Rancière et le monochrome
J’ai dit dans mon livre sur l’art que réaliser des monochromes comme Rodtchenko, Yves Klein, Ryman et tant d’autres, était une activité indiscernable de la peinture en bâtiment. Cela semble évident mais pas à Rancière. Il est si confit en dévotion devant les idoles de la modernité qu’il tient à l’inverse la peinture en bâtiment pour de l’art et parle longuement du maire de la capitale albanaise Tirana, « lui-même peintre », faisant badigeonner « en couleurs vives les façades des immeubles de sa ville ». Il voulait ainsi « fusionner l’art et la vie » conformément au projet des avant-gardes du début du vingtième siècle. Rancière nie proposer cette initiative en modèle mais il la donne quand même en exemple de ce que peut être un art ouvrant « des passages possibles vers de nouvelles formes de subjectivation politique »[1].
[1] Cf. Jacques Rancière : Le spectateur émancipé, La Fabrique éditeur, 2008, pp 86-91.

