Aillagon le publicitaire

16 septembre 2010
Par Mavrakis

L’année passée, le vrai farceur et faux artiste Wim Delvoye tatoua un porc avec le logo de Louis Vuitton. Est-ce de l’art ? C’est plutôt du cochon. L’art en effet n’est pas de la pub et quand il se réduit à de la pub ce n’est pas de l’art. Plus précisément c’est du non-art, CQFD. Appliquons ce théorème à Takashi Murakami. Début 2008, cet anartiste bénéficia d’une rétrospective à Los Angeles et au Broo-klyn Museum de New York. Y figuraient des toiles gigantesques au format deux mètres sur deux qui portaient peint en couleurs criardes le monogramme de la marque Vuitton. Pour se justifier, Murakami puisait dans le répertoire des explications stéréotypées du non-art. Son intention était de « critiquer radicalement la société de consommation ». Mais son employeur démentait cette intention qui s’avérait pas si radicale que ça. A mi-parcours il fallait traverser la boutique de sacs de l’entreprise de luxe qui avait financé l’exposition. Comme dénonciation du consumérisme on a mieux fait. Danièle Granet et Catherine Lamour qui rapportent la chose dans leur livre Grands et petits secrets du monde de l’art se disent choquées. Mais pourquoi ? Peut-être parce que Murakami, en faisant de la pub à son sponsor, divulguait un secret généralement bien gardé, à savoir que le monde du non-art est celui de l’illusion et de l’imposture tout comme le monde de la marchandise.
A présent, Jean-Jacques Aillagon invite Murakami à parasiter le château de Versailles dont les œuvres d’art serviront de faire valoir à son non-art. Comme il y a deux ans pour Jeff Koons, « artiste » favori de son ex-patron François Pinault, Aillagon met le patrimoine français au service d’une opération publicitaire destinée à faire réaliser de juteuses plus-values à de richissimes spéculateurs, collectionneurs de Murakami. On peut supposer que ni Aillagon ni ses protecteurs politiques n’auront lieu de le regretter

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