la culture. Comme hommes d’affaires, ils sont aptes à gérer un empire financier, mais aussi à décider ce qui est de l’art et ce qui ne l’est pas. Les intellectuels enfin qui gravitent autour de ces puissants personnages obéissent au doigt et à l’œil à toute sollicitation, ce qui leur permet, le cas échéant, de diriger une revue d’esthétique tout en affirmant que le beau et le laid sont indiscernables. Surtout, gardez-vous d’exprimer publiquement votre désapprobation à l’égard de ma présence à Versailles. Je me suis laissé dire par mon ami Aillagon que cette hostilité serait le symptôme d’une maladie considérée chez vous comme pernicieuse et contagieuse : « l’idéologie nationaliste ». Si vous semblez en être infecté, vous seriez mis en quarantaine. Les arguments d’Aillagon doivent être forts car ils ont persuadé Jimenez qui dit exactement la même chose ».</p>
<p style="text-align: justify;">Murakami est roublard. Il joint sa voix à une campagne de diabolisation de ceux qui trouvent mauvais que le non-art supplante l’art et, comme on le lui a soufflé, leur reproche leur nationalisme (imaginaire) mais par prétérition. «N’étant pas Français, je ne me prononcerai pas sur les mérites de cette idéologie », dit-il. Il faudrait donc pour cela être Français. Murakami le pense car il sait bien que dans son pays le nationalisme est une vertu comme on s’en aperçoit chaque fois qu’il y a une tension avec la Chine. Mensonge dans l’Hexagone, vérité à l’autre bout de la terre mondialisée.</p>
<p style="text-align: justify;">La dernière ficelle dont se sert la rhétorique de Murakami se rattache à la première. « Mon public, dit-il, n’est pas ici et maintenant, mais dans les années qui suivront ma mort ». Il s’apercevra, j’en suis sûr, que j’ai capté « quelque chose de l’essence du XXe siècle ». On a reconnu l’argument romantique : le grand artiste est toujours en avance sur son temps, ce qui fait de lui un incompris. Ne vous pressez pourtant pas de verser une larme sur le sort de ce « poète maudit ». MM. Pinault et Arnault et d’autres spéculateurs prennent bien soin de lui. Les Japonais, eux, le tiennent pour un clown (Harry Bellet<em> dixit</em>).</p>
<p style="text-align: justify;">[1] <em>Cf. Le Monde </em>du 2 octobre 2010.</p>
<p>Le Mardi 19 octobre à 20h30 je prononcerai une conférence à la Maison de la Culture de Nogent-sur-Marne sur le thème : &laquo;&nbsp;Avons-nous encore besoin d&#8217;art?&nbsp;&raquo;</p>
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		<title>Aillagon le Capo màfia du &#171;&#160;complot de l&#8217;art&#160;&#187;[1]</title>
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		<pubDate>Wed, 06 Oct 2010 18:39:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mavrakis</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">En exposant dans les appartements royaux et la galerie des glaces les sieurs Koons, Veilhan et Murakami, Jean-Jacques Aillagon a poussé jusqu’au zénith la cote de ces prétendu artistes  collectionnés par son  patron et ami, le milliardaire François Pinault. Ce parvenu s’est constitué une immense fortune grâce uniquement à des coups spéculatifs. En tant que méga-collectionneur d’art contemporain, il se considère comme membre d’une élite d’initiés. La réalité correspond bien peu à cette image flatteuse. Né dans une famille aisée, le jeune Pinault quitta l’école à 16 ans sans le moindre diplôme. Il est d’une ignorance crasse en histoire de l’art. Cela explique beaucoup de choses. Aillagon, conseiller culturel du groupe Artémis dont la maison mère est la Financière Pinault,  fut directeur du Palazzo Grassi à Venise, également propriété de Pinault. Le directeur actuel de ce Palazzo est Martin Béthenod ex-chef de cabinet d’Aillagon quand celui-ci était directeur du Centre Pompidou, puis délégué aux arts plastiques du ministère de la culture et commissaire de la FIAC. Ce n’est là qu’un tout petit échantillon de la république des copains et des coquins dans laquelle nous vivons. Aillagon et Béthenod sont des salariés de Pinault : comment peut-on supposer que leurs décisions en matière d’art contemporain ne sont pas influencées par les intérêts de leur employeur ?</p>
<p style="text-align: justify;">Interpellé sur la faveur dont bénéficia Pinault de par la présence de ses poulains entre les cimaises royales, Aillagon fit l’idiot et posa la question rhétorique : «Faudrait-il ne plus organiser d’expositions pour ne plus valoriser aucun artiste et aucune œuvre ? Non évidemment !&#8230; ». Ignore-t-il que la République a construit à grands frais de nombreux lieux dédiés aux artistes contemporains tels que le Centre Pompidou, le palais de Tokyo, etc. ? Personne n’aurait protesté si on y avait montré des objets fabriqués dans les manufactures de Koons et Murakami. C’est précisément parce que la valeur artistique de ces choses est nulle qu’elles ont besoin d’un coup de pub offert sur un plateau par Aillagon. Inde ira. Pourquoi faut-il que l’art de toujours soit vampirisé par le non-art d’aujourd’hui ?</p>
<p style="text-align: justify;">Pour le dire en termes doux MM. Aillagon et tutti quanti pratiquent un fâcheux mélange des genres entre leurs responsabilités à la tête d’une institution publique comme le château de Versailles et le service d’intérêts financiers. Ils se permettent de petits arrangements à la frontière de l’intérêt général qu’ils se doivent de servir et des intérêts privés de spéculateurs en art contemporain dont ils sont les obligés. Que cela ne tombe pas sous le coup de la loi française, moins précise que celle des pays anglo-saxons sur la définition pénale du conflit d’intérêts, ne les empêche pas de frôler, du moins moralement, la forfaiture et la prévarication.</p>
<p style="text-align: justify;">Marc Fumaroli a exposé le problème très clairement. « La clef du malaise actuel, c’est le conflit d’intérêts voilé qui affaiblit, voire efface la distinction classique entre Etat et marché, entre politique et affaires, entre service public et intérêts privés, entre serviteurs de l’Etat et collaborateurs de gens d’affaires »[2].</p>
<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8211;</p>
<p>[1] « Le complot de l’art » est le titre d’un texte célèbre de Jean Baudrillard sur le prétendu « art contemporain ».</p>
<p>[2] Cf. Le Monde du 2 octobre 2010</p>
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		<title>Picasso et les origines du non-art</title>
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		<pubDate>Tue, 15 Jun 2010 14:08:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mavrakis</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Comme le suggère mon titre, je me propose de situer Picasso dans la transition qui conduit au non-art. L’art authentique a continué à être pratiqué clandestinement, mais la transition dont je parle passe aux yeux des profanes pour appartenir au courant  principal  (<em>mainstream </em>) de l’histoire. Il s’agira d’expliquer un phénomène remarquable et assez mystérieux. Les bouffonneries facétieuses ou provocatrices du début de ce processus se présentent avec beaucoup de sérieux comme l’art le plus sublimes à sa fin. C’est la même chose, avec la foi du charbonnier en plus. Dans cette affaire, Picasso a joué un rôle décisif. Sans lui je ne crois pas qu’on aurait pu passer de Duchamp à Buren ou Boltanski.</p>
<p style="text-align: justify;">Examinons donc les points saillants de ce devenir. Les gestes inauguraux du non-art remontent aux deux premières décennies du XXe siècle. Les plus radicaux ont été la roue de bicyclette de Duchamp (1913) et le carré de Malévitch (1915). L’aquarelle abstraite de Kandinsky est datée (ou antidatée) de 1911 mais elle fut précédée par l’huile de Strindberg intitulée <em>Inferno</em> (1901). Le manifeste futuriste de Marinetti a été publié en 1909. Ces initiatives en apparence chaotiques obéissaient en fait à une logique : celle des stratégies poursuivies par les artistes en vue de surpasser leurs concurrents non par leur talent, ni même par leur audace mais par ce qui en est la caricature : le culot.  </p>
<p style="text-align: justify;">Le coup d’envoi de cette course vers l’abîme a été donné involontairement par Cézanne. Celui-ci aspirait à faire « du Poussin sur nature » sans en avoir les moyens. L’impuissance de ses efforts (il travaillait avec acharnement) ont fait que ses dernières ébauches (toutes ses toiles sont des ébauches) anticipaient Braque co-inventeur avec Picasso du cubisme. Les deux compères étaient donc en droit de se revendiquer de Cézanne. A son tour celui-ci avait commencé dans le sillage des Impressionnistes qui affaiblissaient la mimésis en érigeant en principe et en systématisant le style d’esquisse. Chez eux, ce qui subsiste d’illusionnisme est obtenu non par une représentation précise mais par un faire expéditif et abrégé comptant sur la suggestion quand le spectateur s’éloigne du tableau. Cézanne s’appuie sur cet « acquis », c’est-à-dire sur les libertés que prennent les Impressionnistes mais sa facture laborieuse (il n’a pas leur virtuosité en dessin) le conduit à durcir le rendu des volumes. Il apparaît ainsi à ses camarades comme un correctif à leur tendance au « flou artistique ». De là vient l’immense prestige dont il jouit auprès d’eux et dont témoigne le tableau <em>Hommage à Cézanne</em> de Maurice Denis (1901). D’admirables peintres, pour le malheur de la peinture, ont fait la réputation de celui qui est considéré aujourd’hui comme le maître de la Sainte Victoire. Or, sauf à jeter par-dessus bord des principes essentiels, les approximations qu’on peut se permettre à la rigueur dans un paysage ne sont pas acceptables dans la figure ; et Cézanne est aussi l’auteur des <em>Baigneuses</em>, sommet de hideur et d’incorrection mais pas de désinvolture car le malheureux faisait de son mieux. Il autorisait ainsi tous les écarts, volontaires ou non, qui sont venus après et qui nous ont conduit au point où nous en sommes.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est à cette époque où Cézanne connaît enfin la gloire que Picasso vient à Paris. Carriériste avisé, il sent tout de suite d’où souffle le vent. Il veut être célèbre comme peintre car, ayant abrégé sa scolarité, il ne sait rien faire d’autre. Or il se rend compte que la peinture touche à sa fin comme moyen de réussite. Il faut choisir l’une ou l’autre. Si l’on recherche la réussite, il faut tenir compte avant tout que s’éloigner de la figuration passe désormais pour une preuve de créativité. Picasso va donc accompagner la destruction de cet art selon le principe « puisque ces mystères nous dépassent, feignons d’en être l’organisateur ». Il  mènera, en effet, jusqu’au bout l’élimination de la figuration même s’il n’en fait pas la théorie comme Kandinsky. Le <em>Portrait de Kahnweiler </em>(1910) à New York, par exemple, est entièrement abstrait de même que le <em>Pigeon aux petits pois</em> qui vient d’être volé au Centre Pompidou. Dans les milieux de la peinture abstraite autour de 1920 – 1930, il était de mise de déclarer que le cubisme menait logiquement à l’abstraction mais que Picasso n’avait pas osé sauter le pas. Or s’il l’avait fait, il aurait rejoint ses concurrents. Mauvaise stratégie pour celui qui se veut « en avance » sur les autres. C’est pourquoi voyant que l’abstraction est associée aux yeux du public à Kandinsky et à Delaunay à cause de leurs écrits théorique, Picasso abandonne précipitamment le cubisme pour revenir à un art presque classique. Pas question de passer pour un suiviste.  </p>
<p>(à suivre)</p>
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		<title>Dialogue avec Alain de Benoist</title>
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		<pubDate>Fri, 15 Jan 2010 15:29:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mavrakis</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Alain de Benoist]]></category>
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		<description><![CDATA[Dans le numéro 134 de son excellente revue Eléments, Alain de Benoist recense mon dernier livre avec le sérieux et la franchise qu’on se plait généralement à lui reconnaître. Cette recension, reproduite ici à l’attention des lecteurs de ce blog, comportant, cependant, une inexactitude elle appelle de ma part la mise au point qu’on lira [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans le numéro 134 de son excellente revue Eléments, Alain de Benoist recense mon dernier livre avec le sérieux et la franchise qu’on se plait généralement à lui reconnaître. Cette recension, reproduite ici à l’attention des lecteurs de ce blog, comportant, cependant, une inexactitude elle appelle de ma part la mise au point qu’on lira plus loin.</p>
<p>Badiou mis à nu</p>
<p>C’est d’abord l’histoire d’une amitié rompue. Dans les années 1970, Kostas Mavrakis et Alain Badiou travaillaient ensemble à la revue maoïste Théorie et Politique. Le premier était alors le disciple et l’ami du second. Après quoi leurs itinéraires ont divergé. Mavrakis est aujourd’hui devenu un traditionaliste chrétien. Badiou a développé une œuvre philosophique fondée sur l’idée d’une vérité universelle abstraite, en même temps que, côté praxis, il s’engageait dans un « sans-papiérisme » échevelé (« tous les ouvriers qui travaillent ici sont d’ici et doivent être honorés comme tels, singulièrement les ouvriers de provenance étrangères » !). En 2005, il prononçait dans son livre intitulé Le siècle un panégyrique de l’art contemporain, que Mavrakis dénonçait au même moment, avec force, comme un « non-art ». La rupture devenait inévitable. Mavrakis considère aujourd’hui toujours Badiou comme « le plus grand philosophe vivant » (ce qui est un peu excessif), mais il ne le regarde pas moins comme un « adversaire » (ce qui est un peu faible). Dans ce livre remarquablement bien écrit, il cerne ce qui les sépare, ou plus exactement ce qu’il refuse dans le « système » Badiou. Ce dernier, bien entendu, est longuement critiqué pour ses vues en matière artistique. Son athéisme est par ailleurs dénoncé avec des arguments qui plairont aux croyants. Abordant le terrain politique, Mavrakis n’a pas de mal à montrer que les positions de Badiou rejoignent paradoxalement celles du libéralisme qu’il prétend combattre : « Sur la question des immigrés clandestins, il ne remarque pas qu’il est dans le même camp que les patrons et les médias ». D’où cette conclusion : « [son] progressisme est celui du grand capital mondialisé ». L’ouvrage s’achève sur un aperçu des lettres que les deux frères ennemis ont récemment échangées. A noter que Mavrakis aborde aussi les violentes critiques opposées à Badiou par certains « intellectuels judaïsants » (Eric Marty, Jean-Claude Milner). On a du mal à le suivre quand il assure qu’Israël est aujourd’hui « aux avant-postes de toutes les nations qui résistent au rouleau compresseur et niveleur de la mondialisation ».</p>
<p>Kostas Mavrakis, De quoi Badiou est-il le nom ? Pour en finir avec le (XXe) siècle, L’Harmattan 127 p, 13 euros.</p>
<p>Réponse à Alain de Benoist</p>
<p>La brève note consacrée à mon dernier livre par Alain de Benoist est un chef-d’œuvre de concision. Elle donne une idée assez juste et complète des principaux points de ma critique d’Alain Badiou et contient des appréciations flatteuses pour lesquelles je remercie l’auteur. J’aurais mauvaise grâce à lui reprocher certaines approximations car elles sont la loi du genre. Il m’est impossible en revanche de laisser passer une allégation qui n’est pas diffamatoire dans son intention mais donne lieu à un fâcheux malentendu. Je suis devenu, dit-il, « un traditionaliste chrétien ». Chrétien, certes, (et fier de l’être), mais ni traditionaliste ni partisan du dernier concile. Ma qualité d’orthodoxe fait que ces oppositions ne me concernent pas et qu’il est superflu pour moi et pour tous ceux qui appartiennent à ma confession de se prononcer sur elles.<br />
La tentation fut sans doute forte de se débarrasser de mon christianisme en me rejetant du côté d’une aile minoritaire et décriée du catholicisme. Mutatis mutandis, c’est le type d’opération dont Alain de Benoist fut la victime quand ses détracteurs l’ont d’abord classé (par association) à droite, puis à l’extrême droite et enfin du côté de Le Pen. Ayant été longtemps l’objet d’un injuste ostracisme, il devrait faire attention en distribuant des étiquettes stigmatisantes.<br />
La seule critique à la fois nette et allusive que m’adresse Alain de Benoist figure dans sa conclusion où je lis : « On a du mal à le suivre [Mavrakis] quand il assure qu’Israël est aujourd’hui ‘‘ aux avant-postes de toutes les nations qui résistent au rouleau compresseur et niveleur de la mondialisation’’». Pour quelle raison a-t-il du mal à me suivre ? Se pourrait-il qu’Israël ne défende pas son indépendance comme Etat national ? Ou bien dois-je comprendre qu’Alain de Benoist interprète mon approbation d’Israël sur un point très particulier, à savoir sa résistance à certains effets de la mondialisation, comme cautionnant en bloc l’oppression des Palestiniens ? Dans ce cas je précise que l’hubris dont se rend coupable le gouvernement de Jérusalem en comptant uniquement sur la force pour régler son conflit avec les Arabes (y compris la Syrie et le Liban) est à la fois moralement injuste et politiquement fatale si l’on considère les choses dans le long terme. Qu’arrivera-t-il quand l’Etat juif ne pourra plus compter sur l’Amérique et qu’il n’y aura ni cargaison d’armes ni zouaves pontificaux pour le sauver ? Il sera noyé dans l’océan arabo-musulman comme la Rome du Pape dans l’Italie unifiée. Conformément à un principe universel de la diplomatie, c’est maintenant, quand ils sont les plus forts, que les Israéliens devraient faire des concessions en vue d’une paix durable.</p>
<p style="text-align: center;"><strong>L&#8217;échange de répliques prend fin</strong></p>
<p style="text-align: left;">J&#8217;ai reçu de la part d&#8217;Alain de Benoist une réponse qui m&#8217;a entièrement satisfait. Ma mise au point amputée de quelques propos désobligants sera insérée dans le prochain numéro d&#8217;<em>Eléments </em></p>
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		<title>Rossellini filme la négation de l&#8217;architecture</title>
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		<pubDate>Mon, 04 Jan 2010 13:59:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mavrakis</dc:creator>
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		<description><![CDATA[En 1977 Roberto Rossellini a réalisé un documentaire sur l’ouverture au public du Centre Pompidou nouvellement construit. Son assistant d’alors, Jacques Grandclaude, nous propose aujourd’hui un triptyque dont le premier volet montre Rossellini sur le chantier. On le voit se pencher sur les problèmes techniques de son métier : l’artiste comme artisan. Dans le deuxième [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">En 1977 Roberto Rossellini a réalisé un documentaire sur l’ouverture au public du Centre Pompidou nouvellement construit. Son assistant d’alors, Jacques Grandclaude, nous propose aujourd’hui un triptyque dont le premier volet montre Rossellini sur le chantier. On le voit se pencher sur les problèmes techniques de son métier : l’artiste comme artisan. Dans le deuxième volet central, nous voyons le résultat fluide et lisse de ce labeur, l’œuvre de Rossellini lui-même. Dans le troisième volet, le cinéaste, filmé cette fois-ci comme penseur, redevient le sujet. Il y défend dans un colloque ses conceptions face à ceux qui l’attaquent. Sa mort intervint peu de temps après.<br />
Depuis trente ans, ce chant du cygne du grand réalisateur italien a été mis sous le boisseau pour plusieurs raisons dont les trois suivantes : 1° il montre les antécédents modernes de l’art contemporain, qui apparaît ainsi comme l’aboutissement d’une histoire ; 2° il rend évidente la trahison de l’art français par ceux qui étaient censés le servir et qui, par snobisme ou intérêt, ont préféré se plier aux prescriptions de New York ; 3° il fait entendre les réactions du public qui à l’époque n’avait pas encore été dressé à se taire respectueusement devant l’art dégradé ou le non-art qu’on lui impose.<br />
Que pensait Rossellini du Centre Pompidou ? Tout indique qu’il aurait esquivé la question si on la lui avait posée. En tant que cinéaste, il se voulait regard objectif. Sa caméra enseigne à voir mais lui-même s’abstient de tout commentaire, attitude qui parut suspecte à un journaliste venu l’interroger. Elle lui faisait subodorer un modernisme tiède, peut-être même des réserves muettes. Or pour le progressisme « contemporain » du grand capital et pour son représentant Pompidou dont l’œil narquois surveillait la scène, il était d’autant plus impératif d’exprimer son enthousiasme que celui-ci était improbable. Talia demonstrare destruere est, « montrer ces choses c’est les détruire » disait Tertullien. Devant une œuvre comme celle de Rogers et Piano, il faut s’extasier avant de regarder. Après, il est trop tard. Le silence sonne désapprobateur comme si les mots manquaient pour dire sa consternation ! Une raison de plus pour que les bureaucrates n’aient pas voulu du documentaire de Rossellini et que les journalistes se soient senti tenus de le prendre à parti.<br />
« L’objectivité n’existe pas lui, lança l’un d’eux. Vous exprimez votre point de vue ». « Je suis objectif en me servant de mes yeux sans avoir besoin des vôtres », lui rétorqua le néo-réaliste qui aurait pu citer Goethe disant « je peux promettre d’être objectif non d’être impartial ». Son film en apparence froid et compassé véhicule une prise de parti au moins implicite. Il commence par une vue d’ensemble de Paris. Au loin se profilent, Notre Dame, le Panthéon, le Sacré-Cœur. On entend les cloches, la caméra s’attarde sur les maisons décrépies du quartier et leurs toits; bref la ville traditionnelle de vieille civilisation. Puis à un moment donné, une grande verticale sombre se découpe à droite qui envahit progressivement le champ et oblitère la variété, la richesse, le pittoresque évocateur d’on ne sait quel tableau de Spitzweg. C’est le Centre Pompidou. On ne peut nier que ce contraste fasse sens et soit voulu.<br />
Il y eut d’autres échanges significatifs entre Rossellini et les journalistes. Fishing for compliments, un de ces plumitifs lui posa des questions visant à lui faire reconnaître « le succès populaire » de Beaubourg. Loin de se laisser manipuler en saisissant la perche, Rossellini mit le phénomène sur le compte d’un trait du caractère parisien. Il cita un artiste qui avait attiré des foules pour avoir su piquer leur curiosité. Le centre Pompidou produit le même effet, insinua-t-il, parce qu’il n’y avait rien qui lui ressemblât dans le monde. En tout cas, au cours de ses nombreux voyages, il n’avait rien vu d’équivalent. Certains penseront que c’est le signe du génie des architectes, d’autres y verront la preuve de ce que le sommeil du souci esthétique engendre des monstres.<br />
Avec plus de trente ans de recul, j’opterai pour le second terme de cette alternative car le Centre Pompidou contrevient aux principes les plus fondamentaux de l’architecture et de l’urbanisme. Comme tout art, la première crée des formes signifiantes et prégnantes, source de satisfaction esthétique. Comme tout art, elle nous parle au moyen d’un langage spécifique dont le vocabulaire est constitué d’un ensemble de motifs transmis durant des siècles, voire de millénaires. Se déployant dans les trois dimensions de l’espace, elle diffère de la sculpture en ce qu’elle abrite un espace intérieur clairement et manifestement séparé de l’extérieur. Beaubourg inflige un démenti emphatique à chacun des ces traits dont l’ensemble définit l’essence de l’architecture. On peut en dire autant de sa fonction en matière d’urbanisme, de ses devoirs envers la ville. Un bâtiment doit s’intégrer à l’ensemble constitué par les édifices voisins ; affaire en quelque sorte de politesse, d’urbanité. Au lieu de quoi Rogers et Piano ont infligé à Paris une incongruité. Ils ont posé sur son visage une verrue.<br />
Pour légitimer le Centre Pompidou, on a comparé les protestations qui l’accueillirent à celles suscitées par le projet de la Tour Eiffel. Or cette dernière structure métallique n’est pas un bâtiment. La distinction entre l’intérieur et l’extérieur, que Rogers et Piano ont seulement affaiblie, n’existe pas du tout dans le cas de la Tour. N’étant pas de même nature que les immeubles qui sont à ses pieds, n’étant pas non plus à la même échelle (elle est dix fois plus haute), elle ne saurait jurer avec eux. Absolument hétérogène à son voisinage, la question de son intégration à celui-ci ne se pose même pas. Ajoutons que son dessin, basé sur deux courbes paraboliques qui tendent à se rejoindre asymptotiquement, est d’une grande élégance. Pour toutes ces raisons, la tour Eifel aussitôt achevée fut acceptée et même appréciée. Il en est allé différemment pour le Centre Pompidou dans lequel aucune considération esthétique n’est discernable. C’est surtout pour cette raison qu’il a été comparé à une raffinerie et pas seulement à cause des tubes et tuyaux dont il est fait. Ce rapprochement et sa réciproque se sont si bien ancrés dans les esprits que récemment le commentateur d’une émission de télévision sur l’industrie pétrolière en Irak qualifiait un ensemble de conduits vivement colorés de « Centre Pompidou du désert ».</p>
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		<title>Controverse sur Rancière</title>
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		<pubDate>Thu, 17 Dec 2009 12:46:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mavrakis</dc:creator>
				<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[Alain Badiou]]></category>
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		<category><![CDATA[Roland Barthes]]></category>

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		<description><![CDATA[L&#8217;auteur d&#8217;un blog intitulé Random thoughts m&#8217;attaque violemment pour avoir critiqué un texte de Jacques Rancière où l&#8217;on pouvait lire ceci:
&#171;&#160;pourquoi donc considérer que l&#8217;art en général est en crise si celui qui venait dans un musée voir de la peinture trouve à sa place des tas de vieux habits, des empilements de postes de télévision ou [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">L&#8217;auteur d&#8217;un blog intitulé <em>Random thoughts</em> m&#8217;attaque violemment pour avoir critiqué un texte de Jacques Rancière où l&#8217;on pouvait lire ceci:</p>
<p style="text-align: justify;">&laquo;&nbsp;pourquoi donc considérer que l&#8217;art en général est en crise si celui qui venait dans un musée voir de la peinture trouve à sa place des tas de vieux habits, des empilements de postes de télévision ou des porcs coupés en deux? Et si même on pouvait taxer [tout cela] de nullité [Rancière n'en est pas sür] pourquoi l&#8217;éclipse momentanée d&#8217;un art parmi d&#8217;autres serait-elle la catastrophe de l&#8217;art?&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: justify;">A cela je répondais en ces termes. Ce qui s&#8217;exprime ainsi [...] c&#8217;est le mépris de la peinture [...] Puisque leur art et un parmi d&#8217;autres, qu&#8217;importe le génocide des peintres? De même puisque les Juifs étaient un peuple parmi d&#8217;autres en quoi le reste de l&#8217;humanité est-il atteint par leur disparition? Au dmeurant si tout le monde trouvait normal de voir dans un musée le genre d&#8217;objets qui ne dérangent pas Rancière l&#8217;éclipse de la peinture ne serait pas mompentanée mais définitive. Ce symptôme de barbarie a déjà eu des répercussions sur toute la gamme des créations artistiques. Certains &#8211; mais ce sont des poètes &#8211; l&#8217;ont pressenti : Yves Bonnefoy, par exemple, ou Peter Handke, pour qui &laquo;&nbsp;la perte de l&#8217;image est la plus douloureuse de pertes&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">Mon allusion à la Shoah suscita l&#8217;indignation de l&#8217;auteur du blog cité. Je fus ainsi amené à lui adresser la réponse suivante.</p>
<p style="text-align: justify;">Cher ami,</p>
<p style="text-align: justify;">Eliminer la race des peintres en tant que tels n&#8217;est pas la même chose que les tuer. C&#8217;est entendu. Mais qui dit le contraire? Comparaison, parallélisme, analogie ne signifient pas identification. Les hyperboles ne sont pas à prendre au pied de la lettre. Dois-je préciser que j&#8217;utilise le mot &laquo;&nbsp;race&nbsp;&raquo; à l&#8217;un des sens qu&#8217;il a toujours eu comme vous l&#8217;apprendra un bon dictionnaire? Mon but en recourant à la figure de rhétorique qui vous a tant choqué (à tort) était de secouer le lecteur. Apparemment j&#8217;y suis parvenu. On peut alors passer aux chose sérieuses comme de porter un jugement correct sur le non-art et les thèses de Rancière le concernant. Thèses contre lesquelles je mobilise bien d&#8217;autres arguments et ce, non pas dans un article, comme vous le dites mais dans mon dernier livre: <em>De quoi Badiou est-il le nom? Pour en finir avec le (XXe) Siècle</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">Mon contradicteur ayant à nouveau tenté de me refuter dans une très longue note intitulée &laquo;&nbsp;Duplique&nbsp;&raquo; à laquelle on se reportera sur le blog cité, je lui ai laissé l&#8217;ultime commentaire suivant.</p>
<p><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%;"><span style="font-family: Times New Roman;">Cher Monsieur,</span></span><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%;"><span style="font-family: Times New Roman;"> </span></span><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%;"> </span><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%;"><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%;"><span style="font-family: Times New Roman;">Nous partageons des valeurs qui devraient rendre notre controverse inutile. Ne rendons pas principale une contradiction secondaire, comme disait Mao et ne perdons pas de vue les problèmes de fond sur lesquels il semble que nous soyons proches. En vous répondant une dernière fois je ne vise qu’à dissiper des malentendus. </span></span><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%;"><span style="font-family: Times New Roman;">Passons rapidement sur trois premiers points : </span></span></span></p>
<p><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%;"><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%;"><span style="font-family: Times New Roman;">1. Le<span>  </span>syntagme « de même » introduit dans mon texte un simple parallélisme. </span></span></span></p>
<p><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%;"><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%;"><span style="font-family: Times New Roman;">2. Vous assimilez l’hyperbole à l’exagération. Or la première peut être justifiée, jamais la seconde. </span></span></span></p>
<p><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%;"><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%;"><span style="font-family: Times New Roman;">3. Le philosophe ne doit pas dédaigner les fleurs de la rhétorique. Elles assurent la bonne transmission des idées tout comme en art la forme contribue à communiquer le contenu.</span></span></span></p>
<p><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%;"><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%;"><span style="font-family: Times New Roman;">4. Vous imaginez un contradicteur qui retournerait contre moi une argumentation homologue à la mienne. Il aurait tort, dites-vous. Certes, mais pour une raison de fond, nullement à cause du procédé rhétorique. Dans mon livre <em>Pour l’Art. Eclipse et renouveau</em> j’ai montré qu’on peut distinguer l’art du non-art qui en est non le contraire mais l’inverse au sens de Badiou (ce qui n’a rien de commun avec ce dont il est l’inverse). La substitution du non-art à l’art dans le domaine de la peinture et de la sculpture qui entraîna l’élimination des artistes dans ces deux disciplines est criminelle purement et simplement (sans hyperbole). Je sais de quoi je parle étant un survivant de ce forfait. Très naturellement je souhaite que cette usurpation d’identité prenne fin. Suis-je semblable à un génocidaire ? La réponse à cette question peut être oui ou non. Cela dépend. L’argumentation de mon contradicteur fictif n’est pas « ridicule ». Elle présuppose seulement que le non-art a une haute valeur artistique. A cette condition elle est irréprochable. En revanche on la rejettera si l’on tient son présupposé pour faux et même absurde. Ce qui est le cas.</span></span></span></p>
<p><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%;"><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%;"><span style="font-family: Times New Roman;">5. Dans &laquo;&nbsp;La préparation du roman&nbsp;&raquo; Roland Barthes, évoquant la menace de dépérissement ou d&#8217;extinction qui pèse sur la littérature, parle d&#8217;&nbsp;&raquo;une sorte de génocide spirituel&nbsp;&raquo;. A l&#8217;avenir vous adresserez vos reproches acerbes à Roland Barthes.</span></span></span></p>
<p><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%;"><span style="font-size: 11pt; line-height: 150%;"><span style="font-family: Times New Roman;">Ai-je été trop sévère à l’égard de Rancière notamment au sujet de son mépris de la peinture ? Pour en juger, il faut lire les pages 66-72 de mon livre sur Badiou dans lesquelles je cite Rancière comparant les tableaux du Louvre à des alignements de portraits de famille. </span></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
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		<title>De quoi Badiou est-il le nom ?</title>
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		<pubDate>Mon, 09 Nov 2009 12:44:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mavrakis</dc:creator>
				<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[Alain Badiou]]></category>
		<category><![CDATA[Eric Marty]]></category>
		<category><![CDATA[inesthétique]]></category>
		<category><![CDATA[Jacques Rancière]]></category>
		<category><![CDATA[mort de Dieu]]></category>
		<category><![CDATA[saint-Paul]]></category>
		<category><![CDATA[universalisme]]></category>

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		<description><![CDATA[    Le nouveau livre de Kostas Mavrakis
 
 
 De quoi Badiou est-il le nom ? 
     Pour en finir avec le (XXe)Siècle 
 
      COMMUNIQUE DE PRESSE 
Ce livre intervient dans une conjoncture éminemment favorable à sa réception. Le sous-titre fait allusion à un ouvrage intitulé Le Siècle publié en 2005 par Alain Badiou. Il s’agit d’un penseur d’envergure [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><span style="line-height: 150%; font-size: 14pt;"><span style="font-family: 'Times New Roman';"><a rel="attachment wp-att-61" href="http://www.kostasmavrakis.fr/2009/11/09/mon-nouveau-livre/badiou/"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-61" title="Badiou" src="http://www.kostasmavrakis.fr/wp-content/uploads/2009/11/Badiou-150x150.jpg" alt="De quoi Badiou est-il le nom ? Pour en finir avec le (XXe)Siècle." width="150" height="150" /></a>    Le nouveau livre de Kostas Mavrakis</span></span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: center; line-height: 150%; margin: 0cm 0cm 0pt 14.2pt;"><span style="font-family: 'Times New Roman';"><strong><em><span style="line-height: 150%; font-size: 20pt;"> </span></em></strong></span></p>
<p><span style="font-family: 'Times New Roman';"><strong><em><span style="line-height: 150%; font-size: 20pt;"> </span></em></strong></span></p>
<p><span style="font-family: 'Times New Roman';"><strong><em><span style="line-height: 150%; font-size: 20pt;"> </span></em></strong></span><span style="font-family: 'Times New Roman';"><strong><em><span style="line-height: 150%; font-size: 20pt;">De quoi Badiou est-il le nom ? </span></em></strong></span></p>
<p><span style="font-family: 'Times New Roman';"><strong><em><span style="line-height: 150%; font-size: 20pt;"> </span></em></strong><em><span style="line-height: 150%; font-size: 20pt;"> </span></em></span><span style="font-family: 'Times New Roman';"><strong><em><span style="line-height: 150%; font-size: 16pt;">   Pour en finir avec le (XX<sup>e</sup>)Siècle</span></em></strong><strong><span style="line-height: 150%; font-size: 16pt;"> </span></strong></span></p>
<p><span style="font-family: 'Times New Roman';"><strong><span style="line-height: 150%; font-size: 16pt;"> </span></strong></span></p>
<p><span style="font-family: 'Times New Roman';"><strong><span style="line-height: 150%; font-size: 16pt;"> </span></strong></span><span style="font-family: 'Times New Roman';"><strong> </strong></span><span style="font-size: 11pt;"><span style="font-family: 'Times New Roman';"><strong> </strong></span></span><span style="font-size: 11pt;"><span style="font-family: 'Times New Roman';"><strong>   COMMUNIQUE DE PRESSE</strong> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><span style="font-size: 11pt;"><span style="font-family: 'Times New Roman';">Ce livre intervient dans une conjoncture éminemment favorable à sa réception. Le sous-titre fait allusion à un ouvrage intitulé <em>Le Siècle</em> publié en 2005 par Alain Badiou. Il s’agit d’un penseur d’envergure longtemps méconnu qu’un pamphlet contre Sarkozy a rendu récemment célèbre. Partisan d’une violence illimitée pour peu qu’elle se pare d’oripeaux « révolutionnaires », il excuse Staline, admire Mao Tsé-toung, fait l’apologie de la révolution culturelle et réserve ses traits aux « nouveaux philosophes » qui ont dénoncé le goulag. On peut sans être injuste le qualifier de<span> </span>maoïste fossile conservé dans la strate sédimentaire des années soixante.</span></span><span style="font-size: 11pt;"><span style="font-family: 'Times New Roman';">Les ouvrages proprement philosophiques de Badiou sont difficiles car il identifie l’ontologie aux mathématiques et mobilise celles-ci pour étayer indûment toutes sortes de thèses en matière de politique, de syndicalisme ou d’amour. Cela fait que personne ne se risque à les discuter. Kostas Mavrakis, longtemps disciple et camarade de Badiou, ne s’est pas laissé intimider. Armé d’une connaissance interne de sa pensée, il soumet celle-ci à une critique sévère mais courtoise qui rend clair ce qui semblait obscur. La motivation initiale de Mavrakis était la défense de l’art mais de fil en aiguille il a découvert les failles d’un discours dont l’ambition systématique est de couvrir tout le champ du savoir : métaphysique, éthique, esthétique, épistémologie, même si Badiou ne se sert le plus souvent de ces mots qu’en forme de dénégation. </span></span><span style="font-size: 11pt;"><span style="font-family: 'Times New Roman';">Le livre de Mavrakis sera le bienvenu pour ceux que les outrances des positions politiques de Badiou exaspèrent tout en fournissant à ses partisans inconditionnels un contrepoids et d’utiles éléments de réflexion. Chacun pourra vérifier la pertinence des critiques de l’auteur en prenant connaissance de l’annexe II, consacrée à un échange de lettres avec Badiou à propos d’un article paru il y a quelques mois qui le prenait à partie.</span></span><span style="font-variant: small-caps; font-family: Garamond; font-size: 11pt;"> </span></p>
<p><strong> </strong><strong><span style="font-variant: small-caps; font-family: Garamond; font-size: 10pt;"><strong> </strong></span></strong><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong><strong><span style="font-variant: small-caps; font-family: Garamond; font-size: 10pt;"><strong> </strong><strong><span style="font-variant: small-caps; font-family: Garamond; font-size: 10pt;"><strong><span style="font-variant: small-caps; font-family: Garamond; font-size: 14pt;">Table des matières</span></strong><span style="font-family: Garamond; font-size: 10pt;"> </span></span></strong></span></strong></p>
<table class="MsoNormalTable" style="margin: auto auto auto 67.2pt; border-collapse: collapse;" border="0" cellspacing="0" cellpadding="0">
<tbody>
<tr>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 275.1pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="367" valign="top"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">Préambule </span></td>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 26.3pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="35" valign="bottom"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">5 </span></td>
</tr>
<tr>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 275.1pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="367" valign="top"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">Avertissement</span></td>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 26.3pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="35" valign="bottom"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">9</span></td>
</tr>
<tr>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 275.1pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="367" valign="top"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">I.<span> </span><strong>Un rebelle autoritaire et conformiste</strong></span></span></td>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 26.3pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="35" valign="bottom"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">11</span></td>
</tr>
<tr>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 275.1pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="367" valign="top"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">II.<span> </span><strong>Israël contre l’universalisme extrémiste</strong></span></span></td>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 26.3pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="35" valign="bottom"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">21</span></td>
</tr>
<tr>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 275.1pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="367" valign="top"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">1. La polémique Éric Marty &#8211; Alain Badiou</span></td>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 26.3pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="35" valign="bottom"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">22</span></td>
</tr>
<tr>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 275.1pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="367" valign="top"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">2. Portées du mot « juif »</span></td>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 26.3pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="35" valign="bottom"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">24</span></td>
</tr>
<tr>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 275.1pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="367" valign="top"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">3. Le droit d’Israël à l’existence</span></td>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 26.3pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="35" valign="bottom"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">27</span></td>
</tr>
<tr>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 275.1pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="367" valign="top"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">III. <strong>Saint Paul et la « mort de Dieu »</strong></span></span></td>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 26.3pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="35" valign="bottom"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">33</span></td>
</tr>
<tr>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 275.1pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="367" valign="top"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">IV. <strong>Qu’est-ce que l’universalisme ?</strong></span></span></td>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 26.3pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="35" valign="bottom"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">41</span></td>
</tr>
<tr>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 275.1pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="367" valign="top"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">V. <strong>Badiou philosophe : quelques repères</strong></span></span></td>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 26.3pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="35" valign="bottom"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">47</span></td>
</tr>
<tr>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 275.1pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="367" valign="top">
<div><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">1. L’Être et </span><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">la Vérité</span></div>
</td>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 26.3pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="35" valign="bottom"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">47</span></td>
</tr>
<tr>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 275.1pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="367" valign="top"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">2. Un matérialisme dialectique cartésien ?</span></td>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 26.3pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="35" valign="bottom"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">51</span></td>
</tr>
<tr>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 275.1pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="367" valign="top"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">VI. <strong>De l’inesthétique à l’anti-esthétique</strong></span></span></td>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 26.3pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="35" valign="bottom"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">55</span></td>
</tr>
<tr>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 275.1pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="367" valign="top"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">VII.<span> </span><strong>Le non-art ou la nouvelle trahison des clercs</strong></span></span></td>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 26.3pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="35" valign="bottom"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">63</span></td>
</tr>
<tr>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 275.1pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="367" valign="top"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">1. Le snobisme théoricien</span></td>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 26.3pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="35" valign="bottom"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">63</span></td>
</tr>
<tr>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 275.1pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="367" valign="top"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">2. Jacques Rancière : à la recherche de l’art subversif</span></td>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 26.3pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="35" valign="bottom"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">66</span></td>
</tr>
<tr>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 275.1pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="367" valign="top"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">3. <em>Le Siècle</em> d’Alain Badiou</span></td>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 26.3pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="35" valign="bottom"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">72</span></td>
</tr>
<tr>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 275.1pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="367" valign="top"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">VIII. <strong>Vous serez comme des dieux</strong></span></span></td>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 26.3pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="35" valign="bottom"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">87</span></td>
</tr>
<tr>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 275.1pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="367" valign="top"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">Annexe I. <strong>Bévues mineures d’un philosophe majeur</strong></span></span></td>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 26.3pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="35" valign="bottom"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">101</span></td>
</tr>
<tr>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 275.1pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="367" valign="top"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">Annexe II. <strong>Un échange de lettres avec Alain Badiou</strong></span></td>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 26.3pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="35" valign="bottom"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">105</span></td>
</tr>
<tr>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 275.1pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="367" valign="top"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">Bibliographie sommaire</span></span></td>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 26.3pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="35" valign="bottom"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">117</span></td>
</tr>
<tr>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 275.1pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="367" valign="top"><em><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">Index Nominum</span></em></td>
<td style="padding-right: 5.4pt; padding-left: 5.4pt; padding-bottom: 0cm; width: 26.3pt; padding-top: 0cm; background-color: transparent; border: #f0f0f0;" width="35" valign="bottom"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">121</span></td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p><strong> </strong></p>
<h2><span style="font-family: Garamond;">Q</span><span style="font-family: Garamond;">uatrième de couverture</span></h2>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;">Badiou est le nom oxymorique d’un libéralisme autoritaire, maoïste et moderniste. Il est aussi le nom d’un philosophe non négligeable sur lequel on peut s’appuyer pour combattre les mauvaises causes dans lesquelles il s’est fourvoyé. C’est ce qu’entreprend Kostas Mavrakis en poursuivant son frère ennemi dans les domaines de la politique, de l’esthétique et de la religion. Il étudie ce faisant les grands problèmes étroitement liés entre eux qui se posent à la pensée contemporaine. Comment définir l’art et le non-art qui en tient lieu aujourd’hui ? Peut-on encore envisager une politique volontariste de civilisation permettant au peuple de prendre en main son destin ? Quel serait le rapport d’une telle politique au fondement ultime des valeurs ? En quel sens notre survie en dépend-elle ? Sur tous ces points Kostas Mavrakis ne se contente pas de réfuter méthodiquement les thèses d’Alain Badiou, il propose des voies susceptibles de nous aider à surmonter les contradictions et les apories d’une pensée emblématique du nihilisme (post)moderne.</span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;"><em><span style="font-family: 'Arial Narrow'; font-size: 10pt;">Docteur en philosophie et en arts plastiques, peintre, ancien maître de conférences au département de philosophie de l’université de Paris VIII, Kostas Mavrakis fut l’animateur dans les années 70 de la revue maoïste </span></em><span style="font-family: 'Arial Narrow'; font-size: 10pt;">Théorie et Politique<em>. Il a publié des livres sur le trotskysme, la politique étrangère dela Chine, l’art et le non-art ainsi qu’une soixantaine d’articles. </em></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Garamond; font-size: 11pt;"><span style="font-family: 'Arial Narrow'; font-size: 10pt;"><em> </em></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
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