Les experts incompétents (comme Philippe Dagen)

8 février 2009
Par Mavrakis

L’oligarchie libérale régnante aime à désigner son pouvoir par l’anglicisme « gouvernance » qui déguise la gestion de ses intérêts particuliers sous les dehors d’une rationalité au service de l’intérêt général et fait disparaître les choix politiques derrière de prétendus problèmes techniques dont la solution s’imposerait à tous. Il est bon de démystifier de temps en temps ce discours en s’appuyant sur des exemples précis et incontestables. D’autres l’ont fait pour l’économie et on a vu ces derniers temps comment les représentants du grand capital s’entendent à faire combler par ceux qui travaillent les pertes de ceux qui spéculent. Ma cible dans cette note est une autre espèce d’autorité : celle des « appareils idéologiques d’Etat » (pour user du concept d’Althusser) qui interviennent dans la vie culturelle et artistique. J’évoquerai donc les commissaires d’une fameuse exposition Turner à Paris qui, soucieux de donner des ancêtres glorieux au modernisme, présentèrent les ébauches et les esquisses de cet artiste comme des peintures achevées. Or Turner – qui retouchait ses tableaux jusque et y compris le jour de leur accrochage – nous a fourni dans son testament un critère pour distinguer les œuvres qu’il revendiquait : ce sont celles qu’il a exposées de son vivant. Ce qui excluait les toiles trouvées à sa mort dans son atelier et au vu desquelles on nous invite à le tenir pour un précurseur de l’abstraction. Un autre cas d’ignorance nous est offert par Philippe Dagen qui a publié dans Le Monde du 14-15 septembre 2008 un article intitulé « Bacon victime d’un accrochage » et consacré à la rétrospective de la Tate Gallery. Il y parle des « toiles corsetées de sinistres cadres dorés » alors que ces cadres étaient voulus et choisis par Francis Bacon lui-même !

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