L’art selon Philippe Dagen

14 octobre 2009
Par Mavrakis

Dans Le Monde daté du 16 septembre, Philippe Dagen a consacré un article entier à un certain Sarkis. Il s’agirait d’un artiste. Pour nous en persuader en nous procurant une authentique émotion esthétique, le journaliste nous a offert la photographie d’un chef d’œuvre du quidam en question. On y voit une vaste salle nue éclairée par des néons et jonchée de journaux plus ou moins froissés.

Si ce spectacle vous laisse froid, c’est que vous êtes idiot et/ou dépourvu de toute sensibilité artistique. Tel est le texte subliminal qui court entre les lignes de l’apologétique moderniste. Aussi bien êtes-vous sans excuse. Que n’avez-vous saisi la perche que vous tendait le plasticien ? Au lieu de regarder l’œuvre, vous auriez dû lire le titre. Tout était dans l’astuce qu’il recèle : « Le monde est-il lisible ? ». Mais bien sûr, criez-vous, où avais-je la tête ? Si le monde est lisible c’est qu’il est régi par le Logos, sinon c’est plutôt le Chaos qui l’emporte. La philosophie occidentale depuis vingt-cinq siècles n’a fait que broder sur ce thème. A la bonne heure, s’enthousiasme le critique ; vous voyez bien que l’art contemporain pense et qu’il s’adresse à une élite !

Céderez-vous au chant des sirènes et au passage de pommade ? Vous laisserez-vous coopter par l’élite autoproclamée de la finance, des ronds de cuir, et des plumitifs stipendiés ? Allez, un peu de courage et de bon sens ! L’artiste doit, certes, penser mais avant tout sur l’art qu’il pratique. Où est l’art dans cette affaire ? Je ne vois que de vieux journaux. Répondez à la question posée par le titre comme elle le mérite : le monde vu à travers la cervelle embrumée de ce pauvre Sarkis est tout à fait illisible et à peine moins celui dans lequel écrit Philippe Dagen. Quant au fonctionnement du petit monde anartistique dont ce dernier est un pilier, il n’est que trop lisible pour qui ne s’en laisse pas conter.

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