Art du néant ou néant d’art?

10 mars 2009
Par Mavrakis

Certains de mes lecteurs ont trouvé que mon livre Pour l’Art. Eclipse et renouveau était dur à l’égard de l’art contemporain, que je qualifie de non-art. Le Centre Pompidou vient de me donner solennellement raison en programmant  une « manifestation exceptionnelle » intitulée « Vides ». On y expose non pas de l’art mais son absence, donc, au sens strict, du non-art. Il s’agirait d’une « rétrospective des expositions vides depuis celle d’Yves Klein en 1958 ». Il y en eut en effet beaucoup, l’originalité n’étant pas, quoi qu’ils disent, le fort des soi-disant « artistes contemporains ». L’une de ces expositions fut organisée en 1990 à la galerie Lorence-Monk par Laurie Parson qui entendait annoncer ainsi son renoncement à toute pratique artistique. Les commissaires ont jugé que ce renoncement méritait d’être exposé faute de quoi il y aurait un vide dans « Vides ». J’ai parlé des commissaires, car il y en a six. Moins nombreux ils ne seraient pas venus à bout de remplir tant de salles avec rien. Le bruit court que l’ambiance sonore est signée John Cage, célèbre pour un concerto du silence. Les écrivains qui prennent au sérieux ce genre de facéties (j’en connais au moins une) devraient exprimer leur soutien en publiant désormais des livres dont les pages seraient blanches. On pourrait au moins en faire des albums.        

Une réponse

  1. Mike on 30 mars 2009 at 21 h 39 min

    <p>Bonjour.<br />
    Excellent billet, bien poilant et incisif.<br />
    Je suis heureux de voir que vous avez enfin un site, qui sera, j’espère, plus régulièrement animé que le blog longtemps laissé en friche.<br />
    Je vous remercie ardemment pour votre EXCELLENT bouquin, que je m’évertue sans fin à vanter et que je vais relire bientost.<br />
    Votre combat intellectuel est nécessaire. Il est seulement regrettable qu’une voix telle que la vôtre ne soit pas plus entendue. Mais l’on sait très bien que les lieux communs sont plus aisés à proférer avec morgue, qu’à détruire.

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